Régularisations: Sénégalais, Syriens et Nigérians, premiers demandeurs
EXCLUSIF. Le Maroc a reçu près de 27.000 demandes en 2014, dont 16.000 ont reçu un avis favorable à l’occasion de l’opération exceptionnelle de régularisation.
Après une année 2014 marquée par une opération de régularisation des sans-papiers, l’heure est au bilan pour les autorités et la société civile marocaines.
Sous la supervision du ministère de l’Intérieur, 83 bureaux ouverts dans tout le territoire avaient réceptionné, jusqu’à la fin 2014, près de 25.000 demandes de cartes de séjour. Selon une source proche des autorités, 16.000 de ces demandes ont reçu un avis favorable, et 7.400 cartes de séjour couvrant l’année 2015 ont déjà été délivrées.
Avec 27,4% des demandes, les Sénégalais arrivent en tête des demandeurs de régularisation. Ils sont suivis par les Syriens qui représentent 18,4%, les Nigérians et les Ivoiriens avec respectivement 18,4% et 8%.
Plus de 5 ans de résidence ou un contrat de travail
Les demandes restantes ont été rejetées car ne correspondant pas aux critères fixés par les autorités. En effet, pour obtenir une carte de séjour au Maroc, il fallait soit prouver une résidence de plus de cinq ans sur le territoire, ou présenter un contrat de travail valide depuis deux ans minimum.
“Au milieu de l’année 2014, nous avons remarqué que les bureaux du ministère de l’Intérieur ne géraient pas d’une manière homogène les demandes des ressortissants. Pour les mêmes pièces présentées lors d’une demande jugée tout à fait recevable par un bureau, d’autres guichets pouvaient rejeter le dossier” explique Hicham Rachidi, membre du Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem).
Face à ces observations de la société civile, les autorités ont accepté de mettre en place, à fin juin 2014, une commission mixte de traitement des recours engagés par les migrants.
700 Syriens réfugiés
2014, c’était aussi l’année où le nombre de Syriens a substantiellement augmenté au Maroc. Arrivés pour leur plupart depuis la Turquie ou via l’Algérie de manière clandestine, 700 d’entre eux ont été reconnus réfugiés par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR).
“Les 700 personnes que nous avons recommandées ont toutes accédé à leur droit de résidence” affirme Marc Faw, responsable de communication de l’organisation onusienne.
En tout, ils sont près de 1.400 à avoir été régularisés, les 3.100 restants ont vu leurs demandes rejetées.
Selon Marc Faw, les Syriens sont devenus les réfugiés les plus nombreux au Maroc. Le royaume, pour des raisons sécuritaires, avait décidé, au début 2014, de fermer ses frontières aux rescapés syriens, et plus aucune personne détenant un document de voyage syrien ne pouvait obtenir de visa pour entrer au royaume. “ Plusieurs cas ont été signalés au HCR, comme une femme marocaine installée en Jordanie, et mariée à un Syrien à qui le Maroc a refusé toutes les demandes de visa” explique Marc Faw.
La société civile appelle à une amnistie générale
Selon le Chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane qui s’exprimait devant le parlement marocain, il y aurait au Maroc entre 35.000 et 40.000 ressortissants en situation irrégulière. “Comparé à d’autres pays, comme en Europe, le nombre de migrants, dérisoire, devrait pousser les autorités à régulariser tout le monde et à anticiper des questions plus importantes, comme les politiques d’intégration” explique Hicham Rachidi.
Son association, le Gadem, ainsi que plusieurs organisations de la société civile ont appelé à une régularisation générale des sans-papiers. Une demande plus formelle devrait être soumise au Roi Mohammed VI via le président de la commission des recours, Driss El Yazami, également président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH).
Pour l’instant, plusieurs recommandations émises par la société civile ont été adoptées par les autorités. Celles-ci ont accepté de régulariser d’une manière inconditionnelle toutes les femmes migrantes ainsi que les leaders et activistes des associations représentants les droits des migrants et la reconnaissance légale de ces organisations.
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