Un partenariat maroco-gabonais inédit pour la sécurité alimentaire de l’Afrique
Il ne peut y avoir de sécurité alimentaire en Afrique et dans le monde sans les engrais, c’est-à-dire sans le Maroc, détenteur des plus importantes réserves mondiales de phosphates.
En Afrique, 80% des terres fertiles sont inexploitées.
Le Roi Mohammed VI et le Président Ali Bongo Ondimba, ont présidé, jeudi au palais présidentiel à Libreville, la cérémonie de signature du partenariat stratégique entre le Royaume du Maroc et la République gabonaise dans le domaine des engrais.
Ce partenariat de portée stratégique a pour vocation de renforcer durablement la sécurité alimentaire du continent.
Ce projet, constituant une première à plusieurs niveaux, a pour vocation de permettre l'expression d'un authentique leadership africain dans le domaine de la valorisation agricole, sur un continent où près de 80 pc de terres arables ne sont pas exploitées.
Il vise à produire des engrais à forte teneur en phosphate et en ammoniaque adaptés ainsi aux spécificités des différents écosystèmes que compte le sol africain, représentatif des écosystèmes existant sur d'autres continents, et valoriser dès aujourd'hui le potentiel agricole au profit du développement humain durable.
La capacité totale de production sera de l'ordre de 2 millions de tonnes d'engrais par an dès 2018, qui seront acheminés en priorité vers les pays d'Afrique.
La forte demande en engrais, adaptés et accessibles, fait que le potentiel d'exploitation pourrait être augmenté jusqu’à 8 millions de tonnes par an et permettra dans le futur de réaliser plusieurs unités industrielles intégrées de ce type dans la sous-région, voire également dans l'Est africain.
A cette occasion, Mostafa Terrab, Président Directeur Général du Groupe OCP a présenté, sur écran, un exposé sur ce partenariat fondé sur le principe d'une intégration aux ressources naturelles des deux pays (phosphate et gaz).
Cette initiative consiste à créer des unités de production d'engrais :
-Au Gabon : 1 unité de production d'ammoniaque (à partir du gaz gabonais), la première unité de ce type dans la région et qui alimentera en priorité les marchés limitrophes et 1 unité de production d'engrais,
-Au Maroc : 2 unités de production d'acide phosphorique à partir du phosphate marocain dont la source a déjà été identifiée, à savoir le bassin d'Oulad Abdoune dans la région de Khouribga et 1 unité de production d'engrais.
L'initiative contribuera à la création de plus 5.000 emplois directs et indirects au Gabon et au Maroc et sera accompagnée dès le départ par une approche volontariste d'anticipation des besoins en formation professionnelle des personnes impliquées.
De même, des échanges en matière de formation académique accompagneront ce partenariat et ancreront des partages de technologie, de savoir-faire et de R&D entre les deux pays, notamment via l'Université Mohammed VI Polytechnique et son Ecole de Management Industriel.
Un dispositif d'accompagnement socio-économique viendra en appui au projet, à travers la dynamisation d'un tissu de PME/PMI et la création d'un écosystème de sous-traitance autour du projet, à l'instar de la plateforme de Jorf Phosphate Hub.
Dès sa conception, le projet intégrera fortement la logique environnementale (énergies renouvelables, normes environnementales de dernière génération...)
Pour engager ce partenariat, le protocole d'accord, d'une durée de 9 mois, signé entre les parties marocaine et gabonaise, permettra le lancement par les deux parties des études nécessaires au démarrage de la réalisation du projet.
Moins de 3% de la consommation mondiale d’engrais
Le PDG de l'OCP a mis l'accent sur la forte complémentarité entre le Maroc et le Gabon qui trouve sa signification profonde dans les ressources dont regorgent les deux pays, en l'occurrence les plus importantes réserves mondiales de phosphate au Maroc et les réserves de gaz existantes au Gabon.
"L'Afrique exporte la quasi-totalité de sa production de nutriments et importe la majeure partie de ses besoins en engrais", a relevé M. Terrab, notant que le continent "représente moins de 3 pc de la consommation mondiale d'engrais".
Cette sous-consommation d'engrais contribue à des rendements agricoles largement inférieurs aux autres régions du monde, a indiqué M. Terrab qui a fait état d'un réel potentiel de révolution verte en Afrique. "L'Afrique a le potentiel d'augmenter en quelques années d'au moins cinq fois sa consommation d'engrais", a-t-il assuré.
L'accord de partenariat a été signé pour la partie marocaine par Moulay Hafid Alamy, ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique, Abdelkader Aâmara, ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement et Mostafa Terrab, président directeur général de l'OCP et du côté gabonais par Régis Immongault Tatagani, ministre des Mines, de l'Industrie et du Tourisme, Etienne Dieudonné Ngoubou, ministre du Pétrole et des Hydrocarbures et Fabrice Nze-Bekale, directeur général de la société équatoriale des mines.
Le Roi Mohammed VI et le Président Ali Bongo Ondimba, ont par ailleurs visité jeudi le Centre Hospitalier Universitaire d'Agondje à Libreville.
Au cours de cette visite, les deux chefs d'Etat ont parcouru les différents départements et services, dont l'institut de cancérologie, qui a fait l'objet d'un partenariat entre la Fondation Lalla Salma pour la prévention et le traitement des cancers et la Fondation Sylvia Bongo Ondimba.
La fondation Lalla Salma pour la prévention et le traitement des cancers a mis à la disposition de l'institut de cancérologie de Libreville, à titre permanent, des radiothérapeutes, ainsi que des physiciens et techniciens.
Auparavant, la Fondation Lalla Salma pour la prévention et le traitement des Cancers avait procédé à la formation au Maroc de 10 médecins spécialistes et de 80 techniciens gabonais, la mise en place d'un programme de prévention et de détection précoce des cancers du sein et du col de l'utérus, ainsi qu'à l'octroi d'un don de médicaments pour enfants cancéreux.
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