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Travail des enfants: HRW épingle le Maroc

Au mépris des textes de lois en vigueur, des familles marocaines continuent d’exploiter des travailleuses domestiques âgées d’à peine 8 ans jusqu’à 12 heures par jour pour des salaires modiques. 

Travail des enfants: HRW épingle le Maroc
Hamza Mekouar
Le 29 janvier 2015 à 17h55 | Modifié 29 janvier 2015 à 17h55

Dans son 25e rapport mondial sur la situation en matière de droits humains dans plus de 90 pays, publié jeudi 29 janvier, Human Rights Watch — une des principales associations internationales de défense des droits de l’homme—, dénonce dans son passage consacré au Maroc l’exploitation de jeunes filles issues des zones rurales par des employeurs de Casablanca, Marrakech ou Rabat. En dépit des lois interdisant l’emploi des enfants de moins de 15 ans, « des milliers d’enfants en-dessous de cet âge — principalement des filles — travaillent comme domestiques ».

Les « petites bonnes », face honteuse de la bonne société marocaine, se comptent aujourd’hui par dizaines de milliers : 30.000, selon les derniers chiffres du Collectif associatif pour l’éradication du travail des « petites bonnes », entre 60.000 et 80.000, selon une étude de 2005 citée par HRW.

Difficile donc de déterminer avec exactitude le nombre de fillettes employées au Maroc, mais ce qui est indéniable, comme le souligne le Haut commissariat au plan (HCP), c’est que le travail de domestiques de moins de 15 ans constitue une « pratique courante » au Maroc.

Certes, leur nombre a diminué ces dernières années à en croire les Nations Unies, les organisations non gouvernementales et des sources gouvernementales, mais « des filles dès l’âge de 8 ans continuent à travailler dans des domiciles privés jusqu’à 12 heures par jour pour des salaires modiques, dans certains cas seulement 11 US$ (environ 100 DH, NDLR) par mois », dénonce l’ONG américaine.

Des « petites bonnes » assassinées par leurs employeurs

Pire encore, ces filles subissent agressions verbales, sévices et parfois même abus sexuels. Souvenez-vous, il y a un an jour pour jour, un tribunal d’Agadir avait condamné un employeur à vingt ans de prison pour violence ayant entraîné la mort d’une enfant de 14 ans employée à son domicile. Malheureusement, ce cas tragique n’est pas isolé et vient s’ajouter à la longue liste noire des jeunes filles assassinées par leurs employeurs. Ces drames à répétition ont fini par pousser la société civile et le gouvernement marocain à se mobiliser.

Ainsi, sur le plan législatif, les autorités marocaines ont présenté en 2006 un projet de loi visant à réglementer le travail domestique et à renforcer les interdictions en vigueur portant sur les travailleurs domestiques âgés de moins de 15 ans. Le projet de loi, moult fois révisé, a finalement été adopté mardi 27 janvier 2015.

Les grandes nouveautés résident dans le fait qu'il accorde aux employés de maisons le statut de travailleur, leur donne le droit à la couverture médicale et interdit la médiation des personnes physiques, appelées « Semsars » dans le langage courant. Le projet de loi prévoit aussi des indemnités en cas de licenciement, un congé payé annuel, une journée de repos hebdomadaire et un salaire qui ne peut être inférieur à 50% du salaire minimum marocain.

Mais là où le bât blesse, c’est que parmi les amendements introduits sur le projet de loi figure celui de fixer la majorité légale à 16 ans. Aujourd’hui, le très officiel Conseil national des droits de l’homme (CNDH), le Conseil économique et social (CESE), mais aussi des Organisations non gouvernementales et des parlementaires appellent à relever l’âge minimum à 18 ans. Si cela se réalise, il faudra ensuite espérer une stricte application de la loi.

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Hamza Mekouar
Le 29 janvier 2015 à 17h55

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