A Davos, Abdelilah Benkirane expose le modèle marocain
Le meilleure solution pour conduire la transition dans le monde arabe est le modèle pragmatique marocain, plaide en substance Abdelilah Benkirane.
Abdelilah Benkirane est devenu un “habitué“ de Davos selon l’expression de Ghassan Salame qui modérait un débat auquel participait le chef du gouvernement marocain.
Le thème était d’actualité : l’avenir de la transition dans le monde arabe, avec d’un côté les guerres civiles (Syrie, Irak, Yémen, Libye) et de l’autre des situations complexes et non stabilisées.
Personne ne sait donc quelle direction prendra la transition arabe et ceux qui espéraient une réponse grâce à cette table ronde organisée le vendredi 23 janvier à Davos auront été déçus.
Le panel était pourtant extrêmement relevé : aux côtés de Benkirane, il y avait Amr Moussa, Yad Allaoui (vice-président irakien), Mahmoud Jibril (chef de l’Alliance des forces nationales, Libye) et Aref A. Nayed, fondateur et président de l'Institut d'études avancées en Libye. Le débat était modéré par Ghassan Salamé.
Abdelilah Benkirane (3’40 et 39’05) a exprimé son pragmatisme habituel. Il se déclare optimiste, comme “le veut d’ailleurs notre culture, basée sur l’optimisme“.
“Nous partageons la même culture, et nous récitons le Coran, mais nous ne le comprenons pas toujours“. Le Coran, en effet, recommande de favoriser l’entraide et d’éviter les conflits. Mais le monde arabe a fait le contraire, estime-t-il. Le Maroc a évité cette dérive et évolue d’une manière globalement positive.
Pour lui, le monde arabe est déchiré entre trois courants:
-le maintien du statu quo défendu par des groupes autoritaires ou hégémoniques ;
-les groupes radicaux qui veulent revenir à une société islamique médiévale
-et les groupes qui veulent la démocratie et une meilleure représentation et qui font preuve de pragmatisme (suivez mon regard). Aucun avenir n’est possible sans ce troisième courant, qui est un courant médian, centriste, combattu par le premier te le deuxième courant.
C’est ce troisième courant qui représente l’espoir et l’avenir, il est inclusif, il peut nous permettre de nous réconcilier avec nous-mêmes.
S’adressant aux groupes à référentiel islamique, il leur demande de garder un seul objectif : le progrès, faire avancer les sociétés. Autrement, conclut-il, cela ne sert à rien de se réclamer islamique si l’on fait basculer son pays dans le chaos ou la régression.
Ayad Allaoui, vice-président de l'Irak, a déclaré que son pays est confronté à de graves défis - le sectarisme, la mauvaise gouvernance et l'extrémisme de Daech. "Avant de pouvoir penser à l'avenir, nous devons assurer la stabilité des pays dans la tourmente", a déclaré M. Allaoui. Toutefois, il s’est déclaré pessimiste quant à une résolution prochaine des conflits, surtout avec l'absence de stratégie cohérente de lutte contre ISIS au niveau régional ou international. Lorsqu'on lui a demandé pourquoi l'Irak n’avait pas sa propre stratégie, il a répondu que le pays n'a pas les moyens de se défendre et a besoin d'aide des pays étrangers et des alliances contre la menace de Daech.
"Si les choses continuent comme elles sont dans la région, la situation va s’aggraver», a prédit Mahmoud Jibril, chef de l’Alliance des forces nationales de la Libye. Il y a des problèmes structurels. La jeunesse désabusée a peu d'espoir pour les perspectives d'emploi. «Les jeunes viennent au marché et ne trouvent pas d'emplois, mais ils trouvent Daech". Pour contrer cela, il a appelé à la réforme et de l'éducation pour relever les défis du 21e siècle. Sinon, at-il déploré, l'avenir est favorable à l'extrémisme.
"Avec Daech, nous avons une évolution sinistre, mais elle n’est pas spécifique au monde arabe", a déclaré Aref A. Nayed, fondateur et président de l'Institut d'études avancées en Libye. Il compare la situation à la montée du fascisme en Europe au début du 20e siècle. Il ajouté que l'échec des institutions traditionnelles, même religieuses, a contribué à la crise. Malgré son pessimisme, il a placé l'espoir dans la résilience des jeunes dans la région. "La majorité de la jeunesse arabe rejettent l’idéologie de Daech", conclut-il.
Amr Moussa se déclare optimiste pour un avenir démocratique dans la région, grâce à deux facteurs : la jeunnesse et les femmes.
Les jeunes composent environ 60% de toutes les populations de la région, ce qui aura un impact significatif. C’est cette génération qui profite de nouvelles avancées dans la technologie. Les femmes ont également un rôle important dans la transformation du processus politique, surtout maintenant que la constitution égyptienne désigne 25% de représentation féminine dans les conseils locaux. Ceci, a-t-il dit, est un développement important et apportera des changements. «La démocratie sera à l'ordre du jour», a ajouté Moussa. «C’est un processus et il a commencé."
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