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Et si on incitait nos jeunes à aller prospecter en Afrique ?

Le Maroc s’érige comme l’une des plateformes les plus attractives pour les investisseurs internationaux en Afrique et un hub pour plusieurs activités économiques sur notre continent. Par une politique volontariste, il y est devenu aussi un important investisseur. 

Le 11 octobre 2022 à 16h33

Depuis notre indépendance, notre jeunesse n’a d’yeux que pour l’Europe, en raison de notre proximité géographique et des liens de toutes sortes tissés entre les deux rives de la Méditerranée. Avec la crise que traverse le monde actuellement, le marché européen se tarit et présente de moins en moins d’opportunités de travail intéressantes. Une réorientation intelligente de notre migration vers le sud s’impose, ne serait-ce que pour épauler nos investisseurs et renforcer l’implantation de nos entreprises.

Les puissances étrangères - Chine, États-Unis, Russie, Turquie - ainsi que certains pays européens, aiguisent depuis longtemps leurs armes pour s’implanter en force sur le continent africain, à travers leurs entreprises mais aussi par la présence de leurs ressortissants, et parfois même de leurs armées. Comme la structure de notre histoire a toujours été des mouvements humains entre le sud et le nord, le renforcement de notre présence humaine sur notre continent paraît salutaire, voire indispensable à notre expansion.

L’Afrique, formidable moteur de croissance pour le Maroc

D’ici la fin du siècle, la population africaine dépassera quatre milliards d’habitants et de consommateurs, et présentera aussi une abondance de main-d’œuvre. Ceci se traduira par des besoins colossaux qu’il faudrait satisfaire. L’Afrique possède parallèlement des ressources naturelles dont une grande partie n’est pas encore exploitée. Elle abrite en outre 60% des terres arables de la planète peu mises en valeur, alors que certains pays africains subissent de plein fouet des crises de famine.

C’est dire que l’Afrique représente un moteur de croissance formidable pour le Maroc, comme pour le continent lui-même mais aussi l’économie mondiale. Cependant, cette croissance ne peut se réaliser que si les puissances étrangères n’y transfèrent pas leurs luttes d’influence et de domination, et que les Africains eux-mêmes adoptent, pour leur part, les règles de bonne gouvernance et de démocratie. La coopération et le partenariat interafricains paraissent à ce stade le meilleur antidote à tous les impérialismes extérieurs.

Depuis ces deux dernières décennies le Maroc a mené des efforts au niveau public comme privé pour investir et s’implanter en Afrique. Des chefs d’entreprises et des cadres y séjournent fréquemment pour superviser des projets ou en prospecter d’autres. Les liaisons aériennes du transporteur national n’ont jamais été aussi faciles avec presque toutes les capitales africaines. Tout ceci n’est qu’un début, car le marché africain présente encore de grandes opportunités d’affaires, et ses besoins en spécialistes de tous genres sont immenses.

Des perspectives de croissance prometteuses

Parce qu’elle est au centre de toutes les convoitises des grandes puissances, l’Afrique est le marché où les jeunes marocains devraient se redéployer et s’y investir amplement. On ne compte plus les grandes entreprises marocaines ou internationales qui cherchent, pour leurs succursales africaines, des chefs d’équipe et des leaders qui connaissent bien le marché et la culture africains pour faire fructifier leurs affaires sur le continent.

Les métiers les plus demandés touchent tous les domaines, à commencer par l’agro-alimentaire. Le passage d’une agriculture de subsistance à une agro-industrie offre encore de grandes opportunités d’emplois en Afrique. De même, les travaux publics et les infrastructures recrutent à tour de bras contremaîtres et ingénieurs pour répondre aux besoins d’un marché en constante évolution.

D’autres métiers liés à la transition digitale sont également recherchés, comme les développeurs de logiciels et de systèmes de réseaux pour accompagner les startups qui commencent à éclore à travers tout le continent. Toutes les sociétés qui cherchent à s’implanter, ou à s’agrandir en Afrique, recherchent des chefs d’équipe et des leaders dynamiques pour diriger et motiver leurs équipes et accompagner leurs investissements.

Les raisons de ces fortes demandes d’embauches sont dues aux perspectives de croissance qu’offre l’Afrique. Notre continent enregistre en effet les taux les plus élevés de rendements sur investissements par rapport à tous les autres continents. Tous les grands groupes qui s’y sont installés, dont les nôtres, réalisent des bénéfices conséquents, malgré les difficultés liées à l’instabilité politique dans certains pays africains et aux crises internationales qui prévalent entre les grandes puissances.

Une concurrence moins rude, des postes mieux valorisés

En Afrique, les entreprises internationales implantées recherchent pour leur développement à embaucher de préférence ceux qui ont déjà acquis une expérience africaine et connaissent aussi bien ses marchés que ses cultures et traditions. Le fait de décrocher un travail dans une société implantée en Afrique est en soi un accélérateur de carrière et la garantie d’obtenir un poste à responsabilité bien plus supérieur à celui qu’on peut espérer en Europe.

Le cadre recruté bénéficiera rapidement des bienfaits de son passage dans une entreprise africaine sur son parcours et sa carrière. Ainsi, le poste proposé en Afrique est souvent plus revalorisé que celui qu’on peut obtenir ailleurs, où la concurrence est plus rude. Parce que l’Afrique est un continent dont une grande partie des ressources restent peu ou pas exploitée, et qu’une forte croissance est assurée pour les années à venir, le recrutement des compétences professionnelles demeure la priorité de tous ceux qui veulent investir en Afrique.

Nos jeunes marocains à la recherche de nouvelles expériences professionnelles ne doivent pas cibler que les entreprises nationales ou internationales travaillant en Afrique. Notre continent offre encore de larges autres opportunités pour tous ceux qui veulent lancer leurs propres affaires, comme dans la distribution ou les autres métiers de service dont le marché africain est très demandeur.

Les entreprises marocaines de construction et d’habitation qui évoluent dans certains pays africains ont fait naître une forte demande pour les savoir-faire marocains dans les domaines de la décoration plâtre, de l’ameublement et des salons marocains traditionnels. Tout ceci a engendré une forte demande et plus d’emplois et d’activités pour nos jeunes. Au-delà de cet aspect, notre soft power et l’image de marque du Royaume se trouvent revalorisés.

Les peuples africains commencent à se méfier des anciennes puissances coloniales, qui ont démontré par le passé qu’elles n’étaient motivées que par leurs propres intérêts égoïstes, jamais par l’établissement d’un véritable partenariat équitable gagnant-gagnant. L’entrée en compétition des entreprises marocaines comme turques ont remis en cause ce statu quo, à côté, bien sûr, des autres mastodontes chinoises.

Les Africains n’oublient pas que leurs pays respectifs ont été à travers les siècles l’objet des dynamiques européennes et internationales pas toujours heureuses. Traite négrière, colonisation, guerres d’indépendance, néocolonialisme, conséquences de la guerre froide, puis des interventions de toutes sortes pour évincer par la force les systèmes politiques qui leur résistent.

Une politique volontariste pour séduire les jeunes marocains

La coopération interafricaine apparaît comme l’antidote à cet impérialisme car le partenariat sud-sud offre plus d’équité et d’échanges entre pays d’un même niveau de développement. Les efforts menés par le Maroc pour investir en Afrique et encourager nos entreprises à rechercher leur croissance sur notre continent est une politique sensée qui a porté ses fruits. La nouvelle charte sur les investissements, en discussion au Parlement, revalorisera davantage ces atouts pour ancrer définitivement notre croissance dans le socle et l’économie africains.

C’est certainement pour toutes ces raisons qu’il faudrait réorienter nos jeunes, à travers une politique volontariste, pour aller étudier et prospecter les opportunités de travail dans les autres pays africains, en privilégiant ceux de la zone anglophone. Les défis seront toujours là, à la mesure de la grandeur de nos objectifs. Ils seront de deux sortes : les rapatrier en cas de troubles politiques et les protéger par un système d’assurance sanitaire en cas de maladie. Sur ces deux aspects, le Maroc a déjà derrière lui des expériences de gestion de telles crises.

Inverser une partie des flux migratoires vers le sud renforcera à coup sûr notre présence humaine ainsi que nos connaissances des cultures africaines. Il induira, inéluctablement, l’amélioration de notre compréhension de ces sociétés et de leurs besoins. Notre présence économique politique et religieuse ne s’en trouvera que plus affirmée. De tels échanges nous permettront aussi d’adapter nos comportements aux réalités africaines d’aujourd’hui.

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Le 11 octobre 2022 à 16h33

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