Blend Casablanca accusé d’avoir plagié Blend Paris
Lourdes accusations contre Amine Tazi et Nasser Benjelloun, les deux fondateurs du restaurant Blend à Casablanca. Suite à l’article publié sur notre portail, Victor Garnier, fondateur du Blend Hamburger Gourmet à Paris les accuse d’avoir « pompé son idée » !
Ils s’en défendent. Comparaison.
Dans un mail adressé à Médias 24, Victor Garnier, le fondateur des restaurants Blend en France, se dégage de toute attache qui le lierait à l’enseigne casablancaise homonyme. Il déplore, selon ses propos, l’atteinte à la propriété intellectuelle qu’il aurait subie.
Dans un souci d’objectivité, Médias 24 a recueilli ses propos en les confrontant aux éléments qui ont été trouvés ou mis à sa disposition, et rencontré, dans la foulée, les deux patrons marocains.
A noter que l’établissement français a ouvert ses portes à Paris en novembre 2011, celui de Casablanca a ouvert un an plus tard, soit à la mi-décembre 2012.
Amine et Nasser affirment qu’ils ignoraient l’existence du restaurant parisien avant l’ouverture du restaurant casablancais, «je n’étais pas au courant de son existence, je ne l’ai connu qu’à travers des clients qui m’en ont parlé après coup» affirme dans un premier temps Amine Tazi. Même son de cloche chez son associé.
Pourtant, durant la période qui sépare les dates d’ouverture des deux commerces, le patron français dit disposer de reçus de paiements par carte, effectués par les deux jeunes marocains dans son établissement. Et à Nasser de rectifier le tir : « oui, j’ai vécu un moment à Paris et il m’est arrivé de manger au Blend de temps à autre. »
Victor Garnier relève un ensemble de similitudes flagrantes, selon ses propos.
Blend Hamburger Gourmet (France)/ Blend Gourmet Burger (Maroc) : fac-similé ci-dessus.
Ce qui peut sembler frappant comme similitude ne l’est pas pour Amine Tazi. Selon lui, « l’appellation Blend qu’on pourrait traduire par mélange, renvoie à un ensemble d’aliments qui, mélangés entre eux, donnent une saveur particulière. D’ailleurs, je cultive l’esprit Blend depuis 2009, date à laquelle je vivais au Canada. »
Même explication concernant le Gourmet Burger : « il s’agit d’un plat qui porte cette dénomination générique, tout comme la pizza, le tajine ou autres ».
Charte graphique
L’utilisation du noir et du blanc gêne le propriétaire de la marque française. Nasser Benjelloun rétorque : «nous sommes sur une gamme de produits raffinés, le choix de ces deux couleurs s’est imposé comme une évidence car elles rappellent le luxe» avant d’ajouter : « notre charte est complètement différente de celle de Paris ; nous avons une mascotte qui est le méchant bœuf et nous utilisons plusieurs typographies dans nos menus, reproduisant l’effet vintage.»

Le Cheesy
Il s’agit du produit phare du restaurant français. « A lui seul, ce hamburger réalise 80% du chiffre d’affaires du restaurant. Le nom a été reproduit au Maroc, bénéficiant ainsi de la notoriété de notre burger », déclare Victor Garnier.
Amine Tazi, visiblement offusqué, a du mal à contenir son indignation : « on ne peut pas interdire à une pizzeria d’appeler napolitaine, une pizza napolitaine ! Ni à un Cheesy de porter son nom. » Sans manquer de nous faire constater que la composition des deux sandwichs n’est pas totalement la même. Celui de Casablanca étant, selon lui, mieux garni. D’ailleurs, côté visuel, si le burger français est plat, celui de Casablanca est à étages.

Le panier à frites métallique
Autre chose qui gêne Victor Garnier ; l’utilisation d’un panier à frites métallique. Il s’agit, selon lui, d’une touche propre à la maison. Amine Tazi n’est pas du même avis, montrant une photo de bac à frite qu’il aurait capturée sur une page internet une année avant l’ouverture de l’enseigne parisienne. Et à Nasser de rajouter, non sans ironie : « peut-être que nous avons simplement le même fournisseur, après tout ! »
Quoi qu’il en soit, le restaurateur français ne compte pas en arrêter là. Il annonce une procédure judiciaire à l’encontre des deux jeunes marocains pour atteinte à la propriété intellectuelle.
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