Gourougou: des mesures radicales et illégales selon le Gadem

L’ONG dénonce la rafle de 1.200 migrants clandestins près de Melilia le 9 février, et craint leur expulsion prochaine.

Gourougou: des mesures radicales et illégales selon le Gadem

Le 12 février 2015 à 14h00

Modifié 11 avril 2021 à 2h36

L’ONG dénonce la rafle de 1.200 migrants clandestins près de Melilia le 9 février, et craint leur expulsion prochaine.

Alors que le ministère de l’Intérieur révélait hier que l’opération s’était déroulée dans de « bonnes conditions », un son de cloche bien différent est émis aujourd’hui par le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem).

L’association dénonce en effet « une large opération de ratissage » qui a débouché sur l’arrestation massive de 1.200 personnes conduites vers « Errachidia, Goulmima, El Jadida, Safi, Youssoufia, Agadir, Kelâat, Sraghna, Chichaoua, Essaouria ou Tiznit, pour les lieux que le Gadem a pu identifier à la date du mercredi 11 février 2015 ».

Ces mesures radicales sont illégales sur le fond, selon les défenseurs des migrants, notamment sur plusieurs points :

-« Le maintien dans des locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire prévu aux articles 34 à 36 de la loi n°02-03 n’a pas été appliqué aux personnes ainsi séquestrées par l’administration : le décret d’application de l’article 34 qui doit fixer le siège de ces locaux et les modalités de leur fonctionnement et de leur organisation n’a jamais été publié et cette procédure n’est donc pas applicable ;

-En tout état de cause, aucune décision écrite et motivée de maintien dans de tels locaux n’a été notifiée aux intéressés, conformément à l’article 34 de la loi n°02-03, qui n’ont pas non plus été en mesure d’exercer les droits prévus par l’article 36 ;

-Le président du tribunal de première instance n’a pas non plus été saisi pour autoriser la prolongation de leur maintien en détention au-delà des premières 24 heures ;

-Déplacement forcé contre leur volonté dans différentes villes ;

-Absence d’examen individuel : Les autorités n’ont procédé à aucun examen particulier de la situation individuelle de chacune des personnes ;

-Arrestation de mineurs et de demandeurs d’asile en contravention avec les dispositions de la loi n°02-03 qui protège ces personnes contre toute procédure d’expulsion et de reconduite à la frontière. »

Parmi les motifs d’inquiétude de l’association, la crainte d’une expulsion prochaine des personnes raflées. « D’après plusieurs sources concordantes, des représentants consulaires de la Côte d’Ivoire, du Cameroun et du Sénégal se trouvaient sur place lors de l’identification et chaque personne a reçu un survêtement et une paire de baskets, ce qui n’est pas sans rappeler les évènements de Sebta et Melilla de 2005 au cours desquels les migrants avait reçu baskets et jogging avant d’être embarqués dans des avions » souligne le Gadem.

 

Vidéo filmée par une ONG espagnole après l'évacuation de la forêt de Gourougou.

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