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Mezouar: “Le Maroc exige le respect, la considération”

Le ministre des AE fait le point sur la relation Maroc-France : coopération judiciaire, confiance mutuelle, Sahara, Algérie, etc.

Mezouar: “Le Maroc exige le respect, la considération”
Charlotte Bozonnet
Le 2 février 2015 à 15h50 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

La France et le Maroc ont annoncé, samedi 31 janvier, le rétablissement de leur coopération judiciaire. Le précédent accord avait été suspendu en février 2014, après le dépôt d’une plainte contre Abdellatif Hammouchi.

La France et le Maroc reprennent leur coopération judiciaire après une année de brouille. Qu’est-ce qui a permis ce déblocage ?

C’est la résultante d’un processus. Il y a eu beaucoup de travail, de discussions. Du côté français, on a aussi pris conscience qu’il ne s’agissait pas d’une saute d’humeur du Maroc mais d’une exigence liée à une demande de respect : de nos institutions, de notre cadre judiciaire, de nos engagements mutuels. Certains événements ont touché à la crédibilité de la justice marocaine et à celle de responsables marocains. Il y avait donc un problème qu’il fallait régler. Notre cadre de coopération judiciaire avait besoin d’être mis à jour. Cet accord permet de sortir par le haut. Le contact permanent entre nos deux chefs d’Etat, le fait qu’ils aient toujours affirmé leur attachement à cette relation, a été un élément important.

L’objectif du Maroc était de faire en sorte que ce qui s’est passé en février 2014 avec M. Hammouchi ne puisse plus se reproduire. Avez-vous obtenu satisfaction ?

Ça [l’événement de février 2014] a été un élément déclencheur. Que l’on puisse porter atteinte à l’intégrité et à la dignité d’un haut responsable qui a toujours aidé la France était cavalier. Il n’est pas acceptable que la justice française soit utilisée pour porter atteinte à d’autres. Le Maroc refusera toujours que quiconque puisse se comporter avec lui de cette manière. Ce n’est pas spécifique à la France. Le Maroc exige le respect, la considération. Il ne demande ni immunité ni impunité. Ce qui est important, c’est l’interaction entre les deux justices. C’est le b.a.-ba d’une coopération judiciaire. On ne peut pas juger une affaire en France sur des supputations.

Avec ce nouvel accord, l’épisode de février 2014 pourrait-il se reproduire ?

En tout cas, il ne pourra pas se reproduire de la même manière.

C’est-à-dire ?

Avec un juge qui décide en vingt-quatre heures de traiter le dossier, d’envoyer une convocation, de passer outre toutes les convenances diplomatiques et d’aller à la résidence d’un ambassadeur censé être protégé par les accords de Vienne. N’est-ce pas le principe de l’indépendance de la justice : faire son travail indépendamment des considérations politiques ? Personne ne lui conteste le droit de faire son travail. Qu’elle fasse son travail, pas plus. Et surtout qu’elle ne considère pas que la justice de l’autre n’est pas une justice.

Quels sont les éléments nouveaux contenus dans cet accord ?

Les détails seront donnés au moment opportun. Le plus important, c’est que les deux ministres de la justice se sont mis d’accord sur les nouveaux fondements. Cela veut dire qu’il y a une volonté commune de faire évoluer le dispositif pour qu’il apporte la sérénité dans la relation.

Vous aviez évoqué, début janvier, une confiance ébranlée du Maroc envers la France. Etes-vous rassuré ?

C’est l’épreuve des faits qui va le démontrer. Nous avons toujours été clairs et loyaux dans notre relation car nous pensons que la confiance est fondamentale, d’autant plus lorsque la relation est forte comme elle l’est avec la France. Quand cette confiance est ébranlée, il y a problème.

Lisez la suite de l'interview sur le site de notre partenaire Le Monde Afrique (article réservé aux abonnés)

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Charlotte Bozonnet
Le 2 février 2015 à 15h50

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