Procès ONDA : Mouline et Boutaleb entendus par la Cour d’appel
Ouadie Mouline, ex-directeur administratif et financier et Abderrahim Boutaleb, ex-directeur des ressources humaines, ont pris la parole au cours d’une nouvelle audience devant la Cour d’appel de Casablanca.
Le juge Tolfi poursuit ses auditions. Ce 1er octobre, Ouadie Mouline, en sa qualité d’ancien directeur administratif et financier de l’Office national des aéroports (ONDA) est appelé à la barre. Il s’ensuit un interrogatoire serré. Le président de la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca procède méthodiquement.
Après le rappel des fonctions de Ouadie Mouline, il lui demande de revenir sur les revenus dont il bénéficiait en tant que contractuel auprès de l’office. « Selon mon contrat, je ne bénéficie pas de primes de gratifications mais de primes de rendement. Je les perçois deux fois par an, aux mois de juin et de décembre », explique Oudie Mouline. Et de d’ajouter : «en 2005, le système informatique a confondu des postes, il a enregistré les primes de rendements comme des gratifications ».
Le juge interroge Ouadie Mouline sur les déplacements et les indemnités des voyages professionnels d’Abdelhanine Benallou, DG de l’ONDA. « Les directeurs responsables me transmettaient les ordres de mission puis les pièces justificatives afin que j’établisse le règlement », précise Mouline. « Le contrôle de l’effectivité des déplacements n’est pas de mon ressort », ajoute-t-il en réponse à une question du juge.
Ouadie Mouline poursuit ses explications : « le directeur général avait un programme prévisionnel de déplacements dans le cadre des accords avec la BAD, auquel s’appliquait une grille tarifaire des indemnités de déplacement ». Le juge Tolfi insiste et demande encore une fois des précisions quant à l’effectivité des déplacements. Ce à quoi, l’ancien directeur financier de l’ONDA déclare : « le dossier avec les pièces justificatives me parvenait directement du cabinet du directeur général ».
Il apporte d’autres éclaircissements à ce sujet : « le contrôle financier se base sur les documents qui sont contractualisés avec la BAD. S’il n’y a pas l’aval de la BAD, il n’y aura pas d’indemnités ».
« Quand à la concordance des dates avec les missions effectives, c’est juste une question de temps et d’organisation. Le décompte s’effectue tous les 6 mois ».
On en arrive aux questions relatives aux lots de terrains situés à Ifrane et l’association des cadres de l’ONDA, au sujet desquelles les déclarations de l’employé de l’ONDA, Driss Talhaoui rapportent des irrégularités tout en contestant l’existence de l’association. « Les documents de constitution de cette association atteste de son existence. Le projet des terrains d’Ifrane a été présenté en conseil d’administration. La distribution ne se réalisait qu’après le transfert de propriété, donc à partir du paiement ».
Les marchés et appels d’offres. Le juge cherchait à comprendre à travers de nombreuses questions sur des opérations de passations de marché, quel était le niveau d’intervention de Ouadie Mouline, en tant que directeur financier. Les explications apportées par ce dernier sont des plus claires. « Je suis président de la commission d’ouverture des plis. J’ai un rôle de superviseur, comme cela est précisé par la réglementation de la procédure des marchés de l’ONDA », indique-t-il.
« Je dirige la commission et je détiens le même nombre de voix que chacun des membres qui y siègent. Je n’interviens pas sur le volet technique, cela revient aux directeurs responsables du marché », ajoute-t-il. « Comment travaillez-vous ? » questionne le juge. « Je m’occupe du règlement des fournisseurs. Je le fais à travers le dossier qui me parvient, dont je vérifie les documents. Nous préparons les imprimés, mais attendons le bon de livraison avant d’effectuer le paiement », précise Ouadie Mouline.
Au terme de son interrogatoire, Ouadie Mouline a remis un document au président du tribunal et au représentant du ministère public, dans lequel il explicite quelques points de procédure que les interprétations des enquêteurs de la Cour des comptes ont conduit à l’erreur.
A son tour, Abderrahim Boutaleb, ancien directeur des ressources humaines au sein de l’ONDA a été entendu par la cour. Il a rappelé que les irrégularités qui lui sont reprochés, dans le cadre du process de recrutement et d’octroi de primes n’était pas de son ressort. Et il ajoute qu’il a subi « une décision arbitraire de la part de la direction générale de l’office. Le courrier parlait de la nécessité de réévaluer ma situation ». Il crie au complot ! La discussion s’oriente ensuite sur le mode de recrutement, le déroulé des entretiens d’embauche…
Le juge Tolfi a mis fin à cette audience. Il lui reste 5 autres inculpés à appeler à la barre. Les prochaines audiences continueront à cette même cadence avec un sentiment de déjà-entendu.
Prochaine audience: le 10 octobre.
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