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Hôpital Hassan II d’Agadir : sit-in contre la dégradation des soins, un plan de réhabilitation de 200 MDH en projet

Avec des accusations de décès suspects, d'urgences saturées et de pénurie d’équipements, les manifestants donnent un mois aux autorités pour agir. La direction régionale promet un plan de réhabilitation de 200 millions de DH.

Hôpital Hassan II d’Agadir : sit-in contre la dégradation des soins, un plan de réhabilitation de 200 MDH en projet
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Le 15 septembre 2025 à 18h32 | Modifié 15 septembre 2025 à 19h00

Le dimanche 14 septembre dans l'après-midi, un nouveau sit-in de protestation a été organisé devant le Centre hospitalier régional (CHR) Hassan II d'Agadir, le deuxième du genre, organisé par des centaines de citoyens et des représentants de la société civile.

Ils dénoncent ce qu'ils ont qualifié de "dégradation des services de santé, de surpopulation et de retards des rendez-vous médicaux", ainsi que ce qu'ils considèrent comme une "négligence ayant causé des décès qui auraient pu être évités".

Les manifestants ont brandi des slogans exigeant justice pour les patients, l'amélioration des conditions d'accueil à l'hôpital et la mise à disposition d'équipements et de personnel médical suffisants. Ils ont affirmé que la situation sanitaire dans la région "a atteint un point intolérable et nécessite une intervention urgente du ministère de la Santé".

Selon des sources parmi les manifestants, leur rassemblement répond à des "appels répétés de la population du Grand Agadir, qui a exprimé son mécontentement face aux retards des interventions médicales et à la souffrance quotidienne liée à des rendez-vous chirurgicaux s'étalant sur des mois, face à un manque criant de ressources humaines et d'équipements".

Au cœur de cette colère figure également un événement tragique. "L’étincelle, ce fut la mort de huit femmes en une seule semaine à la maternité", a déclaré à Médias24 Reda Taoujni, activiste et figure de la société civile, présent parmi les manifestants. "Elles sont venues pour accoucher. On soupçonne qu'un lot d'anesthésiant n'a pas respecté la 'chaîne du froid'. Pour compenser son inefficacité, on aurait augmenté les dosages et elles en sont mortes", accuse-t-il.

Mais ce drame, selon lui, n'est que le symptôme d'une défaillance bien plus profonde, illustrée par des conditions d'accueil qu'il juge indignes. "Des urgences 'sans Bétadine, sans pansements, sans seringues", lance-t-il.  L'absurdité atteint son paroxysme lorsque les patients doivent eux-mêmes subvenir aux besoins les plus élémentaires du corps médical.

Face à ce qu'il perçoit comme un "silence assourdissant" des autorités à la suite des décès, Reda Taoujni a utilisé les réseaux sociaux pour mobiliser. "J’ai fait une vidéo et j’ai appelé à une manifestation pacifique. La première fois, nous étions trente. Cette fois, nous étions plus de 2.000", affirme-t-il. "Chacun portait son histoire, sa tragédie personnelle : un père perdu, une femme, un fils… C’est le cumul de toutes ces souffrances qui nous a réunis".

Les images sur les vidéos montrent, à première vue, un chiffre moins élevé de manifestants.

Les manifestants ont accordé un délai d’un mois aux autorités sanitaires pour améliorer la situation de l'hôpital, faute de quoi une nouvelle mobilisation sera organisée. "Si la situation change, nous les applaudirons. Mais si rien n'est fait, nous reviendrons et nous organiserons une autre manifestation".

Les revendications au cœur de la colère

Un communiqué a été distribué lors de la manifestation, dont les passages les plus marquants dénoncent une situation jugée critique et dans lequel les manifestants exigent des "services de santé publics, gratuits et de qualité", ainsi qu'une augmentation du budget de la santé pour atteindre les normes de l'Organisation mondiale de la santé (12% du budget), financée par "une taxe suffisante sur la richesse du Maroc ".

Le tract se conclut par ce slogan : "Notre santé est plus importante que leurs profits. Par l'unité et la solidarité, ce que nous voulons, nous l'aurons".

À l'issue de leur mouvement, les manifestants ont réitéré leur appel au gouvernement pour accélérer la mise en œuvre des réformes, allouer des ressources supplémentaires à l'hôpital Hassan II et hâter l'ouverture du Centre hospitalier universitaire (CHU) d'Agadir.

200 MDH pour réhabiliter et agrandir l'hôpital

La veille du sit-in, le samedi 13 septembre, Lamia Chakiri, directrice régionale du ministère de la Santé et de la protection sociale de la région Souss-Massa, a organisé une conférence de presse.

L'essentiel de sa sortie médiatique n'était pas la question des décès de la maternité, mais plus globalement les contraintes et le contexte dans lequel opère le CHR.

Concernant le service de maternité, qui fut au cœur de nombreuses plaintes, elle n'a pas démenti les décès. Après avoir présenté ses condoléances, elle a souligné que ce chiffre avait personnellement préoccupé le ministre, qui a donné ses instructions pour "la formation d'une commission centrale spécialisée afin d'analyser en détail les causes de ces décès".

Elle a déclaré qu'on ne pouvait nier l'existence d'un ensemble de contraintes, mais qu'il était important de les replacer dans leur contexte.

Lamia Chakiri a dans ce sens expliqué que cet hôpital régional, qui a ouvert ses portes en 1967 avec quasiment la même infrastructure et la même capacité d'accueil, assume aujourd'hui de multiples fonctions qui dépassent son cadre initial, agissant comme hôpital provincial, et même universitaire depuis 2017, ce qui lui impose une pression énorme et croissante.

Elle a révélé par les chiffres l'ampleur de cette pression : le service des urgences a accueilli à lui seul, au cours des six premiers mois de 2025, un total de 63.000 patients, soit une moyenne quotidienne de 150 à 250 cas.

La directrice régionale a souligné que les solutions incluent la mise en œuvre d'une vision stratégique pour élargir l'offre de soins. Elle a rappelé la signature d'une convention de partenariat de 200 millions de DH pour réhabiliter et agrandir l'hôpital, précisant que les travaux commenceraient "dans les prochains jours".

En outre, Lamia Chakiri a mentionné le lancement de plusieurs projets, dont la construction de nouveaux hôpitaux de proximité à Ouled Berhil, Taliouine et Tafraout, et de nouveaux hôpitaux à Taroudant et Aït Melloul pour alléger la pression sur les structures existantes.

La responsable a réaffirmé que l'objectif ultime de tous ces efforts est de "préserver la dignité du citoyen marocain" et de garantir son droit à l'accès à des services de santé de qualité, insistant sur le fait que le ministère et les autorités concernées sont mobilisés pour corriger les contraintes et répondre aux aspirations de la population.

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Le 15 septembre 2025 à 18h32

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