Des militantes adressent 5.000 cartes de protestation à Abdelilah Benkirane
Les militants féministes ne ratent pas une occasion pour interpeller Abdelillah Benkirane et son gouvernement sur le devenir du projet de loi de lutte contre la violence faite aux femmes. Actuellement, ils surfent sur l’affaire du violeur de Fès. Explications.
On peut dire que nos féministes ne manquent pas d’imagination. «Nous avons envoyé 5.000 cartes représentant les victimes du violeur de Fès à la primature. Sans oublier des lettres recommandées dans lesquelles nous demandons au Chef du gouvernement d’ouvrir une enquête sur cette affaire. Aucun retour», s’indigne Fouzia Assouli, présidente de la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes, FLDDF.
Si cette affaire refait l’actualité, c’est que le 27 janvier prochain, ce «serial violeur» comparaîtra devant la cour d’appel de Fès. Ce dossier provoque la colère des associations de défense des droits humains. Un appel à mobilisation, le jour de l’audience, est lancé.
Pour rappel, un quinquagénaire enregistre à son palmarès 70 crimes pour viols, dont seules 27 victimes ont été identifiées. En 1980, il avait déjà été condamné une première fois pour une peine de prison de 3 années pour des viols. Il écope ensuite de 7 ans de réclusion en 1999 pour les mêmes faits. En 2006, les juges le condamnent à 2 années. «En 2009, ce multirécidiviste est à nouveau appréhendé par les forces de l’ordre. Mais il n’a été malheureusement condamné qu’à 8 mois de prison», explique Fouzia Assouli.
Et de poursuivre: «en tant que citoyens, nous n’avons même pas eu droit à des déclarations, ni du chef du gouvernement, ni de la ministre de tutelle. Aucune déclaration de condamnation ou en signe de solidarité avec les familles des victimes».
C’est cette attitude passive qui frise l’indifférence qui irrite le plus nos militants. «Un mutisme absolu entoure toutes nos requêtes. Alors que nous organisons des sit in, nous envoyons des demandes de rendez-vous avec le Chef du gouvernement. Nous attendons toujours la réponse», ne manque pas de préciser la présidente de la FLDDF.
Même son de cloche du côté de l’association démocratique des femmes du Maroc, l’AFDM.
Aatifa Timjerdine, présidente de la section casablancaise de l’association témoigne : «Nous continuons de tenter d’expliquer notre mémorandum analytique aux institutions publiques et politiques. Nous présentons nos recommandations afin de sensibiliser le plus grand nombre de personnes ».
Une stratégie offensive à travers des opérations ponctuelles dans l’attente des suites qui seront données au projet de loi de lutte de violence contre les femmes. «Jusqu’à présent, nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir de ce texte. D’après l’information qui nous parvient, il est dit que le sujet serait à l’ordre du jour des prochaines réunions du gouvernement», confie Aatifa Timjerdine.
Du côté de la principale concernée, en l’occurrence Bassima Hakkaoui, ministre de la Femme, aucune visibilité non plus. «La semaine dernière, une réunion de la commission interministérielle devait se tenir, à laquelle devait assister Mme Hakkaoui, mais qui a été annulée par la suite», explique une source autorisée au sein du département. Auprès de la Primature, il nous est indiqué que «cela résulterait de déplacement du chef du gouvernement au Qatar».
«Tout ce que nous savons pour l’instant, c’est que cette cellule comprend cinq représentants ministériels», poursuit la même source au sein du département de Hakkaoui.
Une autre source bien informée nous apprend qu’il reviendrait au département de Mustapha Ramid, ministre de la Justice, de programmer ce projet de loi dans son calendrier de réforme. Pour l’heure, il ne reste plus qu’à scruter l’ordre du jour des prochaines réunions du gouvernement…
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