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Parlons actions : la Fondation Maroc 2030 et la BU Jeunesse

La CAN 2025 ne doit pas être seulement un événement sportif, mais une aventure nationale et inclusive. Elle peut être le symbole d’un pays qui ne bâtit pas seulement des stades, mais des ponts entre les cœurs. Dans cette tribune, Ahmed Djamai propose une série d’actions pour traduire en actes cette vision d’un Maroc qui innove, non pas pour impressionner, mais pour inclure.

Le 14 octobre 2025 à 16h02

Imaginez un instant : un jeune à Safi ou dans un douar perché, sans dix dirhams en poche pour s’offrir un café. Ce jeune qui rêve de suivre les Lions de l’Atlas, mais qui n’a pour stade que les cris d’un voisin, pour écran que les échos du lendemain.
Et pourtant, son cœur bat au même rythme que tout un pays.
À lui aussi, la CAN doit appartenir.

Les propos de Sa Majesté le Roi Mohammed VI prononcées le 10 octobre au Parlement, résonnent comme un appel à l’action lucide et à la convergence des efforts. Ils rappellent que le Maroc n’a pas à choisir entre ambition et équité, entre infrastructures et inclusion.
L’une nourrit l’autre, et c’est dans leur rencontre que se construit la cohésion nationale.

Mais sur le terrain, la jeunesse observe. Les jeunes ne réclament ni privilèges ni slogans.
Ils demandent des preuves. Preuves que le pays pense à eux, les inclut et croit encore en leurs capacités. Or trop souvent, les politiques publiques s’arrêtent à mi-chemin : entre l’intention et l’action, entre la promesse et le terrain. C’est précisément là que se joue l’enjeu de la CAN 2025. Elle ne doit pas être seulement un rendez-vous sportif, mais un chantier d’unité sociale et territoriale.

À lui aussi, la CAN doit appartenir ! À lui aussi, la fête doit parvenir ! À lui aussi, la Nation.

Faire de ce grand chantier une expérience d’inclusion, c’est prolonger la vision royale. C’est prouver que le développement territorial n’est pas une carte politique, mais une promesse vécue. Que l’innovation n’est pas un luxe, mais une méthode pour rapprocher l’État de ses citoyens.

Le Maroc entre dans une ère nouvelle, celle de l’innovation inclusive, où chaque événement devient levier de cohésion, et chaque projet, un acte de confiance.

La CAN 2025 peut en être le symbole : celui d’un pays qui ne construit pas seulement des stades, mais des ponts entre les cœurs. Dans la continuité de l’esprit de ma précédente tribune autour la Fondation Maroc 2030 : La Fondation Maroc 2030 entre en jeu publiée sur Médias24, je propose ici une série d’actions concrètes, mesurables et à fort impact, capables de traduire en actes cette vision d’un Maroc qui innove, non pas pour impressionner, mais pour inclure.

Fanzones : quand la fête devient une nation

C’est pour cela que l’idée des Fanzones s’impose comme une évidence. Dans chaque province du Royaume, un espace ouvert, sûr et festif où les citoyens pourront vivre les matches ensemble, gratuitement, dans la dignité et la fierté. Ces Fanzones ne seront pas de simples écrans géants, mais de véritables villages de vie : lieux de rencontre, de découverte, de valorisation du patrimoine régional et de l’économie locale.

Cette action, ancrée dans les territoires, ne peut prendre tout son sens qu’à travers une coordination parfaite entre les Walis, les Conseils régionaux et les communes, avec une implication forte du secteur privé engagé et du citoyen marocain conscient de sa responsabilité collective. Car c’est dans cette alliance du public et du privé, du local et du national, que réside la véritable force du Maroc : celle d’un pays capable d’agir ensemble, avec méthode et conviction, pour transformer une idée en mouvement national.

Autour du ballon rond, c’est tout un pays qui se raconte : des coopératives qui exposent leurs produits du terroir, des jeunes créateurs qui partagent leur art, des professionnels du tourisme qui dévoilent leurs paysages, et des entrepreneurs qui présentent leurs projets. Ce sera la CAN des provinces, la CAN du peuple, la CAN de tous.

En organisant ces Fanzones dans chaque province, le Maroc envoie un message au continent et au monde : ici, l’inclusion n’est pas un mot, c’est un acte. Ici, la fête ne se limite pas aux stades, elle descend dans les places, les campus, les souks, les quartiers populaires. C’est une célébration qui fait circuler l’économie, renforce le sentiment d’appartenance et prouve que la grandeur d’un pays ne se mesure pas à la taille de ses infrastructures, mais à la chaleur de son peuple.

La CAN 2025 doit être ce moment de vérité où le Maroc démontre qu’il est capable de transformer un événement sportif en moteur social et territorial. En deux mois, les Fanzones peuvent être installées. En deux semaines, elles peuvent devenir le centre battant de chaque province. Et en un seul mois de compétition, elles peuvent laisser une empreinte durable : celle d’un Maroc qui célèbre ensemble, qui consomme marocain, et qui croit que le bonheur partagé est la plus belle des victoires.

Parce qu’au fond, ce n’est pas seulement de football qu’il s’agit. C’est de dignité, de cohésion et d’espérance. C’est d’un Maroc qui, en accueillant l’Afrique, se redécouvre lui-même, unis, fiers et ouverts.

Mini-CAN locales : transformer les terrains de proximité en capital social !

Parce qu’une fête nationale n’a de sens que si elle réunit tout le pays, la CAN 2025 doit être vécue bien au-delà des villes hôtes. Le football marocain ne vit pas seulement dans les stades flamboyants : il respire dans les ruelles, les terrains de proximité, les cours d’école, ces espaces modestes où des générations entières ont appris à rêver en bottes poussiéreuses et maillots dépareillés.

C’est justement le moment de donner un sens concret à ces centaines de terrains de proximité construits ces dernières années. Le temps est venu d’en faire de vrais foyers de cohésion, non plus des espaces dormants, mais des lieux de vie, de compétition saine et d’émancipation locale.

C’est là qu’intervient l’idée des “Mini-CAN locales”, une série de tournois régionaux, dans douze villes non-hôtes, organisés sous le label “CAN des Jeunes”. Ces compétitions express, portées par les associations sportives, les communes et les acteurs de la jeunesse, reconnecteront le sport populaire à la fête nationale. Des équipes de sept joueurs, un week-end de matchs, des arbitres bénévoles, des gradins improvisés, des rires, des drapeaux : tout ce qui fait la magie du football marocain à l’état pur : "Rah Nass Bghaw Yeferhou".

Les gagnants de chaque ville seront invités à la cérémonie de clôture officielle de la CAN 2025, symbole fort d’un Maroc qui reconnaît et honore ses talents locaux. Cette initiative, simple dans sa forme mais ambitieuse dans son impact, rend à la jeunesse ce qu’elle a offert au pays : l’énergie, la passion, la foi en un avenir commun.

Dans les grandes capitales du football, on appelle cela des “Community Cups” ou “Football for Hope”. Le Maroc, lui, peut aller plus loin : transformer la CAN 2025 en une fête nationale ancrée dans chaque province, où le ballon devient lien, et la victoire, prétexte à l’unité.

Car derrière chaque match gagné se cache une histoire partagée : celle d’un pays qui croit encore à la force de sa jeunesse. Et si cette CAN des Jeunes parvenait à rallumer les lumières sur tous ces terrains construits pour eux, à redonner sens à chaque dirham investi, alors le véritable trophée serait déjà entre nos mains : celui d’un Maroc qui joue collectif, sur le terrain comme dans la vie.

CAN pour Tous : un mois conjugué encore une fois à la solidarité !

C’est dans cet esprit que la campagne "CAN pour Tous" s’impose comme une initiative simple, concrète et mobilisatrice pour inscrire la CAN 2025 dans le quotidien de tous les Marocains, via trois leviers d’action immédiats.

D’abord, une mobilisation nationale "Solidarité CAN", où entreprises, écoles, universités et communes sont invitées à agir localement : retransmissions publiques, dons d’équipements sportifs, journées citoyennes ou opérations de nettoyage autour des terrains de proximité. Des gestes simples, mais qui donnent au mot inclusion une réalité palpable.

Ensuite, une campagne digitale unifiée, portée par la BU Jeunesse, sous les hashtags #CANTous et #Maroc2030Ensemble. Elle amplifiera l’esprit de la CAN sur les réseaux et dans les territoires, à travers des vidéos courtes, des témoignages et des messages de fierté nationale relayés par nos figures sportives et culturelles.

Enfin, une coordination territoriale structurée, confiée aux relais régionaux et associations partenaires, pour identifier, suivre et valoriser les initiatives locales. La CAN deviendra ainsi une plateforme d’actions partagées, mesurables, et surtout visibles.

L’objectif est clair : faire de la CAN 2025 un moment d’inclusion active, où le sport devient un langage de cohésion et d’engagement.

Une campagne inspirée des grandes réussites internationales "Everyone’s World Cup" ou "Together As One", mais pensée à la marocaine : proche des citoyens, ancrée dans les territoires, portée par l’énergie des jeunes.

"CAN pour Tous" n’est pas une opération de communication, c’est un acte d’organisation.
Un message adressé à l’Afrique et au monde : le Maroc sait faire vibrer ses valeurs autant que ses stades.

Caravanes Jeunesse CAN : porter la fête aux douars !

Mais l’esprit d’inclusion ne saurait s’arrêter aux grandes villes.

La CAN 2025 doit aussi résonner dans les villages reculés, les vallées enclavées et les régions montagneuses, là où le football se vit souvent sans moyens, mais toujours avec la même passion et la même fierté.

Ces territoires ne doivent plus être spectateurs de la fête nationale, mais acteurs à part entière de la dynamique collective que ce moment peut inspirer. C’est dans cet esprit que l’initiative des "Caravanes Jeunesse CAN 2025" prend tout son sens.

Douze caravanes, une par région, sillonneront le pays pour porter la fête, l’information et l’espoir jusqu’aux territoires les plus éloignés.

Équipées de minibus, d’écrans et de stands modulables, elles diffuseront les matches dans les zones rurales, distribueront du matériel symbolique (drapeaux, t-shirts, affiches), et surtout, recréeront le lien entre les jeunes, leurs institutions et leurs propres ambitions.

Mais ces caravanes ne viendront pas seulement transmettre : elles viendront écouter. Elles recueilleront les messages, les rêves et les idées des jeunes autour d’un même thème : le Maroc 2030 que nous voulons.

Les universités seront associées pour mobiliser des volontaires, étudiants, jeunes entrepreneurs, associations, afin de faire de cette initiative un véritable projet collectif et durable. C’est précisément ce type d’action qui devrait incarner la convergence entre politiques publiques et initiatives citoyennes.

J’aurais d’ailleurs souhaité que le ministère de la Jeunesse oriente son dernier appel à projets associatifs (lancé pour les mois de novembre et décembre 2025) vers ce genre d’initiatives, capables de relier la politique à la vie des territoires et de transformer la CAN 2025 en un levier réel de cohésion nationale.

Une telle synergie entre Les Walis, les Conseils régionaux, le ministère de jeunesse, la Fondation Maroc 2030 via sa BU Jeunesse, les universités et les associations locales offrirait un souffle nouveau à la politique de jeunesse : plus proche, plus inclusive, plus concrète. Car au fond, la Caravane CAN 2025 ne transporte pas que des écrans et des drapeaux, elle transporte une idée : celle d’un Maroc qui n’oublie personne, d’un pays où chaque montagne, chaque village et chaque sourire comptent.

Un Maroc qui prouve, une fois encore, que la fierté nationale est avant tout une promesse de solidarité.

Finalement à retenir que la CAN 2025 ne sera pas une fin en soi, car c’est notre premier terrain d’épreuve : celui où se mesurent notre capacité d’organisation, mais surtout notre capacité d’union. Si chaque province devient acteur, si chaque jeune trouve sa place, si chaque institution apprend à coopérer, alors le Maroc ne gagnera pas seulement sur le plan sportif, mais sur celui de la confiance collective.

En 2025, nous serions jugés par nous-mêmes.
En 2030, nous serions regardés par le monde.

Et le plus beau trophée que nous puissions présenter ce jour-là ne sera pas fait d’or, mais de foi, de cohésion et de dignité partagée ; la preuve vivante qu’un pays peut transformer un match en moteur, et une génération en victoire.

Car au fond, la CAN n’est qu’un match. Le Mondial, lui, sera notre serment de nation.

Par
Le 14 octobre 2025 à 16h02

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