Elections 2015, Benkirane recherche un consensus avec les partis
Lors d'une réunion jeudi soir, le chef du gouvernement a invité la classe politique à lui faire parvenir ses propositions sur la préparation des futures élections. Il leur a donné rendez-vous dans un mois pour discuter dans le détail de l’organisation des prochaines échéances communales.
C’est désormais le chef du gouvernement qui gère personnellement le dossier des élections communales de 2015. C’est logique, conforme à la Constitution mais inhabituel car jusqu’à présent, le ministère de l’Intérieur avait la haute main sur la question, de la préparation des textes de loi en allant jusqu’au découpage et aux listes électorales, pour finir par la supervision du scrutin.
Cette fois-ci, Abdelilah Benkirane a pris la main. Une réunion tenue jeudi soir avec les chefs des principaux partis politiques, de la majorité ou de l’opposition, en présence du ministre de l’Intérieur. Elle a installé le chef du gouvernement dans ce rôle et assis sa légitimité dans ce domaine. La présence de tous les partis invités ainsi que de M. Hassad (il ne pouvait en être autrement), vaut acceptation par tous. La démocratie, ce ne sont pas uniquement des textes mais une pratique.
Au cours de cette réunion, le chef du gouvernement a donné un mois à ses interlocuteurs pour lui livrer chacun un mémorandum résumant la manière dont ils voient le prochain scrutin.
Les points de friction ne manquent pas : listes électorales (qui vote ?), instance électorale indépendante pour contrôler les élections, mode de scrutin, découpage et d’autres encore…
Cette réunion avec le chef du gouvernement a été l’occasion d’évoquer les doléances de chacun des partis d’opposition et de la majorité sur plusieurs volets concernant l’organisation des élections prochaines.
A cet effet, il a déclaré vouloir aplanir les divergences concernant la préparation du scrutin communal.
Il a assuré que tous les participants étaient d’accord pour revenir à la table des négociations dans un mois pour examiner dans le détail leurs propositions et améliorer le contenu des 68 textes législatifs électoraux. Pour preuve de sa bonne foi, il leur a distribué un avant-projet de loi sur la régionalisation qu’il a déclaré soumettre à leur appréciation.
Le chef du gouvernement s’est dit persuadé qu’un accord sera trouvé pour assurer les premières élections post-constitutionnelles transparentes carle programme des prochaines élections comporte des nouveautés. Ces dernières qui portent sur la régionalisation, le mode de scrutin et sur la tutelle de l’administration ont été soumises à l'appréciation de tous les partis politiques.
A l’issue de la réunion, le ministre de l’intérieur a quant à lui déclaré que dans les quinze prochains jours sera dévoilée la teneur des lois qui encadreront les futurs scrutins. Mohamed Hassad a garanti la tenue des délais des élections à venir en assurant que les projets de lois organiques feront l'objet de consultations avec les partis politiques en juillet prochain, avant d'être examinés et adoptés en octobre ou novembre 2014.
Contacté par notre rédaction, Nabil Benabdellah a assuré que cette réunion s’est déroulée dans d’excellentes conditions. Il a affirmé que malgré les dissensions partisanes, l’ambiance était studieuse et constructive et qu’il n’y avait pas eu de clash entre les participants.
Pour le ministre de l’Habitat, malgré les critiques de l’opposition, Mohamed Hassad continuera de jouer un rôle clé pour organiser les futurs scrutins et le processus électoral comme dans tous les pays démocratiques qui se respectent.
Dans une déclaration à Médias 24, le numéro 2 de l’USFP Habib Malki s’est montré moins optimiste en déclarant d’emblée que ce conclave politique était en fait «un dialogue sous contrainte».
Pour Habib Malki, c’est la menace de boycott des futures élections par l’alliance du parti de la rose et de l’istiqlal qui a obligé le chef du gouvernement à initier cette rencontre.
C’est donc contraint et forcé que Benkirane s’est résolu à soulever le problème de la méthodologie et de l’agenda des préparatifs électoraux. Notre interlocuteur assure lors de cette rencontre, rien n’a été négocié et que c’était simplement une première prise de contact entre l’opposition et la majorité pour dialoguer et exposer les positions de chacun.
Oscillant entre scepticisme et inquiétude, il affirme que l’ambivalence du chef du gouvernement laisse craindre le pire car selon lui, ce dernier se pose plus en chef soucieux des intérêts de son parti que de ceux du peuple marocain dans ses diverses composantes.
Il l’accuse de pratiquer le double langage selon que l’on soit un jour de semaine ou un week-end où il enfile sa casquette partisane.
Il assure lui laisser le bénéfice du doute en affirmant que son parti et l’Istiqlal étudieront ses propositions et adopterons en conséquence une ligne de conduite appropriée.
Il prévient que si les prochaines élections communales devaient être entachées d’irrégularités, les alliés de l’opposition n’hésiteront pas à mettre à exécution leur menace de boycott des élections suivantes.
à lire aussi
Article : Mondial 2026. Comment le Maroc a rivalisé avec le Brésil
ANALYSE. Après une première demi-heure très aboutie, l’équipe nationale a payé le prix de ses ambitions avant de se rendre à la raison face au Brésil, samedi 13 juin, lors de la première journée du groupe C. Si Ayyoub Bouaddi et Achraf Hakimi ont survolé la rencontre, le capitaine de l’EN n’est pas exempt de tout reproche sur le but égalisateur. Mais il n’est pas le seul.
Article : Fouzi Lekjaa : “Le Maroc ne doit son influence qu’à ses résultats”
Rumeurs d’influence, projet sportif marocain, CAF, FIFA, binationaux… Dans un entretien accordé à Al Jazeera, Fouzi Lekjaa défend une vision globale du football national et un modèle structuré, fondé sur la formation, la performance et l’impact social. Il écarte toute idée d’influence occulte ou de “pouvoir caché”.
Article : Made in EU : Renault et Stellantis plaident pour l’Europe, mais gardent une porte ouverte au Maroc
Dans une position commune adressée aux députés européens, Renault, Stellantis et Volkswagen soutiennent le principe d’un contenu européen de 70% pour les véhicules électriques. Les trois groupes demandent que seules les activités réalisées dans l’Union européenne et l’Espace économique européen soient comptabilisées comme européennes. Le Maroc resterait donc en dehors de ce calcul, mais pourrait continuer à jouer un rôle dans les chaînes de production grâce à la marge de 30% prévue pour les pays tiers.
Article : Qui sont ces Marocains qui traversent la planète pour leur équipe nationale ?
À la suite de la qualification historique des Lionceaux de l’Atlas pour la finale de la Coupe du monde U20 au Chili, près de 600 Marocains ont réussi à rejoindre Santiago en moins de quarante-huit heures. Derrière cette mobilisation exceptionnelle émerge une autre question : qui étaient ces femmes et ces hommes prêts à parcourir plus de 10.000 kilomètres pour assister à une finale mondiale de jeunes ? L’enquête révèle une réalité bien plus complexe et plus riche que l’image traditionnelle du supporter de football.
Article : Fiat prépare le lancement de deux nouveaux modèles : Fastback et Grizzly
Fiat élargit sa gamme avec deux nouveaux modèles destinés au segment C : les Fiat Fastback et Fiat Grizzly, dont le lancement est prévu en Afrique & Moyen-Orient au second semestre 2026.
Article : Gaz naturel : après le repli d’avril, les importations du Maroc repartent à la hausse
Les importations marocaines de gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe (GME) retrouvent une dynamique haussière, après un creux en mars et avril qui avait alimenté les craintes d’une crise d’approvisionnement. En cause, non pas les tensions au Moyen-Orient, mais une demande électrique saisonnière plus faible, accentuée cette année par une production hydroélectrique exceptionnelle. Explications.