Conflits internationaux : manipulation chronique, paix troublée
Dans cette chronique, Hassan Hami explore les dynamiques complexes du droit international et son instrumentalisation par les puissances mondiales. Entre chantage, intérêts stratégiques et manipulations politiques, l'auteur met en lumière les enjeux d'un système international en transition, où la résolution des conflits gelés semble plus illusoire que jamais.
Mieux vaut tard que jamais. La prise de conscience est le résultat de l’apprentissage par le choc. Le réveil tardif peut être un réveil cauchemardesque. Toutefois, s’il permet de secouer les idées reçues et les vérités premières pour une renaissance de plain-pied, le coût des dégâts sera moins onéreux.
Stanley Hoffmann a écrit, voilà cinq décennies déjà, que le droit international est un auxiliaire de la politique étrangère et de la diplomatie. Pour les praticiens et les planificateurs politiques et stratégiques, c’est une évidence. Pour le commun des mortels, c’est de l’alchimie marinée dans l’indifférence.
En effet, mieux vaut tard que jamais. Et les yeux commencent à s’ouvrir pour percevoir la question du Sahara -dit occidental-, en fait le Sahara marocain tout court, sous un nouvel angle, celui de la réalité. Les masques sont tombés. Le Maroc aura attendu avec impatience que les grandes puissances et les puissances intermédiaires sortent de leur réserve, sinon de leur duplicité, pour se rendre à l’évidence.
Le Maroc n’est pas ce pays que l’on peut manger à la sauce du marchandage à tout crin. La reconstruction de l’État marocain au lendemain de l’indépendance s’est faite doucement, bien que des pierres d’achoppement aient été jetées sur son chemin.
Tout d’abord, par des acteurs intranationaux ambitionnant d’occuper l’échiquier politique (ou même d’accéder au pouvoir). Ensuite, par des acteurs étrangers, dont les anciennes puissances coloniales, qui cherchaient à maintenir leur emprise économique et politique. Les acteurs en présence disposaient d’atouts qui, pendant trois décennies au moins, les mettaient à l’abri des surprises.
Et puis, les choses ont commencé à apparaître sous de nouveaux auspices. Les années 1980 et 1990 ont remis en cause des postulats que d’aucuns croyaient indiscutables. La citadelle progressiste incarnée par l’URSS est touchée par l’érosion ; le trouble devait alors gagner les esprits des dogmatistes.
Pour sa part, le piédestal des libertés et de la démocratie symbolisé par les États-Unis et leurs alliés européens est secoué par l’émergence de nouvelles formes d’appétits géopolitiques : l’épouvantail communiste-socialiste utilisé comme prétexte est tombé.
Il fallait inventer de nouveaux ennemis pour constituer à sévir. Peine perdue. Car le tremblement de terre idéologique a laissé des dégâts et a ouvert un débat sérieux sur la viabilité de systèmes politiques qui ont basé leur existence sur la langue de bois et la manipulation.
Les terrains secondaires de confrontations pour utiliser le paradigme des "discontinuités", cher à Oran Young (1968), se sont refait une nouvelle santé. Mais, cette fois-ci, en inversant les rôles ; les terrains secondaires de confrontation deviennent des terrains principaux de lutte pour la suprématie totale.
On dirait que les équilibres observés relativement en vertu des traités de paix de Westphalie (1648), d’Utrecht (1703), de Berlin (1885) et des périodes post-Deuxième Guerre mondiale commençaient à voir leurs verrous sauter l’un après l’autre. La Guerre froide, cette parenthèse, qui a duré plus qu’il n’en fallait, devait prendre fin. Elle le fut dans la douleur pour les uns et dans la joie pour les autres.
Une autre parenthèse est ouverte pour jauger les impacts de la fin de la détente sur les échiquiers géostratégiques régionaux. Des schémas de complexes sécuritaires ont été tracés sans grand succès. Des tentatives de changement de régime dans des pays en développement se sont avéré un échec cuisant.
Ensuite, ces pays sont pris pour des laboratoires d’expérimentation de nouvelles formes de gouvernement s’inspirant de la démocratie occidentale, mais sans leur permettre d’être plus ambitieux. C’est-à-dire sans qu’il leur soit permis de remettre en cause les équilibres fragiles instaurés par une asymétrie qui devait prévaloir en toutes circonstances.
La carotte et le bâton : du déjà-vu dans l’impasse
Tour à tour, des conférences nationales en Afrique durant les années 1990 (Mali, Bénin, etc.) se sont inscrites dans la logique du discours de La Baule prononcé à l’occasion de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France par le président François Mitterrand. Il y invitait les pays africains à épouser les valeurs démocratiques à l’Occidentale et plaidait pour une coopération conditionnelle franco-africaine (1990).
Ensuite, des tentatives de résolutions de conflits se déroulant en Europe et dans les régions limitrophes avec des résultats mi-figue, mi-raisin. Enfin, la promotion de nouvelles formes de gouvernement chez des partenaires frappés par une sclérose politique et un refus catégorique par les tenants du pouvoir de favoriser la circulation des élites ou du moins des alternances consensuelles permettant à tout le monde de tirer son épingle du jeu.
Tout au long de ces processus, un travail en profondeur se faisait en toute discrétion. Au lieu de recourir ou de promouvoir, comme à l’accoutumée, la pratique des coups d’État, les planificateurs politiques et militaires occidentaux ont laissé les mains libres à leurs services de renseignement de jouer une autre carte. La carte des forces intranationales politiques et paramilitaires à séduire pour contrôler en fin de compte.
Les attentats du 11 septembre 2001 qui ont frappé les États-Unis, que certains esprits crédules associent encore à la théorie du complot, ont créé une nouvelle construction théorique basée sur l’incrimination d’acteurs non-étatiques, qui avaient été laissés libres de créer la zizanie dans des espaces géopolitiques vierges en termes de confrontations géopolitiques serrées.
Le monde s’est réveillé sur le constat que le terrorisme était un fléau international qu’il fallait éradiquer par tous les moyens. On y mettait pêle-mêle tout mouvement qui sortait de la tutelle des pays qui l’avaient créé. Des chartes d’organisations régionales et internationales, des constitutions, des codes pénaux, etc., ont été partiellement amendés pour que le terrorisme fût condamné.
Des acteurs étatiques en ont profité pour régler des comptes avec des acteurs intranationaux qui leur donnaient du fil à retordre. Parallèlement, des convoitises géopolitiques étouffées jusqu’alors se sont exprimées. Un nouvel ordre mondial est né, anticipant sur le désordre que l’on connait aujourd’hui (Hami, Le système international en transition, de la prolifération des acteurs au désordre programmé, 2018).
La crise financière de 2008 a été un signal d’alarme plus retentissant que celui qui avait abasourdi les décideurs internationaux en 1982. Mais déjà, dans la foulée d’une perception cavalière des transitions politiques dans les périphéries de ce qui est appelé maintenant le Sud Global, des lendemains difficiles pour l’ensemble des acteurs impliqués ont été annoncés.
Il en a découlé que les décideurs internationaux se découvraient un nouveau talent, celui de parer au plus pressé. Tout d’abord, en cherchant à résoudre les questions se rapportant aux litiges frontaliers. Ensuite, en s’attaquant aux conflits endémiques ou conflits gelés qui ne sont plus gérés par le statu quo dynamique. Maintenant, on passe à un troisième stade, celui de lâcher les États-ascenseurs et de les laisser se débrouiller avec les mouvements-agents interposés qu’ils ont créés ou soutenus.
La résolution des conflits gelés se fait (ou ambitionne de se faire) dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États. Les mouvements dissidents se doivent de se rendre à l’évidence que le système international actuel ne tolère plus la création de micro-Etats, d’Etats faillis et d’Etats inféodés d’une manière ou d’une autre à un acteur majeur régional qui les utilise dans le cadre du paradigme de l’équilibre de puissance. Il existe une inflation de drapeaux (Too Many Flags), pour reprendre l’expression d’E. Juan (Enrique Juan, Foreign Policy, Fall, 1999).
La démocratisation des relations internationales ou la moralisation de la politique étrangère des États est un vœu pieu. La littérature sur l’idéalisme et le réalisme dans la politique internationale est abondante et remonte à la Grèce ancienne, passant par le Siècle des Lumières et atterrissant sur le terrain de la mixité des deux dans le cadre de la perception du pouvoir et du vouloir en politique étrangère. C’est ce qui a été savamment expliqué par le paradigme du choix rationnel, plus communément associé au pragmatisme. Or le pragmatisme n’exprime pas l’égalité des chances ou la parité stratégique.
Les conflits gelés seront partiellement réglés pour permettre aux acteurs internationaux de garder la main sur la gâchette. Les parties en conflit n’en récoltent pas moins des dividendes si tant elles sont clairement définies en tant qu’États et agissent en conséquence. Il en est autrement quand il s’agit de mouvements séparatistes à la solde d’un État qui peut lui-même être un État paria. Dans ce cas, le conflit gelé est maintenu dans des conditions où il peut être ravivé à n’importe quel moment si l’équilibre observé est susceptible d’être rompu.
On procède alors à des annonces phares pour déstabiliser le bénéficiaire du changement de l’équilibre de puissance. Ce sont des annonces commandées, comme c’est le cas d’articles commandés pour envoyer un message, ou des éditoriaux qui en disent toujours plus sur un thème que ne le laissent apparaître les deux ou trois paragraphes mis en relief.
La résolution partielle des conflits gelés est une étape incontournable en vue sinon de se débarrasser des acteurs stratégiques intermittents, du moins de juguler leur ardeur et, en cas de résistance, de les neutraliser. Ces courroies stratégiques se répartissent en acteurs majeurs régionaux et en acteurs mineurs-ascenseurs.
Ces acteurs sont courtisés pour (ou instruits de) jouer des rôles pendant une courte période au cours de laquelle leur intérêt national coïncide avec celui des acteurs majeurs internationaux concernés par des questions géopolitiques déterminées dans le temps et l’espace. Une fois que les intérêts ne convergent plus, ils sont priés de faire de l’espace ou de se faire oublier.
Pour que la passation se déroule dans les meilleures conditions, la pratique veut que des primes soient versées pour permettre aux acteurs étatiques impliqués dans les conflits gelés ou aux acteurs intermittents stratégiques de sauver la face. Parmi les primes, il y a la promesse de ne pas être indisposés par leurs partenaires stratégiques, acteurs majeurs qui ferment les yeux sur les questions des droits de l’Homme ou sur les exactions justifiées par la nécessité d’établir de l’ordre.
Car ces acteurs étatiques restent des réserves idéales pour des combats géopolitiques futurs. Ils peuvent dès lors être repêchés pour remplir une mission similaire à celle qu’ils ont jouée dans le passé ou pour se voir assigner une nouvelle mission inscrite dans le registre des crises imprévisibles nécessitant des pompiers de service.
Transition contrôlée et désordre programmé
Or, le revers de la médaille pour ces acteurs-ascenseurs réside dans le fait qu’ils sont condamnés à gérer les mouvements proxy qu’ils ont utilisés dans leur combat pour le contrôle des échiquiers politique et stratégique. Dans quel sens ? Leur servir le même menu de l’illusion étatique ne satisfait plus leurs appétits. La tentative de les lâcher comporte un risque de les voir retourner leurs armes contre leurs commanditaires.
Car, mine de rien, les mouvements agents interposés ont établi des relations en dehors de l’espace dans lequel ils sont logés. Ils ont donc des alliances transnationales qui comprennent des mouvements proxy similaires et des réseaux du crime organisé. Cela rappelle Double Jeopardy, ce jeu de société dans lequel le risque est double et la recherche du Weakest Link (le maillon le plus faible) n’est pas une option salutaire.
Pourquoi ? Parce que les joueurs, acteurs étatiques majeurs dans leur sous-région, demeurent des acteurs mineurs sur le plan international –et donc, ils n’ont plus la main. Pire, les mouvements proxy qu’ils utilisent peuvent être récupérés par les acteurs majeurs internationaux, soit dans le cadre de la mise en œuvre du paradigme des "discontinuités" ou dans le cadre de la relecture du paradigme du désordre créatif.
Quel rapport tout cela avec l’affaire du Sahara marocain ? On a l’embarras du choix en matière de réponses. Premièrement, l’une des parties, sinon la partie la plus directement impliquée dans cette affaire, l’Algérie, est en train de perdre son rôle d’exécuteur direct des manœuvres orchestrées à distance par les anciennes puissances coloniales et leurs alliés dans l’espace euro-africain.
Deuxièmement, le retrait du parapluie, qui a servi de diversion pendant quarante ans, n’est pas destiné à affaiblir cet acteur généreux dans l’exécution de scénarios échafaudés ailleurs. Au contraire, l’objectif est de mettre un peu d’eau dans son breuvage hégémonique. Une série d’actions pour le ramener à une meilleure disposition dans la mesure où ses objectifs et les objectifs de ses commanditaires stratégiques ne convergent plus.
Troisièmement, l’affaiblissement sinon l’anéantissement des bras actifs que cet acteur utilise, depuis deux décennies au moins, dans l’espace sahélo-saharien et au Maghreb vise à lui couper l’herbe sous les pieds. Une stratégie qui est déjà exécutée dans de nombreuses zones-problèmes en Amérique latine, au Moyen-Orient, dans le Caucase du Sud et en Asie centrale.
Quatrièmement, le repêchage de certains acteurs étatiques qui frisent la dislocation totale en leur offrant deux options et rien de plus : Un, qu’ils mettent fin à leur coopération avec (et subordination aux) acteurs qualifiés de paria. Deux, qu’ils contrôlent, s’ils le peuvent, les mouvements intranationaux qui constituent des contre-pouvoirs nuisibles à la stabilité régionale et internationale.
Cinquièmement, le remodelage des alliances asymétriques pour initier une parité stratégique progressive ne vise pas le bouleversement de la hiérarchie des acteurs régionaux. Au contraire, il ambitionne de créer les conditions d’une nouvelle forme d’asymétrie dans laquelle ces acteurs (Maroc et Algérie, dans notre cas) ne seront pas totalement neutralisés.
Sixièmement, le recours à la fois aux méthodes classiques de persuasion, de dissuasion et de chantage pour pousser les acteurs majeurs régionaux à revoir, dans des proportions raisonnables, leurs ambitions géopolitiques régionales.
Dans le cas de l’Algérie, exercer des pressions soutenues pour qu’une certaine forme de transition pacifique soit introduite dans le système politique algérien. La manière dont les dernières élections présidentielles (septembre 2024) ont été décrites et commentées aux États-Unis et en Europe donne une idée précise sur ce que leurs décideurs pensent de la démocratie à l’algérienne.
Dans le cas du Maroc, sortir des épouvantails pour freiner le processus de règlement définitif de la question du conflit régional autour du Sahara confirme la justesse de la cause marocaine. Deux flèches ont été tirées. Un, l’arrêt de la Cour européenne de Justice concernant les accords entre le Maroc et l’Union européenne en matière d’agriculture et de pêche. Deux, le soufflement, encore une fois, de l’idée mort-née du partage du territoire entre le Maroc et le Polisario.
En effet, la manière dont le compte-rendu à huit-clos de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies a été bruité, puis repris insidieusement par l’agence de presse Reuters en dit long sur le chantage que certains pays, ayant reconnu ou soutenu le Plan d’autonomie proposé par le Maroc, entendent exercer pour ne pas perdre au change.
Septièmement, le bras de fer corsé, il y a quelques jours, au sujet du budget de l’UNHCR entre les délégués marocain et algérien à Genève, renforce cette hypothèse. Des pays pourtant connaisseurs des tenants et aboutissants de la question des personnes séquestrées dans les camps de Tindouf ont poussé vers l’adoption du budget en feignant d’ignorer que l’UNHCR n’a pas été en mesure de procéder au recensement de ses personnes en dépit des injonctions du Conseil de sécurité des Nations unies.
Les débats à Genève entrent dans la même logique de prendre le bâton par le milieu et de placer (chantage obligeant ou intérêts géopolitiques expliquant) les acteurs en conflit dans une situation d’interdépendance unilatérale qui évolue au gré du bon vouloir des acteurs internationaux: les vrais décideurs au sein du système international en transition.
En somme, s’il est vrai que le droit international est un auxiliaire de la diplomatie et de la politique étrangère, il est aussi vrai qu’il est utilisé par des planificateurs politiques et militaires occidentaux pour damer le pion à leurs alliés et à leurs adversaires. Il est utilisé surtout dans une seule optique: d’une part, permettre aux parties en conflit, abstraction faite de leurs arguments, de vociférer au sein des organisations régionales et internationales et de l’autre, tirer les ficelles à distance.
Le droit international (ou la communauté internationale), est une expression d’apaisement pour, hypothétiquement, jouer la carte de la paix troublée (S. Hoffmann, 1998) dans un système international galvaudé dans une transition contrôlée et un désordre programmé.
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