Affaire Jerando : les précisions du parquet dans une déclaration à la presse
Le parquet a tenu ce mardi un point de presse sur l’affaire de la famille Jerando. Cinq suspects, dont une mineure, sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation. De nouvelles personnes ont été entendues, mais une seule est poursuivie.
"Complicité d’outrage à une institution constitutionnelle", "complicité d’outrage à une organisation publique", "complicité de diffamation", "complicité de menace" et "outrage à un avocat dans l’exercice de ses fonctions".
Tels sont les chefs de poursuite lancés contre cinq personnes, dont une mineure âgée de "presque 15 ans". C’est ce qu’indique un représentant du parquet, durant un point de presse tenu ce mardi 4 mars au tribunal correctionnel de Aïn Sebaâ.

Selon Jamal Lahrour, substitut du procureur du Roi près ladite juridiction, cette déclaration à la presse vient à la suite du communiqué publié la veille par le parquet dans le but de démentir des "informations erronées diffusées sur certains réseaux sociaux".
L'objectif est de présenter "les faits véridiques", conformément aux "conclusions de l’enquête de la police judiciaire", pour "éclairer l’opinion publique sur les mesures prises dans cette affaire, tout en rappelant pleinement le principe de présomption d’innocence".
L’identité des personnes concernées n’a pas été directement dévoilée par le ministère public. Cela dit, le principal concerné et un membre de sa famille ont réagi à cette affaire à travers des sorties sur les réseaux sociaux et les médias.
Le premier, Hicham Jerando, résidant au Canada, a publié plusieurs vidéos après l’arrestation de ces individus qui sont des membres de sa famille. Le second, un frère de Hicham Jerando, a réagi à travers une déclaration à nos confrères de AlYaoum24, dans laquelle il espère que sa famille bénéficiera des garanties d’un procès équitable.
Les faits reprochés aux suspects
Lors du point de presse, le représentant du parquet a indiqué que ces cinq individus sont "soupçonnés d’être impliqués dans des infractions pénalement répréhensibles". Ils ont été présentés, par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), devant ce parquet.
Cet événement est survenu à la suite d'une plainte "déposée par une femme affirmant avoir été victime, avec sa famille, de diffamation, de menaces et de chantage via des applications de messagerie instantanée, notamment WhatsApp".
Le représentant du parquet poursuit : "À la suite de cette plainte, le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête confiée à la BNPJ, laquelle a recueilli des preuves matérielles et techniques établissant de manière claire l’implication des suspects dans des actes criminels, en complicité avec le suspect principal, un proche des mis en cause, actuellement en fuite à l’étranger".
"Ce dernier a bénéficié de leur aide pour faciliter et commettre ces actes, notamment en lui fournissant des numéros de téléphone marocains et les cartes SIM correspondantes. Ces numéros ont ensuite été exploités par le suspect principal pour créer et installer des applications sur les réseaux sociaux, notamment le numéro de téléphone utilisé pour menacer la plaignante, comme l’ont confirmé les expertises techniques effectuées sur les téléphones saisis", indique-t-on de même source.
"En outre, des preuves ont révélé que les suspects avaient reçu des transferts d’argent de victimes de chantage et de diffamation. Ils ont également assisté le suspect principal dans la modification et le montage de plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux, et dans la diffusion de fausses informations liées à des affaires en cours devant la justice".
Le substitut du procureur du Roi indique même que les investigations ont permis de constater que l’un des suspects, qui est le beau-frère de Hicham Jerando, a demandé à ce dernier de parler d’une affaire précise en prenant le partie d’une personne en particulier (l’employeur du beau-frère).
Concernant la jeune fille mineure qui est la nièce de l’accusé principal, le parquet indique que "les investigations techniques menées par la BNPJ ont établi que le numéro utilisé pour menacer la plaignante avait été activé sur son téléphone".
"De plus, la carte SIM correspondante a été retrouvée en sa possession, ainsi que cinq autres cartes SIM dans sa chambre. Lors de son audition en présence de son tuteur légal, elle a admis avoir installé ces numéros sur son téléphone et les avoir mis à la disposition du suspect principal, qui les a ensuite exploités pour créer et activer des comptes WhatsApp et des profils sur les réseaux sociaux dans le but de commettre des actes de chantage, de diffamation et de menaces".
Cette jeune fille est actuellement placée au centre de protection de l’enfance, à la suite d'une décision prise par le juge des mineurs devant lequel elle a été présentée, "conformément à la législation en vigueur pour la protection des mineurs, et dans le respect de son intérêt supérieur".
À noter que selon le représentant du parquet, la jeune fille n’a jamais été placée en détention. “La décision visant à la placer en centre de protection de l’enfance est une mesure visant justement à la protéger”, indique-t-il en déplorant le fait qu’elle ait été “utilisée dans des actes criminels”.
Ces investigations ont conduit à l’inculpation des cinq suspects pour les charges suivantes :
• complicité d’outrage à une institution constitutionnelle ;
• complicité d’outrage à une organisation publique ;
• complicité de diffusion et de publication de fausses allégations et informations dans le but d’atteindre à la vie privée d’autrui et de les diffamer ;
• complicité de menace ;
• complicité d’outrage à un avocat dans l’exercice de ses fonctions (pour l’un des suspects).
Selon le représentant du parquet, les individus concernés "ont été placés en détention provisoire et renvoyés devant le tribunal en état d’arrestation, compte tenu de la gravité des actes commis".
Un nouveau suspect poursuivi
À noter que le parquet souligne que "les mis en cause ont bénéficié de toutes les garanties procédurales prévues par la loi dès leur interpellation et lors de leur comparution devant le parquet, y compris leur droit à l’assistance d’un avocat lors de l’interrogatoire".
Enfin, Jamal Lahrour indique que "plusieurs personnes suspectées d’être impliquées dans des crimes de chantage et de diffamation ont été présentées ce jour même devant la justice".
Et qu’il a été décidé de "poursuivre l’un des suspects pour outrage à une organisation publique, diffusion et publication de fausses allégations dans le but d’atteindre à la vie privée d’autrui et de les diffamer, ainsi que complicité dans ces actes". Selon le représentant du parquet, cet individu “s’occupait de réaliser le montage des vidéos et des photos utilisées par le principal suspect sur sa chaîne”. Il précise même qu’en contrepartie, ledit monteur recevait des compensations financières.
Quant aux autres suspects, Jamal Lahrour a annoncé qu’il a été décidé de "classer l’affaire à leur égard".
À noter que, selon la même source, "l’enquête est toujours en cours afin d’interpeller les autres individus impliqués dans ces actes criminels".
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