Une enquête accablante de Jane’s au sujet du Polisario
IHS Jane’s Report rapporte la croissante contestation dont Mohamed Abdelaziz du Polisario fait l’objet à Tindouf avec l’émergence du MJPC en janvier 2014, le Mouvement des jeunes pour le changement. Selon IHS Jane’s, cette contestation touche les dirigeants du Polisario et leurs biens.
Selon Jane’s, qui est la revue de référence en matière d’études stratégiques et de défense dans le monde, «l’érosion de la légitimité du Polisario est affectée par les allégations de corruption touchant Mohamed Abdelaziz et ses hommes avec notamment les détournements de l’aide internationale, l’intolérance et les mauvais traitements infligés aux opposants et l’absence de progrès sur le dossier saharaoui».
Opposition armée aux leaders du Polisario
Le fait récent le plus significatif est constitué par l’émergence d’une opposition armée saharaouie au mouvement du Polisario. Depuis le début de cette année, rapporte IHS Jane’s, plusieurs militants du Polisario ont rejoint la branche armée du MJPC, Katibat Dcheira.
Un bataillon de membres armés du MJPC a été formé et porte le nom de Khatri Hmadha Khandoud indique IHS Jane’s qui souligne que le MJPC est «déterminé à renverser Mohamed Abdelaziz par la force».
Les analystes de Jane’s n’omettent pas toutefois de préciser que la force «armée» du MJPC se réduit à quatre véhicules tout-terrain et quelques fusils, rappelant toutefois la croissante disponibilité d’armements dans la région du Sahel.
Cela n’a pas empêché les hommes armés du MJPC de mener une attaque contre des hommes du Polisario le 13 juin dernier àTersal rapporte Jane’s, une première en zone contrôlée par le Polisario.
Pour Jane’s, les attaques du MJPC ne vont pas nécessairement intervenir au sein des camps de Tindouf bien protégés et surveillés mais aussi dans l’ouest algérien, le nord mauritanien et entre Tindouf et le Sahara marocain.
Contrairement au MUJAO (Mouvement pour le jihad et l’unité en Afrique de l’Ouest) et à AQMI (Al Qaida au Maghreb islamique) juge IHS Jane’s, le MJPC n’épouse pas une ligne jihadiste. Mais l’enlèvement en octobre 2011 de trois coopérants européens près de Tindouf par le MUJAO montre la facilité de recrutement de jeunes des camps de Tindouf par divers mouvements.
90.000 réfugiés à Tindouf
Selon les Nations Unies, 90.000 personnes vivent dans les camps de Tindouf et celles-ci soufrent de «manque d’opportunités de travail et de services sociaux».
Malgré cela, rapporte IHS Jane’s, le Polisario «agit de manière autoritaire en matière de gouvernance et de tolérance du secteur informel dont la répression du trafic de carburant».
Cette situation selon Jane’s provoque des «manifestations régulières qui attirent jusqu’à un millier de manifestants et qui se soldent souvent par des arrestations». Selon Jane’s, les responsables du Polisario, soutenus par les agents des services algériens sont généralement capables de vite isoler tout mécontentement.
Selon Jane’s, «la forte présence sécuritaire marocaine au Sahara dissuadera le groupe [MJPC] d’y agir. Si le Maroc a un intérêt à saper la crédibilité du Polisario juge Jane’s, il ne voudra peut-être pas exacerber l’instabilité dans les camps à ses frontières».
Par ailleurs le MJPC reste opposé à Rabat, et «ceci réduit ses chances d’obtenir des soutiens extérieurs pour son combat contre la direction du Polisario». Mais à Tindouf, le Polisario n’a pas le monopole pour s’exprimer au nom des résidents des camps.
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