“Maghrib B’Welidatou : Heta Fer9a ma Ghelbatou”
Nous savons déjà ce qui bloque. L’heure est aux actes patriotiques et clairs, aux résultats visibles, aux preuves tangibles. L’urgence doit s’enclencher maintenant pour réconcilier le présent avec l’avenir car le Maroc restera toujours cette "Dar Lekbira li Ferhana be Welidateha".
Personne n’a oublié la pandémie du Covid, et nul ne regrette les choix stratégiques et bien fondés de Sa Majesté pour protéger son peuple dans l’urgence. Personne n’a oublié le séisme du Haouz, et chacun sait que l’effort de reconstruction reste un chantier ouvert qui appelle constance et proximité. Personne n’a oublié les investissements massifs dans les infrastructures et le rayonnement international du Royaume.
Personne n’a oublié, enfin, que beaucoup a déjà été fait… mais que beaucoup reste encore à faire, dans la durée, pour que les promesses deviennent réalités.
Car lorsque l’on annonce des programmes à plusieurs milliards de dirhams, nous autres, ce que nous retenons, ce n’est pas le montant annoncé, mais l’effet concret sur notre quotidien. Comment ces budgets se traduisent-ils ? Par un emploi accessible, une formation qui ouvre des portes, une école qui donne des chances, un centre de santé qui soigne dignement. Ce qui compte, ce ne sont pas les annonces, mais la matérialisation : un contrat signé, une salle de classe équipée, un service public qui fonctionne. Les milliards n’ont de valeur que s’ils se transforment en preuves visibles dans la vie des familles, dans les territoires, dans l’avenir des jeunes.
On ne rassure pas une génération I9 et IA avec des discours figés à l’époque d’un Macintosh ou Pentium 1 !
C’est aussi le moment de repenser notre communication politique. Non pas en la gonflant artificiellement, mais en la rendant sobre, crédible et centrée sur les résultats. Car les résultats parlent toujours mieux que les discours. Encore faut-il que les résultats mis en avant soient réellement pertinents.
Jeudi dernier, alors que la nation retenait son souffle devant la déclaration du trio gouvernemental, l’opinion publique espérait voir aborder, aux côtés des enjeux de la santé et de l’éducation, la question brûlante du chômage qui étouffe des centaines de milliers de jeunes. Or, ériger la ponctualité du versement des bourses en principal succès a donné l’impression d’un décalage profond avec les priorités du pays. Ce choix de cadrage, loin d’apaiser, a révélé une faiblesse stratégique : en réduisant le discours politique à un geste technique, il a produit l’effet inverse de celui recherché. Les réactions immédiates et virulentes sur les réseaux sociaux ont mis en lumière cette fracture entre le message officiel et les attentes réelles des citoyens.
Dans leurs prochaines interventions médiatiques, les représentants du gouvernement gagneraient à bannir les sorties creuses ou teintées de provocations, ainsi que ce vide rhétorique et ce langage de bois arrogant, visibles aussi bien dans leurs déclarations que dans leurs apparitions publiques. De telles postures n’irritent pas seulement les citoyens : elles nourrissent la défiance et finissent par fragiliser l’intérêt de toute une nation. Dans le même esprit, et par amour de Dieu, qu’ils fassent preuve de prudence dans leurs prises de parole, surtout lorsqu’il s’agit de reprocher à la jeunesse de vouloir tout, vite et maintenant.
Car c’est bien normal : à l’époque où leurs aînés s’émerveillaient devant un Pentium 1 ou un Macintosh, les jeunes d’aujourd’hui évoluent déjà sur des processeurs I9 et explorent ChatGPT. Ils exigent donc une communication claire, directe, du style “Men Lekher” et “Lase9”, qui parle aux réalités plutôt qu’aux illusions.
Le Maroc n’a plus besoin de refaire le diagnostic. Il existe déjà, gravé noir sur blanc dans le Nouveau Modèle de Développement. En 2021, une consultation nationale sans précédent a posé des mots justes et courageux : un modèle trop peu inclusif, une jeunesse reléguée aux marges, des services publics essoufflés, un ascenseur social bloqué, et une confiance citoyenne fissurée. Ce travail de vérité devait être une boussole commune, un contrat moral d’inclusion entre l’État et ses citoyens.
Quatre ans plus tard, malgré les stratégies annoncées et les budgets mobilisés, la question essentielle demeure : qu’est-ce qui a réellement changé dans la vie des Marocain.e.s ? Où sont les résultats qui prouvent que l’inclusion n’est pas qu’un slogan, mais une réalité vécue par chaque jeune, chaque femme, chaque travailleur, chaque famille qui attend que son pays lui tende la main et l’élève avec lui ?
C’est précisément ce décalage entre les constats clairs et la lenteur des résultats qui m’a conduit, dans une autre tribune publiée dans Médias24, "Le Framework Hakimi", à insister sur l’urgence de dépasser les grandes déclarations pour libérer une puissance d’actions concrètes, ancrées dans le terrain et connectées aux réalités quotidiennes de tous les Marocains.
Ces deux réflexions convergent : il ne suffit plus de diagnostiquer ni même de planifier. L’enjeu, aujourd’hui, est de démontrer que l’inclusion n’est pas un mot creux, mais un principe moteur. Transformer nos stratégies en preuves tangibles, visibles, mesurables, c’est donner aux jeunes, aux femmes, aux territoires oubliés et aux travailleurs de l’informel des raisons d’y croire à nouveau. C’est, en somme, replacer l’action publique au service de l’inclusion réelle, là où chaque citoyen peut constater, dans sa vie quotidienne, que son pays avance avec lui et non sans lui.
C’est pourquoi l’heure n’est plus aux constats, mais à l’action immédiate. Un agenda d’urgence, activable, doit être lancé avec des résultats concrets et visibles d’ici fin octobre 2025. Des mesures simples, réalistes et, surtout, inclusives : des mesures que nous serons collectivement appelés à porter et à assumer. Qu’il s’agisse de responsables politiques, de technocrates ou de nous autres, chacun doit prendre sa part pour prouver que le Maroc peut livrer vite et bien.
Un Maroc qui avance, qui surprend et qui inspire
La CAN et le Mondial, c’est "B’Wejehna" : nous allons les réussir. Mais notre vraie victoire sera d’en faire une fête d’inclusion, où chaque Marocain se reconnaît et se sent gagnant.
Le Maroc était, est, et restera toujours "Dar Lekbira" : cette grande maison ouverte, digne et chaleureuse, où chaque citoyen trouve sa place et où chaque invité est accueilli comme un frère. Mais cette image ne doit pas rester un simple symbole : à la veille de la CAN 2025 et du Mondial 2030, il nous appartient de prouver que l’inclusion est la clef de voûte de notre hospitalité et de notre développement ; et comme je l’ai évoqué dans une précédente tribune, que ces événements sportifs seront les combos parfaits pour un succès inclusif : Mondial 2030 et le succès extra-sportif.
Car accueillir le monde, ce n’est pas seulement construire des stades et des hôtels. C’est faire en sorte que chaque famille marocaine, de Tanger à Lagouira, ressente dans son quotidien que ces événements sont aussi les siens. C’est permettre aux enfants de grandir dans des quartiers mieux équipés, avec des espaces verts, des écoles rénovées et des services publics dignes. C’est donner aux jeunes des opportunités d’emploi immédiates et durables, issues de l’économie du sport, du tourisme, de la culture et du numérique. C’est faire en sorte que les territoires longtemps oubliés ne soient plus des marges, mais des pôles vivants de prospérité et de fierté nationale.
L’inclusion, c’est aussi veiller à ce que ces rendez-vous ne profitent pas seulement à quelques-uns, mais qu’ils soient une fête nationale partagée. Que les femmes des coopératives locales trouvent de nouveaux débouchés, que les travailleurs de l’informel soient intégrés dans des circuits formels et protégés, que les jeunes talents créatifs voient leurs idées portées au-delà des frontières.
Au fond, la CAN et le Mondial ne seront réussis que si chaque Marocain peut dire : "Moi aussi, j’y ai gagné quelque chose. Moi aussi, je me sens partie prenante de cette réussite". Car il ne s’agit pas uniquement de remplir des gradins ou de gagner des matchs, mais de rassembler une nation autour d’un projet de confiance et d’avenir partagé.
Alors, lorsque les visiteurs étrangers repartiront en disant : "J’ai découvert un Maroc qui avance, qui surprend et qui inspire", nous saurons que nous avons tenu notre promesse. La promesse que le Maroc ne laisse personne en marge, que le progrès ne se vit pas seulement à Rabat ou Casablanca, mais qu’il irrigue nos villes, nos campagnes, nos montagnes et nos oasis.
C’est cela, l’esprit de Dar Lekbira : une maison où l’on construit ensemble, où l’on partage équitablement, et où l’on ouvre grand les portes au monde sans jamais fermer celles de nos propres citoyens.
Prouvons encore une fois que "Maghrib B’Welidatou : Heta Fer9a ma Ghelbatou"!
Aujourd’hui, l’histoire nous appelle à agir avec la même force que celle qui nous a permis de traverser les épreuves du passé. Le Maroc a toujours su se relever, et il saura encore transformer ses défis en victoires partagées. Mais cette fois, la réussite ne peut venir que d’une mobilisation inclusive : responsables patriotes, entrepreneurs engagés, enseignants, femmes, familles, et surtout notre jeunesse, colonne vertébrale et fierté de la Nation.
Soyons fiers, soyons solidaires, et démontrons que notre grandeur réside dans la capacité à donner à chaque jeune une place, une chance, et une voix dans la réussite nationale. Ensemble, faisons de la CAN 2025 et du Mondial 2030 non seulement une fête sportive, mais la célébration de l’inclusion et de la jeunesse marocaine : la preuve que notre Nation avance quand elle avance avec tous ses enfants. L’heure est venue de passer des paroles aux actes, et d’écrire, avec confiance et courage, la prochaine page d’un Maroc uni, ouvert et résolument tourné vers l’avenir.
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