Ecole nationale d’architecture : vers un semestre blanc
Les étudiants de l’Ecole nationale de l’architecture attendent une sortie de crise. En grève depuis près de 4 semaines, et soutenus par le corps professoral de l’école, ils se disent prêts à assumer les conséquences d’un semestre blanc.
Contacté par Médias 24, Karim Badaoui, étudiant à l’ENA et membre du comité des étudiants grévistes, explique les raisons de l’engagement: «nous partageons la position du ministre de l’Enseignement supérieur qui pense, qu’en principe, l’accréditation ne devrait être accordée qu’aux institutions à but non lucratif. Une autre condition serait le respect d’un cahier des charges rigoureux, seul garant de la qualité de l’enseignement».
Notre source relève aussi quelques incohérences, notamment la position du ministère de l’Habitat qui «appuie le projet qu’il a lui-même élaboré sans concertation avec les partenaires sociaux et institutionnels». D’ailleurs, un projet de décret a été présenté hier, jeudi 13 juin, en Conseil de gouvernement. Il fera l’objet d’un examen lors d’une prochaine réunion de l’Exécutif.
«Le décret a été élaboré au profit de 144 lauréats d’une école privée» nous déclare K. Badaoui, avant de rajouter que «même si le texte passe au Conseil du gouvernement, la situation des lauréats ne s’arrangera pas car, légalement, il n’y a pas de rétroactivité. Le texte bénéficiera uniquement aux futurs diplômés».
Pour le moment, les étudiants de l’ENA maintiennent leur mobilisation. A quelques jours du début des examens prévu le 18 juin, les étudiants maintiennent leur boycott, ce qui aura pour conséquence directe un chamboulement du cycle d’enseignement, entrainant un retard dans l’ensemble des promotions. «Le décalage d’un semestre aura un impact considérable à la fois sur le déroulement normal des cours, mais aussi sur le besoin du marché en architectes. Cette année, sur les 600 étudiants que compte l’ENA, 120 étaient destinés à intégrer le monde professionnel. Nous nous attendons à une situation de déséquilibre entre l’offre est la demande», estime l’étudiant.
Le mouvement des étudiants ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Si le texte venait à être adopté, le comité se dit prêt à saisir le Conseil constitutionnel pour non respect de l’approche participative durant l’élaboration du projet de loi.
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