Mondial 2030 : le combo parfait pour un succès extra-sportif
En 2030, le Maroc organisera, conjointement avec l’Espagne et le Portugal, la 24e édition de la Coupe du monde de football. Tant attendue, cette organisation offrira des opportunités sans précédent pour notre Royaume, lesquelles devraient être intelligemment saisies afin de réussir l’organisation d’un événement sportif certes, mais aussi de mettre notre Royaume sur les bons rails vers un avenir inclusif.
Et si ce Mondial devenait le tremplin d’un Maroc plus uni, plus innovant, plus souverain ?
L’annonce de l’organisation conjointe du Maroc avec ses deux voisins du Nord de la Coupe du monde 2030 a marqué le début d’une nouvelle ère dans l’Histoire de notre Royaume. Une ère où tous les Marocains, qu’ils soient aux quatre coins du pays ou au-delà des frontières, devraient se mobiliser afin de faire réussir cette célébration sportive universelle.
Dans ce sens, trois piliers fondamentaux semblent constituer aujourd’hui la combinaison parfaite en vue de faire réussir ce grand chantier, à savoir l’intelligence collective, l’innovation et le Made in Morocco. En effet, et si mûrement réfléchi, ce triptyque pourrait faire l’objet d’une bouffée d’air frais, conjuguant performance, inclusion et souveraineté productive.
Et si l’on parlait de l’intelligence collective ?
D’un point de vue prosaïque, et comme son nom l’indique, il s’agit de mettre le collectif au service de l’intelligence. Autrement dit, et à l’approche de tels événements d’envergure, on se permet d’emprunter à Sa Majesté sa mémorable expression lors du Discours Royal de 2009 "Notre meilleur gage de fidélité […] ne jamais […] renoncer à un grain de sable de notre Sahara", pour dire qu’aujourd’hui, il ne faut renoncer à aucun grain d’intelligence et de patriotisme du peuple marocain.
D’un autre point de vue, plus profond cette fois-ci, il serait nécessaire de souligner, ou du moins rappeler, qu’il s’agit, outre le gouvernement, d’un projet d’une Nation, d’un Peuple et d’un Roi. En effet, l'organisation de cette compétition ne concerne pas uniquement les autorités politiques ou les fédérations sportives, mais mobilise l’ensemble du tissu national : architectes, urbanistes, ingénieurs, entrepreneurs, chercheurs, associations citoyennes, start-ups, collectivités locales, médias, entre autres. C’est une chaîne dont aucun maillon ne devrait être défectueux de crainte de voir s’effondrer un joli tableau dont on esquissait les traits depuis 1988.
Par ailleurs, il serait déraisonnable d’évoquer le terme "collectif" sans aborder le concept de l’inclusion. Car oui, dans ce cas, le collectif n’est point l’antonyme d’individuel, mais plutôt de toute politique exclusive, marginalisante et sélective. Admettons alors, même à tort, que l’inclusion se mérite et ne s’offre pas, le peuple marocain a fait toutes ses preuves en matière d’admiration singulière pour sa Patrie en toutes circonstances.
N’oublions jamais leur entraide pendant le séisme, leur solidarité pendant le Covid-19, leur dévouement pour la Marche Verte –un autre événement pour lequel le Maroc n’avait pas les moyens nécessaires mais qu’il a réussi et dont nous récoltons les fruits jusqu’à présent–, ou encore leur soutien inédit au Qatar, qui a fait couler autant d’encre que le sacre purement sportif des Lions. Si sur les pelouses le Maroc s’est classé quatrième lors de la dernière coupe du monde, dans les gradins, dans les imaginaires collectifs et surtout dans les cœurs, le drapeau rouge frappé d’une étoile verte à cinq branches a été couronné champion.
En parallèle, et bien que fondamentale, l’intelligence collective demeurerait stérile si elle n’est pas mise en œuvre à travers l’innovation.
En d’autres termes, et toujours en relation avec le ballon rond, l’intelligence constitue un schéma tactique sans faille élaboré conjointement par l’ensemble des joueurs et du staff technique. Toutefois, sa réussite dépend étroitement de la performance sur la pelouse et de l’application des consignes. De même, abriter une Coupe du monde requiert une approche innovante dans la conception des infrastructures.
Le Maroc mise ainsi sur des stades intelligents, des systèmes de transport multimodaux et des solutions énergétiques durables. Toujours dans l’ordre des innovations technologiques, il est temps de penser à la gestion des flux touristiques, à la billetterie numérique, à la vidéosurveillance intelligente ou encore à la cyber-sécurité.
À cet égard, il faudrait bien garder à l’esprit, notamment au niveau des centres de prise de décisions, que le Maroc jouit d’un capital humain des plus jeunes à l’échelle mondiale. Les derniers chiffres du HCP en témoignent : plus de 30% de la population sont âgés de moins de 35 ans. En outre, cette jeunesse est majoritairement connectée, créative et souvent porteuse d’une culture entrepreneuriale renouvelée, notamment grâce aux écosystèmes d’innovation qui se sont développés durant les dernières années.
Dans le même sillage, inclure la jeunesse marocaine dans de tels grands chantiers, c’est aussi s’aligner avec l’approche royale, qui, à travers Sa Majesté, a placé la jeunesse au cœur de ses priorités, la considérant comme un levier essentiel du développement économique, social et culturel du Royaume. N’oublions jamais, encore une fois, que cette jeunesse marocaine est célébrée chaque année, comme fête nationale. Encore plus, elle coïncide avec la date d’anniversaire de notre Souverain, ce qui en dit long sur la place singulière qu’occupent les nouvelles générations dans la vision royale. Logiquement parlant, si l’on cherche l’intersection entre jeunesse et monde professionnel, on sera dirigé vers les start-ups.
Au Maroc, ces entreprises en herbe peuvent apporter leurs pierres, très solides, à ce grand édifice que l’on bâtit toutes et tous. En réalité, les start-ups marocaines sont prêtes, d’un point de vue quantitatif et qualitatif, à contribuer à la mise sur pied de plusieurs projets, dont :
- Une Sport-tech purement marocaine :
Cela est faisable à travers l’innovation d’applications pour supporters, notamment les guides interactifs des villes hôtes, la billetterie mobile, la traduction automatique, les notifications en temps réel, la visite des stades en 3, etc.
- Systèmes de mesure de performance :
Devenus des éléments indispensables du sport contemporain, ces systèmes devraient nécessairement être présents lors du Mondial de 2030. Dans ce sens, les start-ups marocaines spécialisées en la matière pourraient créer des outils de data analytics et d’IA pour les équipes, les recruteurs et les médias sportifs.
- Tourisme et mobilité urbaine :
Plusieurs jeunes entreprises qui se spécialisent en tourisme intelligent ont émergé au Maroc. Pourquoi ne pas les solliciter pour des circuits thématiques, du storytelling numérique du patrimoine, une intégration d’offres culturelles et sportives ?
Encore, et afin de gérer les flux touristiques, faire appel à cette jeunesse innovante, c’est avoir des solutions d’hébergement alternatif, que ce soit à travers des plateformes locales valorisant l’offre de logement chez l’habitant ou encore les coopératives rurales. Par ailleurs, la mobilité urbaine constituera un enjeu de taille pendant la compétition et, encore une fois, ces jeunes entrepreneurs seraient capables d’innover en matière d’agrégation de transports (bus, tram, taxi), de scooters électriques partagés, de solutions de covoiturage événementiel, entre autres.
Cette liste n’est certainement pas exhaustive, car la jeunesse marocaine n’a jamais cessé de surprendre, non seulement ses compatriotes, mais le monde entier. Preuve en sont les taux annuels de fuite des cerveaux. Certes, cela représente une raison d’être fier de ce puits inépuisable de talents qu’est le Maroc, mais il s’agit quand même d’une entrave pour le développement d’un pays qui, aujourd’hui, a plus besoin que jamais de tout son capital humain. Comment faire ? En un seul mot : "l’inclusion".
Afin d’y arriver et d’intégrer pleinement les start-ups dans cette dynamique nationale, il faudrait s’appuyer sur les écosystèmes existants et les renforcer, notamment les technoparks, les incubateurs spécialisés, les universités et écoles d’ingénieurs, les partenariats public-privé, entre autres. En parallèle, il serait nécessaire d’élaborer une stratégie de mobilisation qui s’appuie sur des appels à projets et des compétitions liés à la coupe du monde tels que les hackathons sportifs et touristiques, les compétitions d’innovation ouverte, les camps de formation, ainsi que les fonds d’innovation pour les jeunes start-ups impliquées dans la chaîne de valeur événementielle.
Cependant, l’innovation n’est point une affaire purement technologique. Elle est aussi sociale, culturelle et organisationnelle. En effet, il faudra inventer de nouvelles manières d’impliquer les jeunes, les femmes, les artisans, les quartiers populaires, etc. Il s’agira aussi d’innover dans les manières de raconter l’événement, de valoriser le patrimoine local, de créer des expériences culturelles et sportives inédites.
Cela fait, il serait temps de passer au troisième pilier. L’intelligence collective est pleinement exploitée et mise en marche à travers l’innovation ; il faudrait maintenant l’exposer à notre manière dans une vitrine de souveraineté et de créativité appelée le "Made in Morocco".
Concrètement, les grands chantiers liés à l’organisation de la Coupe du monde représenteraient une opportunité sans précédent pour stimuler l’industrie et relancer la production nationale. La construction, le textile, le mobilier urbain, les équipements sportifs, les nouvelles technologies seraient tous, entre autres, des secteurs qui devraient être soutenus par une politique volontariste de préférence nationale, à condition d’assurer qualité et compétitivité.
Par conséquent, cela nous permettrait également de créer des emplois locaux, de réduire la dépendance aux importations et de mettre en valeur les savoir-faire marocains.
En revanche, l’industrie n’est pas le seul secteur à devoir se ‘’marocaniser’’. Il s’agit plutôt d’une tribune à travers laquelle le Maroc prendra la parole pour s’adresser au monde entier et lui faire découvrir son artisanat, son patrimoine matériel et immatériel, sa culture, son art, sa gastronomie, etc.
Encore, et lors du mondial qatari, les Marocains ont fait preuve d’une force footballistique Made in Morocco, d’une solidarité Made in Morocco, d’une admiration de l’hymne national Made in Morocco, d'une "rdat lwalidin" Made in Morocco et d’un Roi portant le maillot de la sélection nationale et célébrant avec le peuple, ce qui a constitué aussi un fait inédit, encore une fois à l’image de notre "Tamaghrabit".
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