Cyclomoteurs: les conséquences de l’immatriculation obligatoire
L’Etat a décidé de mettre fin à l’anarchie sur le segment des deux-roues de petite cylindrée. Avec pour but de lutter contre l’insécurité routière. Mais les nouvelles règles posent la question des engins non-homologables.
Depuis le 20 mai, avec l’entrée en vigueur de la loi sur l’immatriculation des deux-roues de moins de 50 cm3, les propriétaires peuvent faire enregistrer leur véhicule de petite cylindrée. Ils ont même l’obligation de le faire avant octobre 2016.
Bien que la loi sur l’immatriculation des engins de moins de 50 cm3 remonte à 2010, il aura fallu attendre 4 ans pour qu’elle entre en vigueur.
La loi oblige tous les engins de moins de 50 cm3 à être identifiés au même titre que les autres véhicules, par un certificat de propriété officiel et une plaque minéralogique.
Cette mesure devrait provoquer d’importants changements pour les usagers de deux-roues et triporteurs, et résoudre l’anarchie qui règne sur ces segments.
Les explications de Youssef Alaoui, Secrétaire Général de l’AMMM, l’Association marocaine des métiers du motocycle.
L’obligation d’homologation de tous les véhicules
L’entrée en vigueur de la loi met en place un système d’immatriculation et de délivrance de certificats de propriété officiels pour les engins d’une cylindrée de moins de 50 cm3.
Jusqu’en 2010, il existait en effet un vide juridique pour les engins déclarés de moins de 50 cm3, qui n’étaient soumis à aucune obligation d’identification.
Les importateurs et revendeurs y ont vu une aubaine: importer des cylindrés de plus de 50 cm3 à prix très compétitifs, et les vendre en déclarant un cylindré de 49 cm3. Ces engins n’étant alors pas soumis à l’obligation de délivrance de carte grise officielle, les distributeurs et revendeurs établissaient un certificat de propriété en carton, qui suffisait à recueillir l’indulgence des autorités.
L’essentiel des véhicules non-conformes aux normes en vigueur
Les cyclomoteurs et triporteurs importés à la faveur de ce stratagème représentent une part écrasante du parc de motocycles.
Sur 200.000 cyclomoteurs importés annuellement, seulement 2.400 d’entre eux font l’objet d’une immatriculation. Sur l’ensemble des importations, la profession estime que 160.000 à 180.000 d’entre eux ne sont pas homologables. Environ 90% des véhicules mis en circulation chaque année ne sont donc pas conformes aux normes de sécurité et d’environnement imposables au Maroc, lesquelles sont au même niveau que les standards européens.
Ces véhicules dépassent largement les 50 cm3, majoritairement de 90, 110, 150 et 200 cm3, et sont donc légalement soumis à l’obligation de permis.
Visite technique obligatoire
Désormais, tous les véhicules neufs vendus seront soumis à l’obligation de passage à la visite technique, au coût de 96 DH, pour obtenir l’homologation, la plaque minéralogique et la carte grise officielle.
Les motocyclistes qui ont acheté leur véhicule avant la mise en vigueur de la loi auront jusqu’à octobre 2016 pour se mettre à niveau et obtenir leur homologation.
Pour les véhicules non homologables, ceux-ci deviennent inadmissibles sur la voie publique.
A l’avenir, plus de candidats pour passer le permis moto ?
L'obtention du permis moto est obligatoire pour conduire un motocycle de plus de 50cm3. Les motocyclistes, dont le véhicule sera reclassé en cylindré de plus de 50cm3, devront normalement être soumis à l’obligation de présentation du permis moto. Or le nombre de permis motos délivrés chaque année est dérisoire.
Les usagers devront désormais accomplir ce « sacrifice » budgétaire, en plus de l'achat d'un nouveau véhicule si l'ancien n'est pas homologable, et passer le permis moto pour continuer à rouler.
Cette mesure constitue toutefois un véritable soulagement pour la sécurité routière des usagers et des piétons. Les conducteurs sans permis n’étaient pas couvert pas leur assurance en cas de sinistre. De plus, le passage du permis obligatoire devrait améliorer le taux de sinistralité dramatique observé sur le segment des motocycles.
Des statistiques présentées par le ministère des Transports ont montré que 40,5% des accidents sont provoqués par les propriétaires de motocycles faisant 48% des blessés et 20% de décès hors périmètre urbain.
Le renouvellement du parc de motocycles
La mesure va donc contribuer à évacuer un certain nombre de véhicules qui ne répondent pas aux normes de sécurité.
Des opportunités se présentent donc sur ce segment en croissance annuelle à 2 chiffres, et qui représente tout de même 30% du parc roulant, pour des marques déjà importées au Maroc et pour de nouvelles homologuées.
« Le marché est vierge » se réjouit Youssef Alaoui, et cette mesure apporte de la clarté pour des importateurs officiels de motocycles homologués.
L’Association des importateurs de motos (AIM) espère qu’il y aura des parts de marché à grignoter. Les motos homologuées représentent seulement aujourd’hui 10 à 20% du parc.
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