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Younes Maamar

Ingénieur, ex DG ONE, ex Banque mondiale.

A la mémoire du petit Rayan, trois propositions pour l'enfance

Le 15 septembre 2022 à 12h34

Modifié 15 septembre 2022 à 12h34

Younes Maamar avait écrit ces lignes après la mort du petit Rayan. Il les publie maintenant, car il s'agit de propositions d'action, maintenant que le buzz est derrière nous.

Vous vous souviendrez d’un soir de février 2022 quand, devant les caméras de la terre entière, mourra le petit Rayan. J’avais écrit ces mots à l’époque mais ai préféré surseoir à leur partage pour éviter qu’ils ne soient noyés par la déferlante voyeuriste du « fast-média ».

Maintenant que le sensationnel est allé sur d’autres buzz, les voici :

Je pense qu’il serait noble d’inscrire cet événement tragique sur le temps long et de faire du drame de cet enfant et de cette famille un point d’inflexion solennelle d’une chose encore plus noble: les droits de l’enfant.

Immense solidarité et communion, immense tristesse dans la tragédie du petit Rayan
Enfants soldats du polisario
Travaux de déblaiement dans le cadre de la tentative de sauvetage du petit Rayan. Images éternelles.

De mon petit prisme de citoyen marocain, père, et que la passion et l’éducation ont engagé sur la chose publique, je veux partager ce vœu qui s’articule sur 3 axes :

Axe 1: Un musée de la mémoire et de la solidarité nationale. Celle qui a fait que ce pays ait déplacé des montagnes pour tenter de sauver un des siens. Toutes ces images qui nous ont hantés, qu’elles soient, sans voyeurisme et avec pudeur, les témoins de la solidarité des Marocains de toutes contrées et qui prit le monde à témoin.

Axe 2. Le Code de l’enfant : Lancer un code de l’enfant qui consoliderait, voire enrichirait les dispositions existantes dans un document unique : droit pénal, droit de la famille, mais aussi droit à l’éducation, etc.

Un code de l’enfant qui regrouperait donc l’ensemble de ces droits et qui seront portés soit par la fondation de la protection de l’enfance ou par une agence nouvelle présente dans les douze régions de notre pays et disposant surtout de moyens (y compris l’auto saisine) pour sensibiliser les acteurs mais aussi pour veiller à la préserver la protection de l’enfance.

Il y a un « alignement des astres » avec plusieurs autres chantiers menés à pas de charge par le Maroc : la couverture médicale généralisée, le préscolaire, mais aussi, étant moi-même en charge d’une association qui œuvre pour la scolarité des petites filles en milieu rural, le droit de l’enfant à un apport calorifique quotidien sain. Ce n’est pas une chose superflue croyez-moi et elle concernerait tant les enfants de familles démunies que les enfants de migrants ou en situation précaire. L’agence en serait l’outil.

Axe 3. Provoquer une conférence internationale sur les droits de l’enfant sous deux prismes d’actualité et sur lesquels le Maroc peut apporter, s’étant exprimé à maintes reprises par la voie de son Souverain : (i) Les droits de l’enfant dans la politique de migration, et (ii) les enfants et la guerre. Les tristes images des parades d’enfants soldats, ou de corps de petits anges échoués sur les plages VIP continuent d’être diffusées, sous la barbe silencieuse donc complice de la communauté internationale.

En ce début de XXIème siècle, « droits de l’homme » rime avec « migrations humaines », lesquelles prennent l’Humanité, dans sa conscience collective, à témoin.

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