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Les réfugiés d’un autre temps qui broient du noir

Dans cette chronique, Hassan Hami met en lumière la complexité de la notion de "réfugié", en dépassant la seule dimension géopolitique ou humanitaire pour explorer des aspects psychologiques, sociaux et symboliques.

Le 30 août 2025 à 14h23

Peu importe où on tourne les yeux pour chercher une distraction ou les fixer sur l’écran d’un poste de télévision ou celui d’un smartphone, on ne peut pas ne pas être outré par le drame des réfugiés. On prend le train de l’apitoiement pour se faire une raison. Ou, comble d’ironie, on fait comme si de rien n’était.

Or, ce qui peut être plus choquant, c’est la hiérarchisation des individus établie aléatoirement par les organisations internationales, les États individuels et les professionnels de la plume pour traiter de la problématique des réfugiés. Non seulement cette hiérarchisation prête à confusion, mais elle est surtout politiquement et idéologiquement motivée.

Que l’on se rassure, je ne vais pas livrer une recette de plus sur cette question qui, de toute façon, ne peut pas altérer la hiérarchisation susvisée ou remettre en cause un parti pris des différents intervenants (États, organisations régionales et internationales, sociétés privées, groupes d’intérêts et individus) qui saute aux yeux.

Depuis des décennies, à chaque fois que le terme "réfugié" est évoqué, il est associé à une série d’hécatombes. On se réfère à la guerre du Viêtnam, du Cambodge et du Laos, aux Boat-people (1975-1990). On évoque les victimes de la guerre civile libanaise (1975-1990). On reste dubitatifs au sujet de la marée humaine provoquée par la guerre des Balkans (1991-2001).

Par ailleurs, on se voit perplexes devant le souvenir des personnes déplacées à l’occasion des différentes guerres post-URSS (1992-2025), plus précisément dans le Caucase du Sud (1992-2022), dans le Caucase du Nord (1992-2017), en Asie centrale (1992-2021), en Europe (1990-2025) et en Afghanistan (1979-2001-2021).

On pourra aussi y ajouter les victimes de la guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988) et de la guerre civile syrienne (2012-2025). On peaufine le décor par l’évocation des victimes des guerres civiles en Amérique latine (Colombie, 1948-2016 ; Nicaragua, 1981-1990 ; Pérou, 1980-2000 ; El Salvador, 1979-1992) et des guerres civiles ou interétatiques en Afrique (une trentaine de conflits depuis six décennies). Elles sont si nombreuses qu’il serait fastidieux de les citer toutes.

On vit l’hécatombe des réfugiés palestiniens depuis plus de soixante-dix ans. La question du droit au retour qui fait achopper toutes les négociations sur le statut final de la Palestine. Cette question est au cœur de l’actualité avec l’entretien du suspense sur le transfert forcé des populations palestiniennes de Gaza vers des pays limitrophes pour aller rejoindre le cortège des réfugiés au Liban, en Syrie, en Jordanie, etc.

Le dénominateur commun à tous ces drames, c’est la manipulation de l’usage du terme réfugié. Une utilisation à la carte qui frustre les observateurs neutres. Les réfugiés sont retenus comme des otages. Dans certains cas, ceux que l’on désigne comme des réfugiés sont enrôlés pour servir dans les rangs des groupes armés non étatiques (GANE) ou pour être sacrifiés par des groupes extrémistes ou terroristes.

Plus scandaleux encore, c’est le fait que la plupart des individus recrutés sont des enfants. Pis encore, c'est le fait que les réfugiés sont associés à des mouvements qui prétendent être de libération nationale ou des combattants bénévoles pour servir les causes dites justes, loin de leurs pays d’origine.

Faire le tri pour distinguer entre les réfugiés et les éléments armés est une œuvre titanesque, sinon impossible. Les vrais commanditaires des drames des réfugiés en font un fonds de commerce qui alimente les convoitises et transforme la chair humaine en une marchandise pour toutes sortes d’usages macabres.

Parfois, le recensement est biaisé pour des raisons politico-diplomatiques. Il en est ainsi des réfugiés syriens et irakiens qui se sont déplacés en Turquie (2011-2024), des personnes déplacées au lendemain de la guerre du Haut Karabakh (1993-1994). De même le martyre des populations qui ont souffert durant les différents épisodes de la guerre au Caucase du Nord (Tchétchénie (1994-1996), Daghestan (1999), Ingouchie (2007-2009) et Tatarstan 1994) mérite aussi d’être souligné.

Le recensement des réfugiés est une œuvre de longue haleine. Le recensement, cela va de soi, n’est jamais parfait parce que la vie dans les camps est problématique et que la politisation de la question des réfugiés accentue la hiérarchisation déjà évoquée plus haut.

Le cas le plus hallucinant est celui de la population vivant dans les camps de Tindouf en Algérie administrés par le polisario. En dépit des différentes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, demandant le recensement de cette population, l’Algérie refuse.

Et pour cause, l’attribution du qualificatif "réfugié" sonne faux dans la mesure où le polisario est un mouvement armé qui élit domicile sur le territoire d’un État souverain. Si le recensement était réalisé, il révélerait que les camps abritent en majorité des personnes venant de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad, du Soudan, de Libye ; le reste est constitué des personnes originaires du Sahara dit occidental et du Sahara algérien.

Maintenant que les choses se clarifient un peu, et que l’on s’achemine vers la résolution du conflit régional autour du Sahara. L’Algérie est devant un choix difficile. Prendre le train en marche, car elle n’aurait plus de carte à produire autour de la table des négociations, ou s’entêter à jouer de l’obstruction et finir par tout perdre au change.

Quant au polisario, il est désormais empêtré dans l’habit démesuré que Mouammar Kadhafi et Houari Boumediene lui ont confectionné en 1976. Un habit qui le place dans un état schizophrénique aigu. Il joue le rôle d’un mouvement hypothétique de "libération nationale" et celui d'"un État chimérique" sur le sol d’un autre État souverain (H. Hami, L’œuf, la poule et l’ivrogne, une leçon de géopolitique maghrébine, MEDIAS24, 12/05/2025).

Or, au risque de surprendre les lecteurs, la question des réfugiés dans sa triple dimension politique, diplomatique et humanitaire n’est pas vraiment l’objet de cet article. La raison en est que des écrits corsés avec des chiffres à l’appui sont abondants. Mon objectif ambitionne de porter un regard sur d’autres catégories de réfugiés que l’on côtoie au quotidien. La dimension psychologique y occupe une place significative.

Ces ressemblances qui n’en ont pas l’air

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, il y a un lien étroit entre toutes les catégories de réfugiés : les réfugiés en tant que marque enregistrée et les réfugiés qui s’y apparentent tout en étant loin de l’espace traditionnellement réservé à cette catégorie.

C’est cette deuxième catégorie qui fera l’objet des lignes suivantes. Elle est constituée de personnes qui, tout en étant loin des théâtres d’opération dans lesquels sévissent les réfugiés de la première catégorie, sombrent dans l’absurde, une fois qu'elles éteignent leurs télévisions ou se libèrent de l’emprise de leurs smartphones. Elles expérimentent le martyre de l'image et des informations véhiculées à tout bout de champ sans filtrage idoine ou vigilance avérée.

En effet, on a tendance à oublier que parmi de nombreux enfants réfugiés, il y en aurait ceux qui deviendraient un jour des décideurs dans des secteurs importants de la vie. Ces personnes-là n’ont pas la mémoire gommeuse. En y pensant, je me rappelle une scène épique dans un film américain des années 1970, où un jeune homme, nouvellement installé dans une petite ville, est élu comme shérif. Il est applaudi par le conseil de la ville.

Pendant que tout le monde applaudit, il fait un commentaire à mi-voix : "Applaudissez bande de connards ; vous ne savez pas ce qui vous attend". On comprendra vers la fin du film qu’il était le fils de parents qui avaient été tués par des spéculateurs fonciers et que toute la communauté était complice par son silence et son refus de témoigner. Il était de retour pour faire payer tout le monde.

Les réfugiés dont il s’agit dans ce papier me rappellent aussi "La Condition humaine" d’André Malraux (1933-1944), le Huis clos de Sartre (1944), Apocalypse Now de Francis F. Coppola (1979), Cien Años de soledad de Gabriel García Márquez (1967), Out of Africa de Karen von Blixen (1985), The Terminal (2004) de Steven Spielberg ou الحدود de Muhammad al-Maghut (1984). Quelle catégorisation oserais-je proposer ?

Premièrement, les réfugiés-bureaucrates. Cette catégorie de personnes qui se taillent la réputation d’être des travailleurs infatigables, des workaholics qui se sacrifient au point de ne plus dormir chez eux. Une fois admises à la retraite, elles deviennent des brebis galeuses. Elles sont vite chassées de la mémoire collective. Elles payent la facture d’avoir été des réfugiés dans (en fait des prisonniers des) quatre murs qui leur servaient d’espace de travail. Le refuge et l’exil se renvoient l’ascenseur. Elles rendent vite le tablier.

Deuxièmement, les réfugiés-solitaires. Ils peuvent compter des éléments appartenant à la première catégorie. Cependant, ils se distinguent par le fait d’être des taciturnes-nés. Ils vivent certes en couple, mais ils donnent l’impression d’être tout le temps ailleurs.

Ils intriguent par le fait de conjuguer le silence profond avec la réputation d’un charisme tiré par les cheveux. Ils trouvent dans les tintamarres une force de propulsion qui fait que les décisions qu’ils prennent impactent leur vie privée sans qu’ils s’en rendent compte. Le drame, c’est que l’état de réclusion qu’ils s’imposent provoque des dommages collatéraux.

Troisièmement, les enfants éclatés entre les parents. Il s’agit là d’une catégorie de réfugiés qui sont ballottés entre deux personnes qui ne vivent plus ensemble, mais qui ont le devoir de garder une fine passerelle pour que les enfants souffrent moins. Les enfants sont obligés de choisir, mais ils n’ont pas le monopole de la décision. Celle-ci dépend des rapports de force entre les parents. Les rapports sont surtout économiques et financiers. Qui tient les finances tient le pouvoir. La dimension psychologique est reléguée au second rang. Les enfants éclatés deviennent des réfugiés d’un autre temps.

Quatrièmement, les réfugiés-intellectuels-à-la-carte. Une catégorie bien plus difficile à faire accepter. Il s’agit en fait de ces professionnels de la plume qui, après avoir réussi à franchir la forteresse des intellectuels choyés, succombent à la tentation de ne plus en sortir. Ils traversent alors l’épreuve de s’en tenir au verbe qui est le leur et de lâcher du lest pour ne pas se faire éjecter. Ils deviennent alors des réfugiés qui dépendent des budgets que leur réservent leurs commanditaires.

L’étranger comme un refuge et le refuge comme aliénation

Sans être vraiment catalogués de chasseurs de primes, ces réfugiés en savent tellement sur leur calvaire qu’ils joignent la retenue de leur verbe à l’exigence de répondre aux sollicitations des commanditaires. Ceux d’entre eux qui tentent de se dégager de la souricière le payent cher. Ils ne peuvent se dédouaner outre mesure que par le fait de ne plus se reconnaitre dans certaines de leurs œuvres. Ils restent, quoi qu'on en dise, des réfugiés-intellectuels-à-la-carte. On fait appel à eux pour meubler les plateaux de télévision ou noircir du papier, toujours, à la carte.

Cinquièmement, les réfugiés-décideurs. Ils appartiennent à une denrée qui n’est pas si rare que cela. Il s’agit de personnalités qui avaient un certain pouvoir, voire du charisme à revendre quand elles étaient actives. Leur aura n’a plus l’éclat d’antan. Marginalisées par les amis et la famille, elles s’agrippent à une image floue, celle de décideurs attitrés qu’elles ne sont plus.

Elles se réfugient dans le passé et s’enferment dans le présent assassiné. Elles prétendent avoir l’ascendant malgré l’assaut de leurs détracteurs. Elles estiment que leur marginalisation-neutralisation n’est qu’une mise en scène destinée à la confection d’autres scénarios encore plus passionnants démontrant à qui veut l’entendre que leur aura reste intacte.

Sixièmement, les réfugiés exilés et les réfugiés immigrés. Il ne s’agit pas d’exilés politiques. Il ne s’agit pas, non plus, d’immigrés qui auraient peur de rentrer au pays pour une raison ou une autre. Le qualificatif "réfugiés" qui leur est donné décrit l’attitude dont ils font montre de prétendre vivre dans un climat confortable qui leur permet de croiser le fer avec leur destin – et de le défaire, en conséquence. Cependant, la réalité est tout autre : les réfugiés exilés et les réfugiés immigrés expérimentent le calvaire de l’instabilité à longueur de journée.

Ils se vantent d’avoir bien réussi dans l’exil qu’ils ont choisi et qu’il serait une honte qu’ils rentrent au pays pour être la risée de leurs compatriotes. Comment décrire cet état de fait ? Il s’agirait de percevoir l’étranger comme étant un refuge et le refuge comme aliénation inconsciente.

L’exil et la migration expriment, en fait, un choix délibéré de ne pas regarder la réalité en face, bien que les deux obligent les personnes concernées à faire des concessions douloureuses et entérinent le fait d’être à la merci des sautes d’humeur des pays d’accueil. L’acquisition de la nationalité de ce dernier n’est pas un gage de sécurité absolue.

Septièmement, les réfugiés avides de la réclusion volontaire qui font valoir le prétexte de la liberté. Il s’agit d’une catégorie d’individus qui répugnent tout. Ils donnent l’impression de mépriser leur propre existence. Ils se plaignent de l’absence d’une qualité de vie idoine. Ils se font justice en promouvant leur statut de reclus heureux dans le vide qu’ils créent autour d’eux.

Les larmes de crocodile ne suffisent plus

La problématique des réfugiés est très complexe. Elle est associée à celle des déplacés. Du reste, la distinction entre les deux catégories est très difficile à faire dans l’absolu. Le dénominateur commun réside dans le fait que les réfugiés sont utilisés comme instruments de pression, de marchandage et de chantage. En témoignent les arguments ci-après.

Un : dépendant de leur pays d’origine, les réfugiés font les frais des rapports de force entre celui-ci et ses adversaires acteurs étatiques ou non étatiques. Le pays d’origine, à son tour, peut utiliser les mêmes rapports de force contre ces derniers pour les mêmes raisons de marchandage et de repositionnement sur l’échiquier de la décision politique et diplomatique.

Deux : les promoteurs du narratif sur les réfugiés, les déplacés, les persécutés et les initiateurs de la résolution partielle des conflits interétatiques font chambre commune. Ils ont (et défendent) les mêmes intérêts qu’ils couplent avec ceux des marchands des armes (États et groupes privés).

Trois : les réfugiés et les déplacés sont perçus comme une marchandise. Ils font vivre des entreprises, des travailleurs et des fournisseurs de services de toutes sortes.

Quatre : les réfugiés offrent l’opportunité à des services de renseignement de coopérer, de se battre ou de se neutraliser. Ils s’adonnent à cet exercice à travers les volontaires humanitaires multinationaux qui, consciemment ou inconsciemment, véhiculent des informations, dessinent des cartes, élaborent des rapports sur la morphologie des populations ciblées, les stratifications sociales et les perceptions dichotomiques des sociétés victimes des conflits endémiques.

En somme, le dilemme du refuge, de l’exil et l’existence met les drames humains, physiques et psychologiques dans le même panier. La singularisation des différents drames est un faux débat dans la mesure où la hiérarchisation signalée plus haut ne rend pas compte de la réalité sur le terrain psychologique qui demeure le déterminant le plus important dans la gestion des crises humanitaires.

Les différentes catégories de réfugiés, de déplacés, d’exilés (et de bohémiens de service) se retrouvent dans le relatif et dans l’absolu et rendent coriace toute tentative d’en assimiler les contours et la portée.

Par
Le 30 août 2025 à 14h23

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