Etats-Unis : le secteur technologique veut plus d'immigrés très qualifiés
Washington a ouvert cette semaine la possibilité pour les travailleurs étrangers très qualifiés de demander des visas temporaires qui leur sont spécialement réservés, relançant le débat sur leur nombre, insuffisant depuis des années selon le secteur technologique.
Le secteur des hautes technologies se plaint depuis longtemps d'être à court de travailleurs qualifiés, et le problème est rendu plus complexe cette année encore par le débat entourant le projet de réforme de l'ensemble du système d'immigration américain, qui pourrait faire sortir de l'ombre des millions de travailleurs sans papiers.
Le gouvernement américain a ouvert lundi les applications pour les visas H-1B, réservés aux immigrants très qualifiés : il en délivrera 65.000.
S'il y a plus de demandes, ce qui est une quasi-certitude, une loterie sera alors organisée. Les services d'immigration estiment qu'ils auront reçu les 65.000 demandes dès la fin de semaine.
« Cela va être la ruée, parce que ce chiffre de 65.000 visas est très loin de pouvoir combler la demande », explique Robert Holleyman, patron de l'association BSA/The Software Alliance, qui rassemble de nombreux fabricants de logiciels. « L'économie américaine crée environ 120.000 emplois technologiques chaque année nécessitant un diplôme de « bachelor », soit l'équivalent d'un bac+4 en France, explique de son côté Brad Smith, avocat de Microsoft.
« Mais les Etats-Unis ne produisent à l'heure actuelle que 51.000 diplômés par an dans ce domaine ». « Chez Microsoft, nous sommes très sensibilisés sur ce sujet puisque nous avons 3.400 offres d'emplois très bien payés, dans des domaines technologiques très qualifiés, que nous n'arrivons pas à pourvoir », ajoute-t-il.
A la merci des employeurs, la question est pourtant loin de faire l'unanimité, certains affirmant que ce programme de visas spécialisés fait baisser les salaires américains, d'autres soulignant que les entreprises profitant des visas H-1B sont celles qui sous-traitent le plus à l'étranger.
Ainsi, pour Vin O'Neill, porte-parole de l'Institut des ingénieurs en électrique et en électronique (IEEE), de nombreuses entreprises profitent de ces visas pour des emplois de court terme qu'elles transfèrent ailleurs ensuite, souvent dans le secteur technologique en pleine expansion en Inde. « Si des entreprises ont besoin d'employés qualifiés, elles devraient les faire venir comme des résidents permanents, plutôt que sur une base temporaire », souligne M. O'Neill.
« Des résidents permanents peuvent changer de travail et leur conjoint peut lui aussi travailler : il y a de nombreux avantages », dit-il, notant qu'avec le système des visas, les travailleurs sont à la merci des employeurs. Les termes précis de la réforme du système d'immigration ne sont pas encore connus, mais pour beaucoup, un élément relatif aux emplois hautement qualifiés est indispensable dans toute nouvelle législation. Les observateurs estiment que le moment est plutôt favorable à un tel changement, les républicains souhaitant améliorer leur image auprès des électeurs hispaniques après leur défaite à l'élection présidentielle de l'automne dernier. « C'est la meilleure opportunité pour le secteur des hautes technologies d'obtenir ce qu'ils veulent, et je pense qu'ils en sont conscients », estime ainsi Marshall Fitz, directeur des politiques d'immigration pour le groupe de réflexion Center for American Progress.
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