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ECONOMIE

Étude PwC. 81% des dirigeants marocains gardent confiance dans l’économie nationale en 2025

La troisième édition marocaine de la Global CEO Survey, menée par PwC auprès de plus de 50 dirigeants issus de secteurs variés, met en lumière un climat d’affaires mêlant confiance et vigilance. En 2025, 81% des dirigeants interrogés se déclarent optimistes quant à l’évolution de l’économie nationale, tandis que 90% restent confiants dans le potentiel de croissance de leur propre entreprise.

Étude PwC. 81% des dirigeants marocains gardent confiance dans l’économie nationale en 2025
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Le 26 mars 2025 à 9h20 | Modifié 26 mars 2025 à 9h56

Dans le cadre de la 28e édition du Global CEO Survey de PwC, menée auprès de plus de 4.700 dirigeants à travers 109 pays, le cabinet de conseil et d’audit a publié sa troisième édition marocaine.

L’étude mobilise plus de 50 dirigeants issus de secteurs économiques variés et représentatifs. La participation féminine s’élève à 20%, un chiffre nettement supérieur à la moyenne mondiale dans le Global CEO Survey qui s’établit à 9%.

Par ailleurs, la moitié des entreprises interrogées comptent moins de 500 collaborateurs, et 65% relèvent du secteur privé.

Confiance élevée, mais prudence accrue

En 2025, les dirigeants marocains maintiennent une forte confiance dans l’économie nationale : 81% d’entre eux se déclarent optimistes, un chiffre en léger recul par rapport aux 90% enregistrés en 2024.

La confiance dans l’économie mondiale diminue également, passant de 58% à 52%. S’agissant de la croissance des entreprises elles-mêmes, les dirigeants marocains se distinguent : 90% se disent confiants ou très confiants dans leur capacité à poursuivre leur développement. Ce niveau dépasse largement les moyennes régionales, notamment au Moyen-Orient (86%) et en Europe de l’Ouest (68%).

Risques perçus : la géopolitique s’impose comme menace prioritaire

Les dirigeants identifient clairement les facteurs pouvant freiner cette dynamique. En 2025, 34% d’entre eux considèrent les conflits géopolitiques comme le risque majeur auquel leur entreprise sera exposée, contre 22% en 2024.

Le changement climatique reste un enjeu de vigilance : 20% des dirigeants se déclarent très exposés à ce risque.

Le risque géopolitique devient ainsi le premier facteur de risque identifié, devant l’inflation, le cyber et le climat.

Le changement climatique, quant à lui, enregistre une progression en termes de perception du risque, alors que les risques liés à l’inflation et à la cybersécurité apparaissent légèrement atténués par rapport à l’année précédente.

Enjeux climatiques : une prise de conscience marquée

Le changement climatique suscite une attention croissante chez les dirigeants marocains. En 2025, 65% se déclarent exposés à ce risque, dont 20% se disent très exposés.

Dans le même temps, 45% des répondants affirment accorder une attention particulière à la conformité avec les réglementations liées à la réduction des émissions carbone.

Ce sujet commence également à générer un impact économique : 30% des dirigeants ayant investi en faveur du climat indiquent que ces efforts se traduisent déjà par une hausse des revenus, notamment via la vente de produits ou de services à moindre impact environnemental.

Le risque cyber, une préoccupation croissante chez les dirigeants

En 2025, 58% des dirigeants considèrent leur entreprise comme exposée au risque cyber : 10% se disent très exposés et 48% modérément exposés.

Ce niveau d’inquiétude dépasse désormais celui associé au changement climatique ou aux tensions géopolitiques.

À l’échelle internationale, cette perception est également marquée : 36% des dirigeants du Moyen-Orient et 27% de ceux d’Europe de l’Ouest s’estiment très exposés au risque cyber.

Trois éléments viennent renforcer cette inquiétude :

  • Le coût mondial de la cybercriminalité a bondi de 50% en deux ans, atteignant 1.000 milliards de dollars, soit un niveau supérieur à celui de la crise des subprimes (945 milliards).
  • Les efforts massifs de digitalisation engagés par les entreprises ont mécaniquement accru leur exposition aux cybermenaces.
  • Pourtant, seulement 2% des entreprises déclarent avoir mis en place l’ensemble des actions clés en matière de cyberrésilience.

IA au Maroc : un fort engouement, mais encore peu exploitée pour la gestion des talents

L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un levier majeur de transformation pour les entreprises marocaines. 71% des dirigeants prévoient de l’intégrer dans leurs processus clés au cours des trois prochaines années, signe d’une forte confiance dans le potentiel de cette technologie.

Ce mouvement est principalement motivé par les gains de productivité attendus via l’automatisation des tâches répétitives, permettant de libérer du temps et d’optimiser l’efficacité opérationnelle.

En revanche, seuls 19% des dirigeants envisagent de recourir à l’IA pour la gestion des effectifs et des compétences.

Ce chiffre reste modeste alors que, dans le monde, plus de la moitié des entreprises comptent automatiser une partie des fonctions RH d’ici 2030.

À l’international, les effets de l’IA sont déjà mesurés : 65% des dirigeants du Moyen-Orient et d’Europe de l’Ouest estiment que l’IA a significativement amélioré l’efficacité de leurs employés au cours de l’année écoulée.

D’un point de vue macroéconomique, PwC anticipe une contribution de 15.700 milliards de dollars de l’IA à l’économie mondiale d’ici 2030, grâce aux gains de productivité, à l’innovation dans les produits et à l’amélioration des services.

Croissance externe et internationalisation

La croissance externe devient un vecteur structurant du développement des entreprises marocaines. Près d’un dirigeant sur deux (47%) envisage une acquisition dans les trois prochaines années, tandis que 39% déclarent avoir réalisé une opération significative au cours des trois dernières années. Cette dynamique s’inscrit dans une logique de renforcement de l’internationalisation.

Les perspectives de croissance à l’étranger ciblent en priorité la France et les États-Unis, cités chacun par 24% des dirigeants. Viennent ensuite l’Espagne, le Sénégal et la Côte d’Ivoire (17%), puis la Chine (12%).

L’Afrique de l’Ouest apparaît ainsi comme une extension naturelle du rayonnement des entreprises marocaines, tandis que l’intérêt pour les marchés matures et asiatiques traduit une stratégie d’expansion diversifiée.

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