Benachaaboun: “Le nombre des fonds de garantie sera ramené de 12 à 2”
En marge de l'université d'été organisée par la CGEM, Mohamed Benchaaboun, Ministre de l'Economie et des Finances a révélé qu'il y a un important travail qui se fait au niveau des Fonds de garantie et a informé son audience sur les premières mesures sur lesquelles il travaille.
« Si j’ai un premier message à passer aujourd’hui c’est de dire : faisons-nous confiance pour aller de l’avant et je peux vous dire très concrètement quelles sont les mesures à court termes que nous pouvons mener pour asseoir cette confiance et apporter un certain nombre de réponses concrètes à des nœuds gordiens installés depuis un certain temps ». Les propos sont ceux de Mohamed Benchaâboun, nouveau ministre de l’économie et des finances adressés à un parterre de dirigeants et d’hommes d’affaires lors de l’université d’été de la CGEM .
Pour Benchaâboun trois sujets sont en haut de la liste de ses priorités :
- La problématique du crédit de la TVA
- Les délais de paiement
- L’accès au financement de manière générale et plus particulièrement pour la TPE et la PME.
Il évoque également un ensemble de mesures à même de favoriser l’amélioration du climat d’investissement dans son ensemble :
- La facilitation des procédures de manière générale
- La réduction des délais de traitements des dossiers
- La transparence dans la relation à l’entreprise
- Un recours massif à l’utilisation des technologies d’informations
Pour le ministre il y a certains sujets qu’il ne faut plus évoquer à l’avenir comme le crédit TVA. « Nous prenons l’engagement de payer tout le passif et de respecter les conditions qu’il y a dans les textes actuels à savoir le remboursement dans les délais réglementaires », promet-il à son auditoire.
Sur les délais de paiement, le ministre se veut un peu plus prudent en apportant plus d’explications que de promesses. « La problématique des délais de paiement est un sujet important car il pompe les liquidités des entreprises ce qui peux les mener à la faillite. Sur ce dossier il faut différencier l’Etat et les collectivités locales d’un côté et les EEP de l’autre », avance-t-il.
Et d’ajouter, « si pour les premiers, après examen des dossiers, on peut rapidement trouver les solutions, pour les EEP la problématique est plus complexes. Certains établissements ont besoin simplement d’améliorer leur système de gestion pour que les délais de paiement soit amélioré. Donc nous avons mis en place un mécanisme qui permet d’assurer le monitoring de ces délais de paiement et une surveillance de près plus rigoureuse que par le passé ».
« En revanche, il y a certains EEP qui sont dans une situation de trésorerie compliquée et qui ont besoin d’engager des réformes en profondeur pour pouvoir dépasser la situation », admet-t-il.
Le ministre évoque également la question du partenariat public-privé (PPP). « Nous avons besoin d’accélérer le recours au PPP pour ne pas inhiber le rythme d’investissement du public. Pour cela, dans les semaines à venir, nous allons examiner en conseil du gouvernement des modifications de ce texte qui permettent davantage de souplesse », confie-t-il.
Mais là où le ministre révèle des mesures concrètes et quasiment actée c’est au sujet du financement de la PME-TPE. Deux points sont annoncés :
- Un small business act pour la PME : « il faut préparer pour la PME, de par la loi, pour lui permettre d’avoir un cadre beaucoup plus favorable que ce qui existe », assure le ministre. « L’équivalent de ce qui peut être un Small Business Act, une loi qui rassemble toutes les mesures qui concerne la PME. Je pense à l’accès à la commande publique mais aussi à tous les mécanismes que l’on peut mettre en place pour l’accès au financement », confie-t-il.
- Une simplification des mécanismes de garanties : « l'idée est de simplifier les fonds de garantie pour plus de lisibilité et pour qu'ils soient plus utilisés par les entreprises et les banques. On compte réduire leur nombre de 12 à 2", explique-t-il. Le premier fonds de garantie aura pour mission le financement de la trésorerie et les besoins en fonds de roulement et le second servira pour l'investissement. « Il y aura un certain nombre de conditions qui seront favorables chaque fois que la gouvernance est améliorée. L’appréciation de la gouvernance ne se fera pas par l’Etat mais elle sera confiée à des auditeurs externes », ajoute le ministre.
- Financement d’une catégorie de TPE exclue : "On essaiera également d'adresser toute la tranche de la TPE qui n'est financée ni par les banques ni par le système des associations de microcrédit, et ce par un nouveau mécanisme qui sera mis en place avec la Caisse centrale de garantie", confie-t-il. « J’ai demandé la modification de la loi pour qu’on relève ce plafond du financement des associations de microcrédit (50.000 dhs) de pour que ces TPE puissent être accéder au financement. Et la CCG va intervenir pour permettre des taux réduit », assure-t-il.
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