Thomas & Piron au Maroc : le développement touristique n’est pas à l’ordre du jour
Le groupe belge fait son retour au Maroc à travers un projet immobilier à Casa Anfa. Ce site constitue une cible d’investissement privilégiée, y compris dans le cadre des prochaines tranches.
«Louis-Marie Piron n’a jamais quitté le Maroc. C’est un amoureux du royaume où il passe une grande partie de ses vacances. Il y est d’ailleurs toujours propriétaire de biens immobiliers et fonciers, y compris à Lixus», lance d’emblée Luc Devos, directeur financier du groupe Thomas & Piron.
Cette déclaration a un seul objectif : affirmer que le groupe immobilier belge, qui devait développer la station Lixus, proche de Larache, n’aurait jamais plié bagage courant 2009 «s’il n’y était pas contraint». Le retour au pays à travers le lancement d’un projet immobilier à Casa Anfa pour un investissement de 450 MDH en donne la preuve, selon lui.
«Quand j’ai vu, en juillet 2011, l’appel d’offres de l’AUDA concernant le développement du site Casa Anfa, j’en ai tout de suite fait part à M. Piron. J’étais persuadé que ce projet allait l’intéresser. D’ailleurs, il a été tout de suite conquis», raconte Hassan Mellouki, proche collaborateur du fondateur du groupe éponyme.
De retour au Maroc, six ans après l’avoir quitté, le groupe n’y investit pas en solo. Son partenaire est AG Real Estate, filiale immobilière d’AG Insurance, groupe d’assurances basé en Belgique. «L’idée est de s’associer à un partenaire structurant et pérenne. Nous ne sommes pas dans l’esprit de faire une seule opération au Maroc, mais nous sommes dans une configuration de durée. Le secteur visé est la promotion immobilière, un métier que nous aimons et qui correspond parfaitement à l’esprit Thomas & Piron», tient à préciser M. Devos.
En clair, le groupe ne compte pas reproduire la même « erreur » » en mettant un pied dans le développement touristique. «Cette fois-ci, le contexte dans lequel nous allons opérer est purement marocain, que ce soit au niveau de la clientèle cible, ou du projet lui-même. Nous tenons d’ailleurs à ce que la touche marocaine soit visible au niveau de l’architecture. L’artisanat marocain sera aussi très présent. Il se marie d’ailleurs très bien avec l’aspect contemporain», souligne M. Mellouki, en charge du volet commercial du projet.
Par ailleurs, Thomas & Piron préfère ne pas s’éparpiller. Il fait un focus sur le projet Casa Anfa et n’exclut pas de soumissionner dans le cadre des prochaines tranches. « Casa Anfa, toutes tranches confondues, est un chantier qui durera une vingtaine d’années. Cela constitue pour nous d’excellentes opportunités d’investissement », ajoute M. Mellouki.
Pour le moment, le projet de Casa Anfa n’est pas encore complètement ficelé. Les bureaux d’études ainsi que les cabinets d’architectes sont sur le pied de guerre. Ce n’est qu’une fois leur travail bouclé que les appels d’offres pour la construction seront lancés. La commercialisation ne sera lancée qu’une fois tous ces aspects finalisés et le permis de construire obtenu. «C’est le seul moyen qui garantit le respect des surfaces vendables promises aux clients au moment de la commercialisation. Nous y tenons mordicus», assure le responsable commercial du projet.
Sur le plan administratif, la structure commune où Thomas & Piron et AG Real Estate détiendront chacun 50% n’est pas encore créée. Là aussi, il faudra attendre que la constitution des deux sociétés marocaines représentant les deux opérateurs belges soit finalisée. « Le processus est en cours. Dans un mois, tout sera prêt », tient-on à préciser.
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