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Armes chimiques en Syrie : l’opposition veut une intervention de l’ONU

L'opposition syrienne a réclamé vendredi une intervention urgente des Nations unies après que Washington a annoncé pour la première fois que le régime de Bachar al-Assad avait probablement utilisé des armes chimiques contre les rebelles.  

Armes chimiques en Syrie : l’opposition veut une intervention de l’ONU

Le 26 avril 2013 à 14h10

Modifié 26 avril 2013 à 14h10

L'opposition syrienne a réclamé vendredi une intervention urgente des Nations unies après que Washington a annoncé pour la première fois que le régime de Bachar al-Assad avait probablement utilisé des armes chimiques contre les rebelles.  

Cependant les Etats-Unis ne semblent pas sur le point de lancer une action militaire en Syrie, après leur mésaventure en Irak, où leurs soldats n'ont jamais trouvé les prétendues armes de destruction massive, et leur difficulté à sortir du bourbier afghan. 

« La France et la Grande-Bretagne assurent posséder des informations sur l'usage d'armes chimiques et maintenant les Etats-Unis disent la même chose. Il est temps que le Conseil de sécurité de l'ONU agisse », a affirmé à l'AFP un responsable de la Coalition de l'opposition.

« L'ONU doit enquêter immédiatement sur ce sujet et si elle trouve des preuves d'un tel usage elle doit agir immédiatement en imposant au moins une "zone d'exclusion aérienne" » pour l'aviation syrienne, a souligné ce responsable.

« La paralysie du Conseil de sécurité sur le dossier syrien ne peut pas servir d'excuse à l'ONU pour ne pas agir », a-t-il ajouté.

Le Conseil de Sécurité est incapable d'agir depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011 en raison de ses divisions internes, car si les Occidentaux soutiennent la rébellion, la Chine et surtout la Russie appuient le régime.

« Si le Conseil de sécurité ne peut pas surmonter sa paralysie, alors il faut demander à d'autres organisations comme l'Otan d'intervenir », estime cet opposant.

Israël a appelé les Etats-Unis à intervenir militairement pour « prendre le contrôle des arsenaux d'armes chimiques syriens ». « A partir du moment où la communauté internationale comprendra que des lignes rouges ont été effectivement franchies et que des armes chimiques ont été effectivement utilisées, ils se rendront compte qu'il n'y a pas d'autre choix que d'agir ainsi » et de recourir à une action militaire, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Zeev Elkin, un proche du Premier ministre israélien.

Les Etats-Unis ont estimé pour la première fois, jeudi, que le régime syrien avait probablement utilisé des armes chimiques, tout en soulignant que leurs renseignements n'étaient pas suffisants pour avoir la certitude que Damas avait franchi la « ligne rouge » tracée en août par Washington. « La communauté américaine du renseignement conclut, avec différents degrés de certitude, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle en Syrie, en particulier du sarin », a déclaré le secrétaire à la Défense Chuck Hagel à Abou Dhabi.

Cela ne signifie pas qu'une intervention militaire est en préparation. « Les analyses des services de renseignements n'entraînent pas automatiquement des décisions politiques. C'est important de le noter dans ce cas », a indiqué un haut responsable accompagnant M. Hagel.

La Maison Blanche a ensuite confirmé avoir communiqué cette évaluation à des élus du Congrès, mais que les indices ne constituaient pas encore une preuve formelle à ses yeux.

A Londres, le Premier ministre britannique David Cameron a jugé vendredi qu'il s'agissait d'une escalade « extrêmement grave et d'un crime de guerre » de nature à encourager la communauté internationale à « faire davantage », tout en excluant une intervention militaire.

« Nous pouvons augmenter la pression sur le régime, travailler avec nos partenaires, travailler avec l'opposition afin de trouver la bonne solution », a-t-il dit.

Pour David Reeths, Directeur d'IHS Jane's Consulting dont le siège est aux Etats-Unis, « les opérations d'élimination des armes de destruction massive sont extrêmement complexes et nécessitent certainement une présence significative dans le pays durant une longue période ».

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a « renouvelé son appel urgent » au gouvernement syrien pour qu'il autorise une équipe de l'ONU à enquêter sur ces accusations, a indiqué jeudi son porte-parole, précisant que « la mission d'enquête est prête à se déployer dans les 24 à 48 heures », dès qu'elle aura le feu vert de Damas.

L'ONU a nommé le 26 mars le professeur Ake Sellström, un scientifique suédois, pour diriger l'équipe. Damas et l'opposition armée s'accusent mutuellement d'avoir employé ce type d'armes.

Sur le terrain, de nouveaux combats ont éclaté vendredi dans le nord-est et le sud de Damas entre rebelles d'un côté, et l'armée et des miliciens pro-régime de l'autre, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Jeudi, les violences à travers le pays ont fait au moins 130 morts — 53 civils, 27 soldats et 50 rebelles, selon un bilan de l'OSDH.

 


 

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