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Insolence à sanctionner….

Mounia Rhoulam, députée, membre du comité exécutif du Parti de l’Istiqlal et de l’Alliance des économistes istiqlaliens, répond à Mohamed El Ouafa. Mardi, ce dernier avait en effet répondu à une question orale sur la hausse des prix en affirmant que le véritable risque est celui de la déflation.  

Le 23 mai 2014 à 16h06

Ces derniers temps, certains membres de ce gouvernement s’érigent en donneurs de leçons en matière de politique économique. Ces ministres prétendent être des économistes alors que leur discours n’obéit à aucune logique économique sur des thèmes aussi importants que la déflation, le pouvoir d’achat et la politique monétaire….

Des voix scientifiques et politiques se sont ainsi élevées pour marquer leur étonnement et mécontentement par rapport au niveau très bas tant sur le plan moral que scientifique de ces membres de gouvernement. Un niveau minimum de connaissance et de moralité devrait être requis pour être ministre et gérer des dossiers d’ordre économique et de gouvernance de la chose publique. Benkirane doit concevoir d’urgence un plan de formation continue pour ces ministres s’il veut mener à terme l’exécution de son programme gouvernemental qui piétine.

Ces ministres développent des thèses erronées et font preuve d’une arrogance répugnante et démesurée. Au parlement, leurs réponses aux questions orales rendent compte de leur méconnaissance des théories économiques contemporaines et de la réalité sociale et économique du pays.

C’est à ces ministres que je précise qu’en économie, la déflation est un mouvement persistant à la baisse des prix des biens et services, c'est-à-dire de l’indice des prix à la consommation. C’est une baisse de l’indice général des prix enregistrée sur une longue période. Or, certains membres du gouvernement confondent entre la déflation et la désinflation qui signifie que le niveau général des prix augmente moins vite, c'est-à-dire une diminution du taux d’inflation. Ceci étant, ces ministres, soi-disant économistes, doivent remettre à niveau leurs connaissances.  Pour les récentes théories économiques, le discours sur les dangers de la déflation sur la croissance s’inscrit dans un vieux débat.

En effet, la baisse des prix semble plutôt favorable au développement économique. Depuis la révolution industrielle, les théories économiques s’accordent pour confirmer que la baisse des prix d’un produit favorise ses ventes, dégage des bénéfices, encourage les investissements et permet alors le développement de tout un secteur économique.

Aujourd’hui, on peut citer l’exemple du secteur des télécommunications. La baisse des prix des communications tant dans le fixe que dans le mobile, et l’augmentation des performances, ont fait exploser la demande, et permis le développement de ce secteur. La baisse des prix continue a entraîné la croissance et favorisé l’emploi.

Ces ministres devraient également comprendre que l’objectif principal de la politique monétaire est la stabilisation des prix et permettre ainsi aux ménages de préserver un pouvoir d'achat compatible à l’offre de biens et services. Pour atteindre cet objectif, la banque centrale doit assurer un suivi strict de l'accroissement de la masse monétaire, parallèle au taux de croissance de l'économie : cela doit permettre de donner à l'économie les liquidités nécessaires pour son financement et ce, sans provoquer l’inflation. A cette fin, la banque centrale peut agir sur ses deux principaux instruments, à savoir son taux d’intérêt directeur et le taux de la réserve obligatoire bancaire.

Par exemple, se basant sur un taux d’inflation en ligne avec les prévisions, Bank Al Maghrib avait décidé, en mars 2012, de baisser son taux directeur à 3%. Cette baisse des taux d'intérêts, qui s’est inscrite dans la volonté de faciliter l'accès au crédit et permet aux entreprises d'investir et aux ménages de consommer plus, est intervenue à un moment où le gouvernement de Benkirane, par l’adoption de mesures isolées et antiéconomiques, conjuguées à l’absence d’une politique économique claire et volontariste et au manque de volonté politique, crée un environnement socioéconomique malsain ce qui s’est traduit par un repli sensible de l’activité économique en 2012.

Dans le même sens, face à des crises de liquidités bancaires récurrentes, causées notamment par une gestion des finances publiques irrationnelle, et pour maintenir le taux d’inflation au niveau prévisionnel escompté, Bank Al Maghrib a décidé, tout en maintenant son taux d’intérêt directeur, de réduire le taux de la réserve monétaire de 2 points, en septembre 2012 et de 2 points en mars 2014, pour le ramener à 2%. La Banque centrale vise ainsi à octroyer toutes les liquidités nécessaires au secteur bancaire pour assurer le financement de l'activité économique réelle.

Ces ministres doivent ainsi comprendre que c’est au gouvernement de sortir de sa léthargie et d’entreprendre les réformes économiques nécessaires pour faciliter l’acte d’investir et d’épargner et remettre l’économie nationale sur ses rails afin de créer de la richesse et favoriser l'emploi, induisant l’amélioration sensible du pouvoir d’achat des citoyens. 

Quant au pouvoir d'achat, il n’est autre que la capacité d'un ménage à consommer en fonction de son revenu. L’évolution de la TVA intérieure renseigne sur le niveau de consommation des ménages. Il reste donc un indicateur important du niveau du pouvoir d’achat des ménages.

Ecœuré par les débilités économiques proférées, j’ai jugé utile de reprendre des définitions universellement connues de ces notions économiques. Toutefois, ne s’agit-il pas là, d’un nouveau style de la part du gouvernement qui cherche à se désengager de ses responsabilités ? Les réponses évasives du gouvernement ne pourraient-elle pas être interprétées comme une fuite face aux interrogations des différentes tranches de la population ? Ne s’agit-il pas, tout simplement, d’une ignorance manifeste de la part de ces membres du gouvernement des notions de base de la science économique ?

Enfin, ne s’agit-il pas de "terrorisme" intellectuel exercé par le gouvernement sur l’ensemble des forces vives de la nation ?

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Le 23 mai 2014 à 16h06

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