Elections: désaccords entre les partis de la Majorité
L’alliance des partis de la Majorité n’a pas encore trouvé de terrain d’entente au sujet des élections des conseils des communes et des régions, malgré la réunion tenue lundi en fin de journée.
Médias 24 a joint deux leaders de la Majorité et a pu reconstituer les faits comme suit:
Le PJD conduit la Majorité des quatre partis et a renforcé sa position à la tête de cette alliance, grâce aux résultats qu’il a obtenus.
La position de Benkirane est moins confortable qu’on ne le croirait de prime abord:
-Au sein du parti, il y a de nombreuses aspirations à occuper des postes de responsabilité, surtout ceux à la tête des grandes villes ou des régions.
-Si le PJD occupe tout ce qui lui revient de droit (là où il a obtenu la majorité), il sera particulièrement exposé et, au cours des 12 mois qui nous séparent des législatives, il pourrait subir l’érosion du pouvoir.
-Benkirane souhaite aussi que quelques présidences reviennent à ses trois alliés.
Cela étant dit, la réunion des quatre leaders n’est pas parvenue à un accord. La discussion n’a même pas porté sur les noms, mais sur les principes et les régions ou villes concernées.
Le PJD détient les clés de quatre régions, sans y avoir la majorité: Rabat-Salé, Draâ-Tafilalet, Fès-Meknès et Souss-Massa. Ainsi que la majorité dans de nombreuses villes, grandes ou moyennes: Casablanca, Rabat, Fès, Meknès, Tanger, Agadir, Taroudant, Inezgane, Chaouen, Errachidia, Salé, Erfoud, Témara, Kénitra et bien d’autres encore.
Benkirane a proposé, de lui-même selon des sources sûres, la présidence d’une région au RNI et une autre (Souss-Massa) au PPS. Le RNI a demandé deux régions ainsi que la mairie de Rabat. Mezouar a avancé comme argument le fait que selon lui, le PJD n’a pas intérêt à s’exposer en prenant trop de responsabilités. Et que les collectivités territoriales (mairies, communes, régions) où iaucun parti n'a obtenue la majorité absolue doit pourvoir faire l'objet de négociations entre alliés.
Le PJD a publié ce mardi en milieu de matinée, un communiqué qui :
- constate le désaccord, ou l’absence d’accord ;
-réaffirme le souhait du PJD d’agir et de maintenir les accords dans le cadre des alliances de la majorité ;
-réaffirme son souhait d’associer ses alliés, autant que possible, à la gestion des collectivités territoriales où le parti a obtenu la majorité absolue ;
-et surtout, n’exclut pas de conclure des alliances avec des “partis nationalistes“ qui le souhaitent. L’allusion ici est transparente : elle désigne l’USFP et …l’Istiqlal. Benkirane en effet a toujours exprimé son respect pour l’Istiqlal, et déclaré qu’il faisait la différence avec Hamid Chabat.
Implicitement, le PJD dit que si le RNI ne respecte plus le pacte de la Majorité en faisant éventuellement des alliances avec des partis externes, il en fera de même, il le remplacera là où il faudra par l’USFP et/ou l’Istiqlal.
L’alliance de la Majorité, dans les collectivités territoriales et au gouvernement, résistera-t-elle aux résultats de ces élections? Les prochaines 48 heures vont être décisives.
Pour ce qui concerne les noms, ceux qui circulent sont soit faux soit non définitifs. Les seules certitudes semblent être à ce stade: Driss Azami Idrissi comme maire de Fès, Aziz Rebbah président du consei à Kénitra, Jamaâ Moatassim maire de Salé, Abdelaziz Omari maire de Casablanca et Mohamed Larbi Belcaid (PJD) à Marrakech.
En début d'après midi, le RNI a à son tour publié un communiqué qui clarifie sa position: il respectera l'alliance de la Majorité et ses engagements à l'égard de ses alliés, mais il estime que tout est négociable, sauf lorsqu'un parti dispose d'une majorité absolue.
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