Viandes rouges. Entre flambée des prix et chute vertigineuse des ventes, les bouchers constatent les dégâts
Les bouchers sont pris au piège de l'augmentation des prix de la viande. Alors que les ventes chutent, ils appellent à l'intervention des autorités pour mettre fin à la crise qui touche de plein fouet leur activité. Reportage.
Dans un marché local de viande à Salé où s'est déplacée l'équipe de Médias24, l’ambiance est morose. Ces espaces, vivants et animés par les discussions entre clients et bouchers il y a quelques mois seulement, sont aujourd'hui tristement calmes.
L'augmentation des prix, résultant de la baisse des effectifs du cheptel à l'échelle nationale en raison de la sécheresse et de l'augmentation des coûts des aliments pour bétail liée aux conflits actuels dans les régions exportatrices de céréales, plonge le secteur dans une crise profonde.
"Les prix varient selon les types de viande. Pour la viande locale, les prix se situent entre 100 et 110 DH le kilo. En revanche, la viande importée du Brésil coûte environ 75 DH, et la viande de race limousine est vendue autour de 90 DH", explique un boucher à Médias24.
"Il est essentiel que le gouvernement prenne des mesures pour résoudre ce problème de flambée des prix. Bien que la viande soit encore disponible sur le marché, elle est inaccessible pour de nombreux foyers", ajoute-t-il.
Pour faire face à cette hausse des prix, le Maroc a décidé d’ouvrir l’importation des viandes bovines, ovines, caprines et camelines, ainsi que les abats, pour assurer l’approvisionnement du marché national en viandes rouges et stabiliser leurs prix, mais les résultats de cette mesure se font toujours attendre.
"La viande locale est appréciée pour sa saveur et sa facilité de cuisson, mais son coût reste toujours quasi prohibitif. Quant à la viande importée, les gens l’essaient une première fois et ne la rachètent généralement plus".
"Actuellement, l'intérêt pour la viande a diminué de manière significative. Autrefois, nous vendions de grandes quantités, mais aujourd'hui, les ventes ont chuté", constate notre boucher, résigné face à cette réalité.
Même les jours de forte affluence, les clients sont de moins en moins nombreux. "Nous sommes samedi, et malgré cela, les clients se font rares et les ventes sont faibles", déplore le boucher. Il remarque avec inquiétude que cette tendance se maintient jour après jour, ce qui affecte directement son activité.
Les professionnels du secteur sont les plus durement touchés par cette crise. "Ce sont les bouchers qui subissent les pertes les plus importantes, car nous avons des charges fixes à payer", souligne notre interlocuteur.
La crise de la viande continue de secouer le marché local, et les solutions semblent encore loin. Sans intervention des autorités pour réguler cette situation, la profession risque d'en pâtir davantage, et les clients, eux, se détourneront encore plus de ce produit devenu trop cher.
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