Politique marocaine: La guerre des accusations sans preuves
La vie politique prend une tournure préoccupante: après l’insulte, voici le recours à la rumeur, à l’insinuation, à l’accusation non prouvée. Ces excès de langage et de posture sont des pratiques anti-démocratiques.
Elles ne respectent pas la présomption d’innocence et relèvent davantage des médisances de comptoir, des commérages et des calomnies que du débat politique.
Les exemples foisonnent.
A plusieurs reprises le week end dernier, le secrétaire général du PJD a qualifié son compétiteur et opposant Hamid Chabat (sans le nommer), de “symbole de la corruption“ (ramz al fassad). Une accusation grave qu’il doit soit étayer soit retirer.
En tous les cas, M. Benkirane n’a découvert cette facette qu’il prête à M. Chabat que lorsque celui-ci a quitté le gouvernement. Lorsqu’il était son allié, il lui trouvait beaucoup de qualités, parmi lesquelles celle d’avoir défendu le PJD lors des tentations éradicatrices de 2003.
Revêtant sa casquette de chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a déclaré le 31 décembre 2013 à la chambre haute qu’il disposait d’informations sur des responsables politiques détenant illégalement des biens à l’étranger. Il s’était contenté d’agiter la menace de publier l’identité des personnes sans donner de suites à ce prétendu scandale. Il a jeté l’opprobre sur une partie de la classe politique sans apporter ni des noms, ni des preuves.
Le président du groupe parlementaire du PJD à la Chambre des Représentants, Abdellah Bouanou, vient de s’adresser par écrit au ministre PJD de la communication, Mustapha El Khalfi pour dénoncer ce qu’il a nommé un scandale de harcèlement sexuel au sein des locaux de la chaîne nationale2M.
Il dit avoir été sollicité par plusieurs stagiaires de la chaîne, qui auraient été harcelées sexuellement par un responsable des ressources humaines. Là encore, aucune preuve n’est apportée. De tels faits relèvent-ils d’un groupe parlementaire ou de la justice ? Pourquoi ne pas s’être contenté de transmettre le dossier à la police judiciaire ou au procureur du Roi?
Abdellah Bouanou est coutumier des accusations sans preuves car en 2013, il avait déjà accusé Abbes Azzouzi directeur général de Médi1tv de dilapidation de deniers publics et d’abus de biens sociaux. Il avait même saisi la cour des comptes mais sans amener le moindre début de preuves. Joint par Médias 24, il nous avait affirmé détenir des preuves et promis de nous les adresser. Nous attendons toujours.
Le parlementaire du PAM Abdelhakim Benchemmach a accusé mardi 4 février à la Chambre des conseillers certains hommes politiques marocains «d’avoir payé ou d’avoir fait des pieds et des mains» pour devenir ministre dans le gouvernement Benkirane etd’avoir «même menacé de se suicider». Information farfelue et invérifiable retransmise en direct à la télévision Al Oula dans le cadre d’une séance parlementaire publique.
Ces exemples ne sont pas exhaustifs. La posture consiste à accuser sans preuve, l’accusé étant sommé de prouver son innocence. Une démarche inquisitoriale, anti démocratique, car c’est à l’accusateur de prouver ce qu’il avance. Une dangereuse perversion de la démocratie qui illystre la pauvreté des arguments et la vacuité du discours.
à lire aussi
Article : Sahara : devant de Mistura, Alger ressasse ses illusions perdues
En recevant Staffan de Mistura ce 15 juin, Ahmed Attaf a réclamé des négociations directes entre Rabat et le polisario tout en continuant de présenter l’Algérie comme extérieure au dossier, malgré sa présence dans les tractations de Madrid et Washington et l’ancrage croissant du plan d’autonomie marocain dans la pratique onusienne.
Article : Kacem Bennani Smires : “Dans la transmission des entreprises, il y a un fossé entre ce qu'il faudrait faire et la réalité”
93% du tissu entrepreneurial, 65% des emplois, 60% de la valeur ajoutée nationale... Les entreprises familiales sont l'épine dorsale de l'économie marocaine. Pourtant, une sur quatre seulement réussit sa première transmission. Kacem Bennani Smires, président de l'Institut de l'entreprise familiale Maroc, décrypte les raisons de cette fragilité et les leviers pour y remédier.
Article : Élections 2026 : derrière l’abstention, une demande de transparence et de résultats
À moins de quatre mois du scrutin, une étude de l’association Les Citoyens met au jour un paradoxe politique : 66,6% des répondants jugent le vote important, mais seuls 13,6% font confiance aux dernières élections. Signe d’un électorat qui ne tourne pas le dos aux urnes, mais réclame des preuves concrètes avant d’y retourner. Détails.
Article : Bourse de Casablanca : les minières flambent, le MASI réalise l'une de ses meilleures séances de l'année 2026
Portée par un puissant rebond des valeurs minières et par l'optimisme suscité par l'annonce d'un accord de paix au Moyen-Orient, la Bourse de Casablanca a signé l'une de ses plus fortes progressions de l'année ce lundi 15 juin. Le MASI a bondi de 4,46%, dans un marché marqué par un regain d'appétit pour le risque et des échanges dépassant les 540 MDH.
Article : Prévisions météorologiques pour le mardi 16 juin
Voici les prévisions pour le mardi 16 juin 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Temps assez chaud sur le Sud-Est, […]
Article : CAN 2025 : en exclusivité, voici les arbitres du TAS appelés à trancher le litige Maroc-Sénégal
Qui tranchera le recours du Sénégal contre la décision ayant attribué la CAN 2025 au Maroc ? Médias24 révèle l'identité des trois arbitres du TAS et les derniers développements d'une procédure désormais entrée dans sa phase d'instruction, mais dont le calendrier repousse toute échéance importante à l'après-Mondial 2026.