Après l'effondrement de sa monnaie locale, le Zimbabwe adopte une nouvelle devise
Le Zimbabwe remplace sa monnaie locale en effondrement par une nouvelle, adossée à l'or, qu'il espère plus stable et qui contribuera à faire baisser l'inflation, a annoncé vendredi la banque de réserve. Détails.
Annoncé le vendredi 5 avril par John Mushayavanhu, gouverneur de la Banque de Réserve, le Zimbabwe Gold (ZiG) a été officiellement introduit à partir du lundi 8 avril, en remplacement du Real Time Gross Settlement Dollar (RTGS), également connu sous le nom de Zimdollar. Le taux initial a été fixé à 13,56 ZiG par dollar américain.
En février 2019, après une décennie de dollarisation, le Zimdollar (ZWL) a été introduit avec un taux de change officiel de 2,5 pour 1 dollar américain. Malheureusement, cette tentative a rapidement été confrontée à un manque de confiance généralisé de la part du public, avec plus de 80% des transactions intérieures réalisées en devises étrangères. Cependant, le Zimdollar a subi une chute vertigineuse pour atteindre 30.674 Zimdollar par dollar américain au cours de la première semaine d’avril, perdant ainsi plus de 80% de sa valeur depuis le début de l'année.

La transition vers le ZiG a été amorcée ce week-end, avec la conversion des soldes bancaires vers la nouvelle devise. Les clients disposent de 21 jours pour opérer cette transition, avant que les nouveaux billets de banque ne soient mis en circulation à la fin du mois. Les institutions financières et les entreprises ont œuvré intensément tout au long du week-end pour adopter le ZiG, mais il est probable que plusieurs jours soient nécessaires pour résoudre tous les problèmes techniques. Seules les transactions en dollars américains n'ont pas été impactées par ce changement monétaire.
Des incertitudes historiquement justifiées
Malgré les assurances répétées du gouverneur Mushayavanhu quant à la solidité du ZiG, persuader le public de son acceptabilité demeure un défi de taille. Les dévaluations antérieures de la monnaie locale et les exigences gouvernementales de paiement en dollars américains pour certains services ont semé le doute parmi la population. Mais pourquoi cette résistance opiniâtre ?
Cette attitude reflète un problème structurel profondément enraciné dans l’économie zimbabwéenne. Le Zimdollar a peiné à gagner la confiance, sa chute précipitée cette année a entraîné une inflation annuelle dépassant les 55% en mars. La spirale inflationniste, amorcée en octobre 2018 avec un taux d'inflation de 20%, s'est accélérée, atteignant des sommets sans précédent. En décembre 2019, l'inflation a atteint un niveau effarant de 521%, avant de ralentir légèrement à 175% en janvier 2020. Cependant, la tendance haussière s'est rapidement ravivée, culminant à 785% en mai 2020. Cette situation a ravivé les craintes d'un retour à l'ère de l'hyperinflation sous l'ancien président Robert Mugabe, fervent partisan de l'impression monétaire.

Pendant le pic de l'inflation de 2008 à 2009, il était difficile de mesurer l'hyperinflation du Zimbabwe car le gouvernement a cessé de publier des statistiques officielles sur l'inflation. En outre, dans leur article intitulé « On the Measurement of Zimbabwe’s Hyperinflation », Steve Hanke et Alex Kwok du département d'économie de l'université Johns Hopkins ont estimé que, en novembre 2008, le taux d'inflation en glissement annuel était de 89.700.000.000.000.000.000.000%, poussant le pays à émettre un billet de 100 trillions de dollars zimbabwéens.
Pour mieux comprendre l'ampleur de l'inflation au Zimbabwe et sa rapidité, un montant détenu le matin pouvait valoir bien moins le soir même.
Si l'on devait tirer une leçon des conséquences néfastes de la crise inflationniste au Zimbabwe, il apparaîtrait impérativement que les banques centrales doivent préserver une indépendance totale et incontestable vis-à-vis de tout pouvoir politique.
À découvrir
à lire aussi
Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.
Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.
Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.
Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.
Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.
Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.
