Inondations dans le Gharb et le Loukkos : l'ampleur des dégâts agricoles vue du ciel
Vues du ciel, les plaines du Gharb et du Loukkos portent encore les stigmates des crues. Le point sur la situation de ces régions agricoles à l'heure où les eaux se retirent.
À la suite du retour des habitants de Ksar El Kébir et du Gharb, l'ampleur des dégâts causés par les inondations sur les terres agricoles devient évidente. Les bassins du Loukkos et du Gharb, véritables greniers alimentaires du pays, ont été durement touchés, en particulier le secteur du maraîchage.
Vues du ciel, les pertes subies par les agriculteurs sont très lourdes, d'autant qu'elles interviennent à une période cruciale du calendrier agricole. Celles-ci devront être palliées par les aides agricoles récemment annoncées pour les zones sinistrées.
Ce lundi 23 février, la situation dans le Gharb et le Loukkos tend à revenir à la normale avec la décrue progressive des eaux, même si de grandes superficies demeurent encore noyées sous les eaux de crue.
Cette amélioration graduelle a été rendue possible par l'accalmie météorologique qui prévaut depuis plusieurs jours sur une grande partie du Maroc, et tout particulièrement dans la région Nord.
Situation des terres agricoles dans le Gharb : entre décrue et superficies encore noyées
L’inondation de l'oued Sebou a impacté de larges superficies agricoles correspondant à la zone de retour historique des crues. Dans les communes de Mograne, Ameur Chamalia et Rmilat, qui se situent au sud de Mechraa Belksiri, la grande surface d’eau commence à libérer les terres agricoles.
De même, dans les communes de Mnasra et Beni Mansour, situées au nord de Kénitra, une zone inondée persiste à ce jour, mais continue de régresser en raison de l’amélioration des conditions météorologiques.


À El Houafate, constituant la partie ouest de la zone de retour de crue historique du Sebou, l’eau a libéré la majorité des surfaces précédemment inondées, laissant de vastes étendues argileuses.
Plus au nord, une dizaine de parcelles agricoles ont été touchées dans la région de Moulay Bousselham, où la filière des fruits rouges se développe, en raison des inondations dans le canal de Nador et l'oued Deradar.

Dans le Loukkos, des dégâts limités comparés à ceux du Gharb
Dans le bassin du Loukkos, l'inondation a touché une superficie plus restreinte que dans le Gharb, principalement localisée sur les parcelles riveraines de l'oued. Même constat, les zones inondées régressent et se limitent dans des zones d’étangs historiques, notamment dans la région de Rissana.


Au niveau des communes de Rissana Janoubia et Souaken, les terres agricoles situées en bordure immédiate de l'Oued Loukkous ont été les plus exposées.
Dans la commune de Ksar Bjir, les surfaces impactées se concentrent au sud de la ville de Ksar El Kebir, où elles représentent une superficie estimée à au moins 800 hectares. À proximité de l'usine de sucre de Ksar El Kebir, sur le territoire de la commune de Zouada, une zone inondée d'ampleur notable persiste, englobant encore une dizaine de parcelles agricoles.

Du côté de Larache, l'amélioration des conditions météorologiques a permis une décrue rapide. L'oued Loukkous, en se rétractant vers son lit mineur, a considérablement réduit l'emprise des eaux, libérant ainsi de nombreuses surfaces.


Dans les barrages Oued Makhazine et Al Wahda, la situation retourne progressivement à la normale
Parallèlement à l’amélioration des conditions météorologiques, le niveau du barrage d'Oued El Makhazine, dont le taux de remplissage avait auparavant dépassé 140 % de sa capacité totale, a commencé à baisser. La comparaison des images satellites entre le 1ᵉʳ et le 22 février 2026 montre une chute de son niveau de quelques mètres. En effet, en amont du barrage, le débit est retombé à moins de 50 m³/s à partir du 15 février dernier, avant de se réduire considérablement.
Évolution barrage Oued Makhazine entre 1 février 2026 et 22 février 2026

De même, le niveau du barrage d'Al Wahda a également diminué de quelques mètres. Ce grand réservoir stocke actuellement environ 3,2 milliards de mètres cubes, soit 90 % de son volume total.
Dans le Nord, plusieurs barrages ont atteint leur pleine capacité après le récent épisode météorologique. Il s’agit notamment du barrage de Dar Khroufa (au nord de Ksar El Kébir) qui stocke actuellement 479 millions de mètres cubes, du barrage de Kharoub (au sud de Tanger) avec 185 millions de mètres cubes, et du barrage Acharrif Al Idrissi (aux environs de Tétouan) qui retient 121 millions de mètres cubes.


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