Les syndicats menacent de boycotter le dialogue social
Les centrales syndicales les plus représentatives pointent du doigt « la lenteur du dialogue social » et attendent du chef du gouvernement une réponse « claire » par rapport à leurs principales revendications, à savoir la hausse des salaires et la baisse de l’Impôt sur le revenu.
Vers un nouveau gel du dialogue social ? Cette possibilité n’est pas à exclure, dans la mesure où les syndicats estiment que les pourparlers avec l’Exécutif n’ont pas abouti à des solutions concrètes et affirment qu’ils ne voient plus l’intérêt de poursuivre les négociations au sein des commissions thématiques récemment créés concernant la fonction publique, le secteur privé, les élections professionnelles et la réforme de la Caisse marocaine des retraites (CMR).
C’est ce qu’affirme Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT), dans une déclaration à Al Majalla, version arabophone de Médias 24. Selon lui, les choses n’avancent pas à la vitesse escomptée et « les ministres qui président ces commissions ne jouissent pas d’un pouvoir décisionnel leur permettant de répondre aux revendications des syndicats ». Par conséquent, « les centrales syndicales s’impatientent et attendent une réponse claire et nette du chef de gouvernement Abdelilah Benkirane », indique Abderrahmane Azzouzi.
Contacté par Médias 24, Belarbi Allal, membre du bureau exécutif de la Confédération démocratique du travail (CDT), va plus loin en affirmant qu’«il n'existe aucune forme de dialogue avec le gouvernement». Pour lui, il ne peut y avoir de dialogue social s’il n’est pas tripartite entre le gouvernement les organisations patronales et syndicales et le gouvernement, « ce qui n’est pas le cas aujourd’hui », affirme-t-il. « Ces trois parties doivent se mettre sur la table et discuter avec des arguments clairs pour arriver à des résultats. En attendant, il faut rappeler que le gouvernement n’a pas tenu tous ses engagements qui figurent dans l'accord-cadre en date du 26 avril 2011», ajoute Belarbi Allal.
Une réunion jugée infructueuse avec le gouvernement
Les représentants de l’Union marocaine du travail (UMT), de la Confédération démocratique du travail (CDT) et de la Fédération démocratique du travail (FDT) se sont réunis le 16 mars avec le ministre délégué auprès du chef de gouvernement chargé de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, Mohamed Moubdii et le ministre de l’emploi et des affaires sociales, Abdesslam Seddiki.
A l’issue de cette rencontre, «Mohamed Moubdii et Abdesslam Seddiki n’ont pas clarifié leur position quant aux revendications des syndicats. Ils ont demandé un délai supplémentaire en attendant que le chef du gouvernement se saisisse du dossier», dénonce Abderrahmane Azzouzi.
Même son de cloche chez Abderrahime Remmah, membre du bureau central de la Fédération démocratique du travail, qui estime dans une déclaration à Al Majalla que «les négociations doivent se faire au niveau central, entre les centrales syndicales et le chef du gouvernement afin de trouver une issue».
La question des retraites indissociable à la hausse des salaires
Pour faire entendre leur voix, les centrales syndicales associent la question des salaires à la négociation sur les retraites. Dans une lettre adressée le 24 février au chef du gouvernement, les centrales syndicales avaient souligné qu’elles conditionnaient leur accord sur la réforme de la retraite par une décision gouvernementale portant sur la hausse des salaires dans les secteurs public et privé et une baisse de l’Impôt sur le revenu.
«Nous refusons que le dialogue porte uniquement sur la question des retraites. Tous les points doivent être abordés, avec des propositions claires et des résultats concrets», nous confie Allal Belarbi.
Le 11 mars, le conseil central de la FDT s’est réuni avec les conseils de la CDT et de l’UMT pour faire le point sur l’état d’avancement des négociations avec le gouvernement. Les syndicats se sont mis d’accord sur les formes de contestation à suivre au cas où le gouvernement ne répondait pas à leurs revendications. Et il est prévu que les instances décisionnelles des centrales syndicales les plus représentatives se réunissent jeudi 2 avril, afin de faire le point sur l’épineux dossier du dialogue social en n’excluant pas un boycott des prochaines réunions avec le gouvernement.
Autant dire que les pourparlers sont déterminants à la mise en œuvre de la réforme paramétrique dans la Caisse marocaine des retraites et éviter un nouveau gel du dialogue social, après celui qui s’est prolongé d’avril 2014 à fin janvier 2015.
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