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Subsahariens et Marocains, violent affrontement à Tanger

De violents incidents ont ponctué la soirée et la nuit du vendredi 20 au quartier tangérois d’Al Irfane 2 à Boukhalef. Un appartement habité par des subsahariens a été incendié et une dizaine de blessés sont à déplorer dont 4 agents des forces de l’ordre.

Subsahariens et Marocains, violent affrontement à Tanger

Le 22 juin 2014 à 7h06

Modifié 27 avril 2021 à 22h28

De violents incidents ont ponctué la soirée et la nuit du vendredi 20 au quartier tangérois d’Al Irfane 2 à Boukhalef. Un appartement habité par des subsahariens a été incendié et une dizaine de blessés sont à déplorer dont 4 agents des forces de l’ordre.

Les deux communautés se faisaient face ce samedi 21 juin à Al Irfane 2 où des dizaines de jeunes Subsahariens et de Marocains se sont affrontés à coups de pierre et autres armes blanches et bâtons.

La situation a dégénéré vers 20 heures vendredi lorsque des agents des forces de l’ordre se sont présentés à un appartement loué par des Subsahariens pour leur demander de l’évacuer suite à une demande de son propriétaire. Les locataires, selon des sources du quartier, avaient été prévenus en mai dernier de la décision d’évacuation.

Le face-à-face a provoqué des attroupements qui ont dégénéré lorsque quelques mètres plus loin, le feu à été mis à un appartement où logent des jeunes Subsahariens. Outre l’incendie de l’appartement (photo ci-dessus), des blessés et des dégâts légers à des appartements et à une voiture sont à déplorer. Médias 24 a pu apprendre que plusieurs jeunes Camerounais, Sénégalais et Congolais ont tenté de joindre leur ambassade à Rabat vendredi soir, en vain.

Al Irfane 2 abrite environ 3.000 habitants dont 700 à 800 Subsahariens et de nombreux habitants marocains du quartier «ne veulent pas de Noirs dans leur quartier». Ce à quoi les subsahariens répondent qu’«ils n’ont pas où aller et qu’ils louent leurs appartements». De fait, certains appartements sont loués mais aussi sous-loués et sur-occupés, et d’autres appartements non occupés de longues périodes par leurs propriétaires sont squattés.

Les habitants marocains reprochent également aux Subsahariens de «tenir des bars clandestins», souvent des appartements où des membres de la communauté subsaharienne se retrouvent pour regarder les matchs de football ou faire la fête en apportant leurs propres boissons, comme le feraient n’importe quel  groupe d’étudiants ou d’amis.

Une situation à tempérer car comme le fait remarquer une résidente du quartier «les Blacks sont chrétiens et d’autres musulmans». De nombreux habitants du quartier rencontrés sur place ce samedi à la mi-journée ne font par ailleurs pas mystère de leur volonté de «se faire justice» eux-mêmes.

Depuis la mort d’un jeune Camerounais en décembre 2013, les habitants d’Al Irfane réclament avec insistance l’installation d’un poste de police à Al Irfane ainsi que d’un centre de santé, deux services publics inexistants sur place.

Le commissariat le plus proche se trouve à Mesnana à 3 km de là et couvre une vaste zone autour de l’avenue Moulay Rachid qui englobe des quartiers populaires, les universités et les quartiers Al Irfane. Le commissariat, un local d’une centaine de mètres carrés dispose de 12 agents dont le personnel administratif.

Al Irfane 2 a connu de graves incidents en décembre dernier lorsque le jeune Camerounais prénommé Cédric  Bété était mort suite à chute de la terrasse de l’immeuble où il habitait alors que la police et les forces auxiliaires menaient une rafle.

La mort de Cédric Bété le mercredi 4 décembre 2013 avait provoqué des heurts et des manifestations sur l’avenue Moulay Rachid où se trouvent plusieurs universités la salle couverte omnisports et le Grand Stade de Tanger. Quelques jours plus tard, dimanche 8 décembre, les habitants marocains du quartier manifestaient aux cris de «Nous ne sommes pas racistes» (photo ci-dessous) tout en réclamant le départ des Subsahariens.

 

 

Ce samedi après-midi à Al Irfane 2, les Subsahariens d’un côté et les Marocains de l’autre tiennent des réunions distinctes. Selon des informations recueillies par Médias 24, les Subsahariens discutent de mener une campagne de propreté dans le quartier. De leur côté les habitants marocains discutent des moyens d’expulser les subsahariens du quartier.

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