À Casablanca, une page se tourne dans une partie de l'ancienne médina
Les engins de chantier se sont tus, laissant place à un silence saisissant. Dans les secteurs de Mouha Ou Saïd et d’An-Nazala, les démolitions sont désormais achevées. Ce vide immense donne la mesure du projet de l’avenue Royale, entre mémoire des lieux, relogement des habitants et recomposition du cœur de Casablanca.
La zone est aujourd'hui totalement métamorphosée. Là où se dressaient des habitations denses et des commerces de proximité, s'étend désormais une esplanade à ciel ouvert. Au loin, la disparition des anciennes bâtisses laisse apparaître, comme un nouveau repère visuel, la silhouette de la mosquée Hassan II.
On ne saurait regarder ces images sans une pensée pour les familles qui ont habité ces lieux pendant des générations. Quitter un foyer, abandonner une ruelle chargée de souvenirs et de liens sociaux est un déracinement que l'ensemble des Casablancais observe avec une réelle émotion.
Mais pour beaucoup, ce départ vers de nouveaux logements au quartier Nassim représente l’espoir d’une vie plus digne et plus sûre, loin de l'insalubrité, même si le cœur reste attaché aux pierres du passé. C'est un équilibre fragile entre la nostalgie d'une mémoire collective et la promesse d'un avenir meilleur.
L'objectif final de cette percée est de faire respirer Casablanca. Le projet de l’avenue Royale doit devenir ce trait d’union entre le centre historique et la mer, un espace où la modernité vient s’appuyer sur les fondations de la vieille ville.
Aménagée sur un vaste parc urbain d’environ 47 hectares, la future avenue est conçue comme un poumon vert au centre de la ville. L’objectif est d'améliorer le cadre de vie des habitants et de renforcer l’attractivité touristique et économique de Casablanca, en créant un axe structurant reliant la façade maritime au centre administratif.
Doté d’un budget estimé à près de 2 milliards de dirhams, le chantier mobilise plusieurs acteurs publics, notamment la commune, la wilaya et des sociétés d’aménagement. Sa réalisation devrait s’étaler jusqu’à l’horizon 2029-2030.
À terme, l’avenue Royale devrait accueillir des espaces verts, des équipements culturels, ainsi que des activités commerciales et de loisirs, dans un cadre architectural modernisé. Si elle promet de redessiner le visage du centre-ville, sa réussite dépendra autant de la qualité de son aménagement que de l’accompagnement des habitants concernés par cette transformation urbaine.
En infographie, les détails des projets de l’avenue Royale et du quartier Nassim à Casablanca
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