Comment le nouvel an amazigh a été inventé
Fêté pendant longtemps dans tout le nord de l’Afrique comme étant la fin de l’année agricole, le 13 janvier n'est devenu la date du nouvel an amazigh que depuis quelques dizaines d'années. En 2014, il est reconnu, il s'impose.
Aujourd’hui, on nous dit qu’on est en 2964 dans le calendrier amazigh. Mais combien savaient il y a seulement 20 ans qu’on était en 2944? Combien, il y a 50 ans, se disaient en dégustant le traditionnel tajine aux sept légumes, propre à l’évènement, qu’ils étaient alors en train de passer à l’année 2914? Très peu, voire personne.
Avant les années 90, durant lesquelles les associations amazighs marocaines ont imité la récupération de Hagouza par des associations kabyles, il n’y avait pas réellement de conscience collective d’un calendrier daté. Ni existence de ce dernier.
Hagouza, fêtée le 13 janvier, est une tradition agricole commune entre Arabes et Amazighs et dont l’origine pourrait remonter à l’époque de l’empire romain qui avait étendu son influence au Maghreb.
Aujourd’hui, la diaspora maghrébine a donné une envergure internationale à l’évènement à travers des manifestations culturelles organisées à Boston, Montréal, Bruxelles, Beauvais …
Si l’évènement marquant le début du calendrier est vieux de plus de 29 siècles, l’idée de se démarquer avec un calendrier propre est relativement nouvelle.
C’est en France dans les années 60 qu’est apparue chez l’Académie Berbère, l’idée d’utiliser l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant amazigh dans la 22ème dynastie pharaonique comme point de départ du calendrier amazigh.
Depuis, la cause Amazigh a fait beaucoup de chemin, notamment au Maroc où la langue amazigh est reconnue comme langue officielle dans la constitution.
Alors qu’il était difficile, il n’y a pas si longtemps, de manifester pour la légalisation des prénoms amazighs, on peut désormais naturellement réclamer en festoyant devant le parlement munis de drapeaux amazighs, un jour férié pour «Yennayer».
Si la demande, appuyée par l’Istiqlal, aboutit, le Maroc sera le premier pays de la région du Tamazgha à voter un jour férié pour le nouvel an amazigh. Mais n’y a-t-il pas assez de jours fériés come ça ?
À découvrir
à lire aussi

Article : Sebta et Melilia : un rapport militaire espagnol alerte sur la montée en puissance du Nord marocain
Dans son "Cahier de stratégie" n° 234, le ministère espagnol de la Défense analyse les effets de Tanger Med, de Nador West Med et des nouvelles infrastructures marocaines sur l’équilibre stratégique du détroit. Derrière les considérations portuaires, le document révèle surtout les inquiétudes de Madrid autour du devenir de Sebta et Melilia dans un environnement régional en pleine recomposition.

Article : Engrais : pourquoi le nouveau plan européen ne menace pas le Maroc
Pour réduire sa dépendance aux importations et sécuriser sa souveraineté alimentaire, la Commission européenne a adopté, le 19 mai 2026, un plan d'action sur les engrais misant sur les fertilisants biosourcés et bas carbone à la place des engrais chimiques. Voici ce qu’il faut savoir sur cette mise à jour et sur ses implications pour notre pays.

Article : Condamnation à 3 ans de prison pour un Émirati ayant incité au mariage de mineures au Maroc
L’homme ayant diffusé sur les réseaux sociaux des contenus incitant au mariage de mineures au Maroc a été condamné à trois ans de prison et à une amende de cinq millions de dirhams.

Article : Stationnement à Casablanca. Les détails du grand coup de balai que prépare la ville
Le stationnement continue de souffrir d’une gestion jugée anarchique à Casablanca. Pour améliorer ce service, la commune avance progressivement vers une délégation du secteur à un opérateur spécialisé. Ce que l'on sait.

Article : UM6P Hospitals : un pôle médical de haute technologie prend forme à Benguérir
Formation médicale immersive, hôpital de haute technologie, recherche biomédicale et incubateur de start-up santé… À Benguérir, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) déploie un écosystème hospitalo-universitaire intégré, articulé autour des soins, de l’innovation et de l’entrepreneuriat.

Article : Rabat : la DGSN prolonge les Journées portes ouvertes jusqu’au 24 mai
La DGSN a prolongé ses Journées portes ouvertes à Rabat jusqu’aux 23 et 24 mai 2026, en raison de l’engouement du public, afin de permettre aux visiteurs de découvrir ses missions, équipements et actions dans le cadre de sa stratégie de proximité avec les citoyens.

