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ECONOMIE

Pourquoi la forte croissance de 2026 ne durera pas

Après 4,8% attendus cette année, l’économie marocaine ne progresserait plus que de 3% en 2027, selon le haut-commissariat au Plan. Un coup de frein qui viendrait surtout du retour à une campagne agricole moyenne, alors même que les activités non agricoles accéléreraient et que l’investissement resterait soutenu. Explications.

Le HCP prévoit une croissance de 3% en 2027
Le HCP prévoit une croissance de 3% en 2027
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Le 20 juillet 2026 à 15h43 | Modifié 20 juillet 2026 à 18h23

L’essentiel

  • Selon le haut-commissariat au Plan (HCP), la croissance de l’économie marocaine devrait ralentir à 3% en 2027, après 4,8% en 2026.
  • Ce recul s’expliquerait surtout par la baisse de l’activité agricole après une campagne 2025-2026 exceptionnellement favorable.
  • L’économie non agricole devrait au contraire accélérer, portée par l’industrie, les services, le tourisme, les transports et les grands projets d’infrastructure.
  • La consommation et l’investissement continueraient de soutenir l’activité, mais avec moins de vigueur qu’en 2026.
  • En 2027, le déficit courant ne se réduirait que légèrement, à 3,6% du PIB, tandis que la dette publique resterait proche de 76% du PIB.

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Les détails

L’économie marocaine devrait enregistrer, selon les prévisions du HCP, une croissance de 3% en 2027, après 4,8% attendus en 2026.

Ce ralentissement s’expliquerait principalement par le retournement possible voire probable, de l’activité agricole après une campagne agricole 2025-2026 exceptionnelle, mais aussi par l’essoufflement de la demande intérieure. La progression de l’investissement et de la consommation des ménages devrait en effet perdre de la vigueur, tandis que les activités non agricoles gagneraient, au contraire, en dynamisme.

Ces chiffres restent toutefois conditionnés par plusieurs hypothèses, avec un degré d’incertitude naturellement plus élevé pour 2027. Pour 2026, le HCP dispose déjà des comptes nationaux du premier trimestre, ainsi que d’indicateurs conjoncturels permettant de mieux cerner la trajectoire de l’économie à ce stade de l’année.

En revanche, la prévision pour 2027 dépend davantage d’hypothèses concernant notamment la campagne agricole, l’évolution de la demande extérieure, les prix internationaux et l’orientation de la politique budgétaire.

Le recul agricole pèserait sur la croissance en 2027

La baisse de la croissance à 3% s’expliquerait d’abord par un fort effet agricole. Après une progression exceptionnelle attendue de 19,1% en 2026, la valeur ajoutée agricole reculerait de 6,8% en 2027.

Il ne s’agirait pas nécessairement d’une mauvaise campagne. Le HCP retient plutôt l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne après une campagne agricole 2025-2026 exceptionnellement favorable.

En raison de cet effet de base, la valeur ajoutée agricole pourrait reculer tout en restant supérieure à son niveau de 2025. L’agriculture cesserait ainsi de soutenir la croissance et contribuerait au ralentissement du PIB en 2027.

Le ralentissement attendu en 2027 est donc en grande partie mécanique. En 2026, la croissance serait fortement tirée par le rebond des récoltes après plusieurs années difficiles. Ce moteur disparaîtrait l’année suivante. Une croissance agricole proche de 20% est, par nature, difficile à reproduire deux années de suite.

Cela signifie aussi que le taux de 4,8% attendu en 2026 ne correspond pas forcément à un nouveau rythme structurel de l’économie marocaine. Il est largement soutenu par un secteur qui dépend encore fortement de la pluviométrie.

Une bonne campagne peut relever rapidement la croissance nationale. Une campagne moyenne suffit ensuite à provoquer un ralentissement visible, même lorsque le reste de l’économie continue d’avancer.

La croissance des activités non agricoles devrait passer de 3,3% en 2026 à 4,2% en 2027. L’industrie, le bâtiment, les transports, le commerce, le tourisme et les autres services devraient bénéficier de la poursuite des investissements et du développement des infrastructures. Le secteur secondaire se redresserait après avoir été affecté en 2026 par le renchérissement de l’énergie et de plusieurs intrants.

Cependant, malgré une progression de 4,2% du PIB non agricole, qui représente près de 90% de l’économie et apporterait environ 3,8 points de croissance, le repli du secteur primaire, largement déterminé par l’agriculture, en retrancherait 0,8 point. La croissance globale ressortirait ainsi à environ 3% en 2027.

Évolution des principaux indicateurs macroéconomiques

La demande intérieure continuerait de soutenir l’activité en 2027, notamment grâce aux grands projets d’investissement. Cette impulsion serait toutefois moins forte.

La croissance de l’investissement brut ralentirait de 9,5% en 2026 à 4,8% en 2027, tandis que sa contribution à la croissance passerait de 3,2 à 1,7 point. L’investissement continuerait donc d’augmenter, mais apporterait 1,5 point de croissance de moins qu’un an auparavant.

Même si l’investissement restait soutenu, une partie de son effet sur l’activité nationale serait absorbée par les importations. Les grands projets nécessitent en effet des machines, des équipements et des intrants qui ne sont pas toujours produits localement.

Les importations continueraient donc de croître plus rapidement que les exportations, de sorte que le commerce extérieur continuerait de peser sur la croissance et maintiendrait le déficit courant à un niveau élevé. Celui-ci ne se réduirait que légèrement, de 3,9% du PIB en 2026 à 3,6% en 2027, malgré la détente attendue des prix de l’énergie et le soutien des recettes touristiques et des transferts des Marocains résidant à l’étranger.

Cette situation pose la question du contenu national de la croissance. Un taux d’investissement élevé ne garantit pas, à lui seul, une forte création de valeur et d’emplois. Son effet dépend de la part des dépenses captée par les entreprises locales et de la capacité des projets à accroître durablement la productivité, les exportations et l’activité privée.

Par ailleurs, les finances publiques s’amélioreraient, mais de façon limitée. Le déficit budgétaire reculerait de 3,4% du PIB en 2026 à 3,2% en 2027, tandis que la dette publique globale resterait proche de 76% du PIB.

Voici les prévisions du HCP pour les principaux agrégats macroéconomiques en 2026 et 2027 :

Pourquoi la forte croissance de 2026 ne durera pas

 

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Le Budget économique exploratoire est un cadrage macroéconomique élaboré avant la préparation de la loi de finances. Le HCP y révise ses prévisions pour 2026 et établit un premier scénario pour 2027 afin d’éclairer les choix du gouvernement.

Arrêtées au 10 juillet 2026, ces projections reposent sur plusieurs hypothèses macroéconomiques, dont :

  • une production céréalière moyenne au titre de la campagne agricole 2026-2027 ;
  • la reconduction en 2027 de la politique budgétaire en vigueur ;
  • un ralentissement de la demande extérieure adressée au Maroc en 2026, suivi d’une reprise en 2027 ;
  • une hausse des cours internationaux des matières premières en 2026, avant une détente en 2027 ;
  • une évolution progressive vers un apaisement des tensions au Moyen-Orient.

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Tags : croissance, HCP
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Le 20 juillet 2026 à 15h43

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