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Comme un lendemain de grève

Au lendemain d'une grève générale au succès mitigé, gouvernement et patronat expriment, chacun de son côté, sa lecture de la grève et ses attentes pour les prochains rounds du dialogue social.  

Comme un lendemain de grève
Reda Zaireg
Le 30 octobre 2014 à 16h41 | Modifié 30 octobre 2014 à 16h41

Ce que dit le gouvernement

Du côté du gouvernement, on ne cède pas à la pression des syndicats. Le ministre de la Communication Mustapha El Khalfi a déclaré à la MAP, ce jeudi matin, que la réforme de la retraite, principal cheval de bataille des syndicats, est nécessaire, et qu'elle ne sera entreprise qu'après avoir pris connaissance de l'avis consultatif du CESE. Cet avis du CESE est rendu ce jeudi en fin de journée.

Il a, également, démenti un quelconque gel du dialogue social, déclarant que les portes du gouvernement ont toujours été ouvertes aux syndicats.

 

Le taux de participation: c'est la (sempiternelle) guerre des chiffres. Tandis que les syndicats annoncent un taux de participation de 83.7%, les ministères annoncent moins: 42% dans la fonction publique, 30% dans le transport, l'équipement et la logistique et moins de 1% dans le tourisme.

Le taux de participation à la grève dans l'industrie n'est pas connu, seule Renault Maroc ayant annoncé à Médias 24 que 70% des ouvriers de l'usine de Tanger y ont participé, et 100% dans l'usine de Casablanca (Somaca).

Le port de Tanger Med a été, selon les syndicats, paralysé, tandis que l'activité de celui de Casablanca aurait été fortement perturbée.

 

Ce qu’en dit le patronat: La CGEM appelle à repenser le dialogue social

Si nul chiffre précis ne filtre pour l'instant, Jamal Belahrach, président de la commission du travail à la CGEM, estime que la grève, chez le privé, a été suivie à hauteur de 30% dans l'industrie.

Dans ces 30%, sont également inclus ceux qui n'ont pu rejoindre leur travail faute de transport, explique-t-il. A Casablanca, bus et tramways ont été indisponibles, tandis que seule une minorité de chauffeurs de taxis ont observé la grève.

"Le dialogue social CGEM-Syndicats n'a jamais été interrompu", rappelle Belahrach, poursuivant que les prochains rounds seront planifiés dès fin 2014.

Jamal Belahrach ne conteste pas la légitimité de cette grève, car "partant du principe qu'on est en démocratie, nous respectons la décision des syndicats", et estime que la grève s'est déroulée librement et pacifiquement.

En revanche, il pense qu'il "faut un texte de loi qui régule et organise le droit à la grève". Il a, également, réitéré le vœu de la CGEM d'organiser un sommet social, durant lequel "il faudra définir un nouveau modèle de dialogue social", le dialogue tripartite ayant montré ses limites.

 

Ce qui va se passer

Une fois que tout le monde aura crié victoire, le chef du gouvernement va inviter les syndicats à un nouveau round de dialogue social. Quant à la réforme des retraites, elle se fera, moyennant des concessions ou des compensations. Mais elle se fera.

 

La grève générale affaiblit-elle le gouvernement? ou l’opposition?

Le front favorable à la grève s’est élargi d’une manière inédite. Cinq ou six syndicats, des partis d’opposition, des ONG… Il montre l’étendue de la grogne au sein d’une partie de la classe politique et de la société civile.

Le style Benkirane y est pour quelque chose: les différents témoignages montrent un style où il n’y a pas beaucoup de concertation. Lorsque Abdelilah est convaincu, Benkirane fonce tête baissée.

Mais on peut néanmoins se demander si la grève n’aurait pas lamentablement échoué sans deux catalyseurs: l’enseignement et les transports.

En tout état de cause, les syndicats ont tiré leur seule cartouche. Maintenant, la seule possibilité qui reste serait celle d’une marche. Mais cela a déjà été essayé, sans grand succès, il y a quelques mois.

 

Le Maroc a besoin de travailler plus, pas de faire grève.

Les révolutions arabes ont apporté la liberté et … une forte demande de rente. C’est ce qui a été en tous les cas constaté en Tunisie, en Libye et en Egypte.

Un pays comme le Maroc est en retard, économiquement, politiquement, socialement. Pour améliorer le quotidien, une seule solution: travailler davantage.

Mais cette idée de travailler plus a du mal à s’imposer car il y a un sentiment très répandu, en particulier au sein des couches défavorisées, populaires, ou précaires: le sentiment d’injustice sociale. Si on est convaincu que les règles du jeu ne sont pas respectées, qu’il n’y a pas de méritocratie, que le clientélisme est l’une des meilleures clés du progrès social, on ne peut qu’appuyer la grève comme moyen de pression ultime.

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Reda Zaireg
Le 30 octobre 2014 à 16h41

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