Karim Tazi fait le récit de l’annulation du concert d’El 7a9ed
Le président du pôle international de Richbond revient pour Médias 24 sur les événements ayant conduit à l’annulation vendredi 19 juin de ce concert prévu dans les murs de la fondation l’Uzine.
Heure par heure, Karim Tazi revient sur le déroulé de l’annulation du concert du rappeur El 7a9ed:
«Le concert programmé depuis dix jours sur la page Facebook de l’Uzine n’a pas été interdit par les autorités. Dans les faits, il a été annulé sans décision de justice ni ordre écrit officiel des autorités», accuse-t-il. Voici son récit:
"L’après-midi avant le concert, une jeune femme caïd, accompagnée du moqadem du quartier, a demandé à me voir dans mon bureau. Elle m’a posé plusieurs questions sur la régularité administrative de l’association et sur les normes de sécurité qui encadrent le bâtiment de la fondation. J’ai répondu que les équipements de sécurité étaient flambant neufs et dotés des dernières technologies.
"L’agente d’autorité est alors entrée dans le vif du sujet, en posant une question détournée sur les artistes proposés dans le cadre de notre programmation du ramadan. Ne la connaissant pas, j’ai appelé la directrice générale de la fondation, qui m’a appris qu’El 7a9ed était programmé ce même soir. C’est à ce moment là que j’ai enfin compris l’objet de cette visite inopinée.
"J’ai donc demandé à mon interlocutrice si l’objet de sa visite était de faire interdire ce concert. Elle a répondu par la négative, en me suggérant de le faire reporter à une date ultérieure.
"Conscient que les textes dérangeants du rappeur étaient la cause de la soudaine mobilisation des autorités, j’ai répondu que si leur visite était intervenue 2 ou 3 jours plus tôt, nous aurions pu trouver un moyen de sauver la face, de part et d’autre.
"J’ai poursuivi que le fait de venir le jour même du concert pour l’annuler sous couvert de raisons fallacieuses était inacceptable pour la fondation, car nous avons une image d’indépendance à défendre.
"Malgré cela, j’ai proposé une solution, en lui demandant un papier officiel interdisant ce concert. Devant la caïd qui me jurait qu’elle n’était pas là pour interdire le concert, j’ai rétorqué que sans interdiction formelle des autorités, je ne ferais pas annuler l’événement musical. La jeune femme et le moqadem ont mis fin à notre entretien et sont partis sans insister.
"À 21 heures, on m’a averti que toutes les voies d’accès à la fondation étaient bloquées dans les deux sens par une centaine de policiers. À cela, il faut rajouter que la Lydec a coupé son approvisionnement en électricité sans aucune autorisation judiciaire.
"J’ai rejoint les environs de l’Uzine à 21h30 mais le dispositif policier m’a interdit d’y accéder et ce n’est qu’à l’arrivée des journalistes qu’on m’a permis de rejoindre les locaux, en m’enjoignant de procéder à leur évacuation totale.
"Ce n’est qu’après l’évacuation totale des personnes présentes à la fondation que les forces de l’ordre ont décidé de lever le camp vers 23 heures trente.
"Des représentants des autorités sont cependant revenus le lendemain matin pour nous demander de déposer à l’avenir la liste des artistes programmés.
"On peut s’interroger sur la logique de leur intervention, car le concert de ce rappeur allait tout au plus mobiliser une centaine de ses fans. Grâce à cette démarche irrationnelle et passionnelle, les autorités lui ont fait un coup de publicité extraordinaire. Des milliers de gens supplémentaires le suivent désormais sur les réseaux sociaux.
"Face à cette opération totalement illégale, la fondation l’Uzine n’a hormis les témoins présents, aucun document pour prouver qu’elle a été victime d’abus administratifs.
"Pour l’anecdote, la Lydec qui a obtempéré sur simple demande des autorités, nous a répondu qu’en fait, nous n’avions pas été victime d’une coupure sauvage, mais d’une simple panne technique qui a été réparée le lendemain samedi 20 juin".
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