Foncier public. 16.102 ha mobilisés pour l’investissement au premier semestre 2024
Au cours du premier semestre de 2024, l’État a mobilisé 16.102 hectares de son domaine privé au profit de projets d’investissements stratégiques. Pour cette période, les régions sahariennes se sont imposées comme des destinations prioritaires, attirant la majorité des investissements notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie. Détails.
Parmi les incitations les plus efficaces, en plus des exonérations fiscales, figure la mise à disposition du foncier. Au Maroc, l’État cède des terrains prélevés sur son domaine privé pour soutenir la réalisation de projets d’investissement. Ainsi, au premier semestre 2024, l’État a mobilisé 16.102 hectares pour 110 projets d’investissement à travers l’ensemble du Royaume, représentant un total de 16,5 MMDH.
Compte tenu du souci de création d’emplois comme premier critère de choix des investissements, les 110 projets devraient créer 16.694 emplois, soit une moyenne de plus de 150 emplois par projet.
La mobilisation du foncier prend diverses formes et ne se traduit pas systématiquement par des cessions : lors de cette récente mobilisation, les cessions ne représentent que 2,35% du foncier, soit 378 hectares. La location, quant à elle, est le mode de mise à disposition dominant, à 97,61%, tandis que le mode mixte (location et cession) ne représente que 0,04%.
Les secteurs de l’énergie et de l’industrie captent plus de 82% des investissementsL’analyse sectorielle des bénéficiaires révèle des tendances intéressantes. En nombre de projets, les secteurs des services (28,2%), de l’industrie (23,7%) et de l’agro-industrie (12,7%) regroupent plus des deux tiers des initiatives, représentant 64,6% des projets.
Toutefois, en superficie, le secteur de l’énergie se distingue nettement avec 15.000 hectares, soit plus de 93% du foncier mobilisé. Il est suivi du secteur minier, avec 392 hectares, puis de l’industrie, de l’agro-industrie et des services avec respectivement 375 hectares, 165 hectares, et 72 hectares.
Concernant la création d’emplois espérée, l’industrie et l’agro-industrie sont les principaux pourvoyeurs d’emplois, contribuant à 79% des emplois attendus, soit l’équivalent de 13.188 emplois.
Un intérêt stratégique pour les régions sahariennes
En termes de nombre de projets, c'est la région de Dakhla-Oued Eddahab qui s'empare de la part du lion, avec 27 projets, suivie de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra avec 25 projets. Ainsi, les régions sahariennes accaparent 47,3% du total des projets.
En matière de superficies des terrains mobilisés, la tendance est similaire. La région de Laâyoune-Sakia El Hamra concentre à elle seule 15.301 hectares, soit 95% de la totalité des terres mobilisées. Les régions de Casablanca-Settat, Dakhla-Oued Eddahab, et Marrakech-Safi suivent avec respectivement 296, 290 et 65 hectares.
Quant aux enveloppes budgétaires projetées pour les investissements, la région de Guelmim-Oued Noun attire des investissements d’un montant s'élevant à 8,1 MMDH pour seulement cinq projets, représentant ainsi 49,1% de l'enveloppe globale. Cela traduit l'envergure des projets prévus dans cette région.
Dans la même logique, le coût total des investissements prévus dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra s’élève à 5,1 MMDH, soit 30,9% du total, répartis sur 25 projets. Les régions de Marrakech-Safi et de Casablanca-Settat suivent avec respectivement 741 MDH pour trois projets et 724 MDH pour sept projets.
Les résultats escomptés de ces projets visent, en premier lieu, la création d'emplois, un enjeu crucial pour l'économie marocaine notamment face au problème récurrent de l’investissement qui progresse sans produire l’emploi espéré. Ainsi, parmi les 16.694 emplois projetés, 6.230 devraient être créés dans la région de Casablanca-Settat, 3.930 dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, 1.820 à Rabat et Tanger-Tétouan, et 1.094 à Laâyoune-Sakia El Hamra.
Il est à noter que l’analyse de la répartition régionale révèle une attention particulière accordée aux zones sahariennes. Celles-ci concentrent 51,9% des projets d’investissement, 97,2% de la superficie mobilisée, et 84,4% de l'enveloppe globale des investissements.
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