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La fatwa du Conseil des oulémas au sujet de l’apostasie soulève une grande émotion

L'avis religieux instaurant une peine de mort pour les apostats a bien été émis en 2012 par le Conseil des oulémas.

La fatwa du Conseil des oulémas au sujet de l’apostasie soulève une grande émotion
N. E.
Le 17 avril 2013 à 7h23 | Modifié 11 avril 2021 à 2h35

C’est une affaire qui illustre bien la dualité du système marocain et la difficulté de faire avancer la sécularisation. Le Conseil des oulémas du Maroc a bien publié un avis qui rappelle ce qu’il considère comme la position de l’islam concernant l’apostasie : lorsqu’un musulman abjure sa foi, la peine de mort doit être appliquée. Le conseil ne demande pas une application réelle de cette « sentence ». C’est une sorte de rappel, qui a soulevé une très vive émotion dans le pays et au-delà des frontières.

L’affaire a été lancée par le quotidien Akhbar Al Youm dans son édition de mardi 16 avril 2013. Mais la fatwa ou l’avis religieux, ne figure pas dans une note adressée à l’actuelle délégation interministérielle des droits de l’Homme, dans le cadre de la préparation du prochain rapport sur les droits civils et politiques. Elle est bien plus ancienne. Elle figure dans un recueil publié début mars et qui regroupe une sélection de fatwas et avis émis entre 2004 et 2012. Le portail Lakome en publie le texte en langue arabe (ici).

Le fait que la fatwa soit ancienne n’est pas une raison pour ne pas s’en émouvoir. Car cet avis est bien contraire à la Constitution, aux lois marocaines et à la conception universelle des droits humains. Et il rappelle qu’il y a encore de nos jours, et parmi nous, des oulémas favorables au rétablissement des châtiments corporels et des « hududs ».

Cet avis a-t-il une valeur juridique ?

Depuis 2004, le Conseil supérieur des oulémas est la seule haute instance religieuse habilitée à prononcer des fatwas. Celles-ci sont émises par un collège de oulémas qui doivent se prononcer à l’unanimité et jamais à chaud.

Mais il ne s’agit, dans tous les cas, que d’un rappel de ce que ces oulémas considèrent comme l’orthodoxie dans l’islam et la jurisprudence islamique. Auprès du conseil, il a été rappelé à plusieurs reprises que ces avis n’ont aucune valeur juridique ni contraignante, la contrainte restant du domaine de la loi.

L’une des premières fatwas émises par le conseil, dès sa création en 2004, dit que la femme n’a pas le droit de diriger la prière. Comme si cette question relevait d’une priorité. Comme s’il s’agissait d’ériger un mur de barbelés, d’emblée, pour bien montrer que le champ religieux est une affaire masculine.

Le conseil a placé dans de nombreuses mosquées, des urnes destinées à recueillir les questions du public et des milliers de fatwas ont été émises. Parmi les fatwas les plus remarquées, figure celle qui autorise les alcootests, ou les greffes de cornée (sous certaines conditions) ou encore le tirage au sort des candidats au pèlerinage… A deux reprises, le conseil a réagi, probablement à la demande du pouvoir politique : une fois pour dénoncer et contrer la fatwa de cheikh Maghrawi autorisant le mariage des filles de 9 ans ; et une autre fois pour dénoncer une fatwa de cheikh Qardaoui à propos du recours au prêt bancaire au Maroc. En dehors de ces deux cas, les membres de l’instance chargée de l’iftaa apparaissent comme des gardiens du temple, faisant preuve selon l’expression de Mohamed Tozy, d’une solidarité inter-générationnelle avec leurs prédécesseurs, même si ceux-ci ont vécu il y a dix ou quinze siècles.

Il va sans dire qu’il y aura une réaction pour rééquilibrer, atténuer ou gommer cette fatwa. Attendons de voir.


 

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N. E.
Le 17 avril 2013 à 7h23

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