Santé : lancement effectif du groupement sanitaire territorial Casablanca-Settat
Réuni le mercredi 10 juin à Casablanca sous la présidence de Aziz Akhannouch, le premier conseil d’administration a adopté le programme d’action et le budget 2026 de cette nouvelle structure, appelée à piloter une offre publique de soins qui compte 376 établissements de santé primaire et près de 4.943 lits dans la région la plus peuplée du Royaume.
Le chef du gouvernement a présidé, le mercredi 10 juin 2026 à Casablanca, les travaux du premier conseil d’administration du groupement sanitaire territorial (GST) de la région Casablanca-Settat.
Il s’agit du sixième conseil du genre au niveau national, après la tenue des conseils d’administration des GST des régions Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Rabat-Salé-Kénitra, Souss-Massa, Laâyoune-Sakia El Hamra et Fès-Meknès, dans le cadre de la poursuite de la mise en œuvre du chantier de réforme du système national de santé et de la généralisation du modèle des groupements sanitaires territoriaux sur l’ensemble des régions du Royaume, conformément aux directives royales.
Aziz Akhannouch a souligné, lors de cette réunion, que la tenue de ce conseil s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des directives royales visant à asseoir un système de santé de plus grande proximité, offrant une meilleure qualité de prestations et garantissant une plus grande équité.
Il a affirmé que le renforcement de la gouvernance régionale du secteur de la santé constitue un choix stratégique pour le gouvernement et un fondement essentiel de la réforme du système national de santé, de manière à accompagner le chantier de la généralisation de la protection sociale et de la couverture médicale globale.
Le chef du gouvernement a relevé à cet égard que ce conseil d’administration ne constitue pas seulement une étape formelle permettant d’adopter des résolutions, mais un moment d’orientation stratégique visant à ériger la région Casablanca-Settat en modèle pour la mise en œuvre sur le terrain de la réforme de la santé, à faire du centre hospitalier universitaire (CHU) un vecteur de développement et à consacrer l’accès de proximité aux soins comme un droit effectif du citoyen, l’équité territoriale constituant un critère fondamental de réussite.
Une gouvernance régionale pour piloter la réforme
Au cours de cette réunion ont été présentés et débattus le programme d’action du groupement sanitaire territorial, le projet de budget au titre de l’exercice 2026, ainsi que les projets de résolutions nécessaires au lancement des activités du groupement.
Ces projets ont tous été adoptés, ce qui pose les fondements pratiques d’une gestion régionale intégrée de l’offre de santé, basée sur la planification, la coordination et l’amélioration de la qualité de prise en charge des citoyennes et des citoyens.
Le programme d’action du groupement repose sur la mise en place des fondements d’une gouvernance régionale efficiente, l’encadrement de la période de transition, la poursuite de la mise à niveau des infrastructures de santé, l’organisation des parcours de soins, le renforcement de la complémentarité entre les établissements de soins de santé primaire et les hôpitaux provinciaux, régionaux et le CHU, afin d’améliorer le parcours de soins du patient et de rapprocher les prestations de santé des citoyens.
Ibn Rochd et le futur CHU au cœur du dispositif
La réunion a également été l’occasion de mettre l’accent sur le rôle central du CHU Ibn Rochd de Casablanca, en tant qu’institution nationale de référence en matière de soins spécialisés et de haute spécialisation, et comme espace majeur pour la formation, la recherche scientifique et l’innovation médicale. Elle a aussi permis de souligner la nécessité d’accompagner ce rôle par le développement de l’offre hospitalière universitaire au niveau de la région, en phase avec les besoins et attentes de la population.
Le conseil a acté l’importance de lancer le projet du nouveau complexe hospitalo-universitaire de Casablanca, afin de renforcer l’offre publique de soins dans la région Casablanca-Settat, d’améliorer l’accès aux services de santé et d’élever la qualité de la prise en charge des citoyennes et des citoyens.
Il a souligné le caractère structurant du futur CHU de Casablanca, en tant que projet de nature à renforcer l’offre publique de soins de référence, à augmenter la capacité d’accueil et à répondre de manière durable à la pression sanitaire croissante dans la région Casablanca-Settat.
L’importance des ressources humaines en santé a également été soulignée, en tant que fondement essentiel pour la réussite de cette transition, à travers la mobilisation des compétences médicales, infirmières et administratives, l’amélioration des conditions de travail et le renforcement de la formation, dans le sens d’un accompagnement effectif des besoins des établissements de santé au sein de la région.
L’accent a par ailleurs été mis sur le rôle central des établissements de soins de santé primaire dans le nouveau modèle, en tant que premier point d’accès au système de santé, levier essentiel de prévention, de diagnostic précoce, de suivi des maladies chroniques et de consécration de la médecine de la famille, ce qui permet d’alléger la pression sur les hôpitaux et de rapprocher les prestations des citoyens.
L’importance de l’accompagnement de ce chantier par la transition numérique a aussi été soulignée, en tant que levier pour la simplification des procédures, l’amélioration de la coordination entre les établissements de santé et la facilitation du parcours de soins du patient au sein de la région.
Une région sous forte pression sanitaire
La région Casablanca-Settat revêt une importance particulière dans ce chantier national au regard de sa dimension démographique et stratégique, avec plus de 7.688.000 habitants, soit 21% de la population du Royaume, avec un taux d’urbanisation élevé et une pression croissante sur les prestations de santé, particulièrement au niveau des établissements hospitaliers majeurs et de référence.
La région dispose d’une importante offre en santé publique, avec 376 établissements de santé primaire et un réseau d’hôpitaux universitaires, régionaux, provinciaux et de proximité d’une capacité d’accueil de quelque 4.943 lits.
Le poids de la demande et la diversification des besoins en santé au niveau de la région imposent cependant la transition vers une gestion plus coordonnée et plus efficiente, garantissant la complémentarité en termes de prestations entre les différents niveaux de prise en charge.
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