Jouahri présente le rapport annuel de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI
Le Roi Mohammed VI, accompagné du Prince héritier Moulay El Hassan, a reçu, le lundi 20 juillet 2026 au palais royal à Tétouan, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, qui a présenté au Souverain le rapport annuel de la Banque centrale.
Dans son allocution devant le Souverain, Abdellatif Jouahri a indiqué que, dans un environnement international marqué par la succession des chocs et la persistance des incertitudes, l’économie nationale a poursuivi son amélioration en 2025, avec une croissance de 4,9 %, soutenue notamment par l’effort important en matière d’investissement. Malgré cette accélération du rythme de l’activité, l’inflation est restée modérée, ne dépassant pas 0,8% en moyenne, a-t-il précisé.
S’agissant de la politique monétaire, Abdellatif Jouahri a rappelé que Bank Al-Maghrib a maintenu une orientation accommodante, abaissant le taux directeur à 2,25%, tout en continuant à satisfaire l’intégralité des demandes de liquidité exprimées par les banques et en intensifiant les efforts pour faciliter l’accès de la Très Petite Entreprise au financement.
Sur le marché du travail, il a relevé que le raffermissement de la croissance a permis une augmentation des créations d’emplois, qui a été, toutefois, insuffisante pour enclencher un fléchissement palpable du chômage qui s’est établi à 13%.
Concernant les finances publiques, il a affirmé que le déficit budgétaire a poursuivi sa diminution pour s’établir à 3,5% du PIB, grâce notamment à la bonne performance des recettes fiscales et aux recettes importantes des mécanismes de financement innovants.
Sur le plan des comptes extérieurs, Abdellatif Jouahri a indiqué que le déficit courant est demeuré contenu, soutenu notamment par les recettes de voyages, les transferts des Marocains résidant à l’étranger, ainsi que par les exportations de phosphates et dérivés et du secteur aéronautique. Il a ajouté que, globalement, les avoirs officiels de réserve de Bank Al-Maghrib se sont renforcés pour atteindre 443 milliards de dirhams, soit l’équivalent de près de cinq mois et demi d’importations.
Dans l’ensemble, ces évolutions laissent conclure que l’élan que connaît l’économie nationale se poursuit, renforçant l’espoir, selon Abdellatif Jouahri, de l’émergence économique et sociale dans les années à venir. Toutefois, la réalisation d’un tel objectif suppose, au-delà de la poursuite de l’amélioration du rythme de croissance, une meilleure répartition de ses retombées.
À cet égard, il a souligné qu’au cours des dernières années, un décalage a été observé entre les performances économiques objectivement mesurées et le ressenti des citoyens, un phénomène mondial attribuable à plusieurs facteurs.
Il a fait observer que, dans le cas du Maroc, ce décalage s’explique principalement par le fait que l’emploi n’a pas encore connu l’amélioration prévue, estimant qu’outre la poursuite de la mise à niveau du système d’éducation et de formation, cette situation appelle à renforcer les effets d’entraînement de l’investissement tout en poursuivant les réformes structurelles pour en optimiser le rendement, et à favoriser une implication accrue du secteur privé afin d’en assurer la durabilité.
Il a ajouté que ce décalage entre performances et perceptions trouve son origine également dans le niveau des inégalités sociales, rappelant, à cet égard, la mise en garde par le Souverain, dans Son discours du Trône de 2025, qu’"il n’y a de place, ni aujourd’hui, ni demain pour un Maroc avançant à deux vitesses".
Abdellatif Jouahri a estimé que cette réalité, malgré les ressources conséquentes allouées au soutien social, nécessite un ciblage plus fin au profit des segments les plus vulnérables de la population.
Il a, en outre, relevé que la rationalisation des ressources s’impose aussi comme un impératif pour renforcer les marges de manœuvre budgétaires, compte tenu du niveau élevé des dépenses incompressibles et des conséquences attendues de la réforme des régimes de retraite, désormais inévitable. À ce titre, il a insisté notamment sur la nécessité de procéder à des revues régulières des dépenses et d’accélérer la réforme de la loi organique des finances.
Sur un autre plan, le wali de Bank Al-Maghrib a indiqué qu’au regard des perturbations récurrentes des chaînes d’approvisionnement mondiales de plusieurs produits de première nécessité, l’application des instructions royales énoncées dans le discours d’octobre 2021, concernant la constitution d’une réserve stratégique de ces produits, s’impose comme une nécessité permettant de passer d’une approche curative à une autre préventive.
Dans le même sens, il a souligné que l’accélération de la transition énergétique permettrait de réduire la dépendance extérieure et de préparer les exportateurs marocains pour faire face à la tendance à l’instauration de normes climatiques par plusieurs partenaires commerciaux du Royaume.
Il a également indiqué qu’au vu des implications du changement climatique sur les ressources hydriques, leur gouvernance, en particulier leur valorisation, mérite désormais de figurer parmi les priorités de la politique publique.
S’agissant du chantier de la régionalisation avancée, il a affirmé qu’il a connu un élan notable depuis le discours du Roi en 2024, et que pour en consolider la dynamique, il faudrait mobiliser les compétences nécessaires afin d’accélérer son aboutissement et favoriser l’émergence de pôles économiques régionaux et l’atténuation des inégalités territoriales.
Abdellatif Jouahri a conclu en soulignant que la consolidation durable des avancées importantes réalisées par le Maroc exige que la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes se poursuive à tous les niveaux, dans le cadre d’une approche garantissant la cohérence des interventions et leur efficience, sous la conduite de l’Institution monarchique, l’atout majeur du Royaume, force d’impulsion et d’initiative.
Abdellatif Jouahri a, à cette occasion, remis au Roi Mohammed VI le rapport annuel de la Banque centrale sur la situation économique, monétaire et financière au titre de l’exercice 2025, ainsi qu’une pièce de monnaie commémorative en or massif émise par Bank Al-Maghrib en célébration du 1ᵉʳ anniversaire de "Aïd al-Wahda".
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