Le Quai d’Orsay a bien autorisé le financement public de projets privés au Sahara marocain
Révélée par Le Desk, l’information selon laquelle le Quai d’Orsay a autorisé les institutions françaises de développement à financer des projets privés dans les provinces du Sud nous a été confirmée par une source fiable qui parle d'une première étape dans la reconnaissance de la marocanité du Sahara.
Quasi-reconnaissance de la souveraineté marocaine sur les provinces du Sud ou simple volonté de la France de booster les échanges économiques pour rattraper l’Espagne, le feu vert de la diplomatie française au financement public de projets privés au Sahara vient un mois et demi après la visite du ministre Stéphane Séjourné qui avait reconnu que le Sahara était un enjeu existentiel pour le Maroc.
"Une information qui sera rendue publique lors de la visite du ministre français du commerce"
Selon plusieurs interlocuteurs sondés par Médias24, des instructions strictes sont données aux différentes parties concernées pour ne pas ébruiter le sujet dans l’immédiat, car l'annonce sera faite dans quelques jours.
Une source diplomatique française, quand à elle, "ne dément" pas cette information publiée en primeur par nos confrères du Desk et "qu’il fallait donc en tirer des conclusions".
"Je ne suis pas autorisé à le confirmer dans l’immédiat, mais vous serez fixés dans moins de deux jours", a précisé notre interlocuteur en avançant à demi-mot que la visite imminente du ministre français chargé du commerce, Frank Riester, lèverait bientôt le voile avec une annonce publique.
Selon une autre source fiable ayant requis l’anonymat, l'autorisation du Quai d'Orsay a été préparée lors de la visite du ministre français de l'Europe et des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, mais ne sera annoncée officiellement qu’au cours du voyage du ministre du Commerce qui se rendra au Maroc du 4 au 5 avril prochain
"Une première étape dans la reconnaissance de la marocanité du Sahara"
Sur les implications de cette décision de l’Etat français, notre source affirme que le financement public d’entreprises privées françaises par des institutions publiques comme Proparco ou Bpifrance est une forme de reconnaissance de facto de la marocanité du Sahara, en ajoutant que c'est l'argent du contribuable français qui financera ces futurs projets dans les provinces du Sud.
Tout en affirmant que les sociétés françaises y ont toujours été présentes, notre interlocuteur tient à préciser que c'est la première fois que des institutions publiques françaises vont allouer des crédits à des entreprises qui voudront s’installer ou renforcer leur présence dans cette région du Maroc.
Et d’ajouter que cela signifie qu’un nombre croissant de sociétés françaises vont répondre à des appels d'offres sur place ou lancer des projets privés, et ne feront plus preuve de frilosité à l'instar de TotalEnergies qui n'a jamais voulu ouvrir de bureaux ou investir à Dakhla pour ne pas fâcher l’Algérie où elle est présente.
Ainsi en autorisant ses institutions publiques à financer le secteur privé français, le quai d’Orsay donne un signal fort aux entreprises de l’Hexagone qui pourront s’y installer avec la caution de l’Etat.
"Les secteurs qui pourraient bénéficier des crédits publics français"
Sur les sociétés qui pourraient décider de franchir le pas dans les provinces du Sud avec des crédits publics, notre interlocuteur commence par rappeler la présence à Dakhla de plusieurs investisseurs français comme Suez qui réalise le traitement des déchets, ou encore Engie avec Nareva qui exploitent un parc éolien, sans oublier le groupe Accor qui prévoit d’y ouvrir plusieurs hôtels.
"Lancé par l’ONEE, l’appel à manifestation d’intérêt pour réaliser le projet de ligne électrique à très haute tension entre Médiouna et Dakhla qui s’étendra sur 1.400 kilomètres intéresse beaucoup le groupe Engie et le fonds d’investissements Meridiam", avance notre expert en ajoutant que son financement est d’ores et déjà assuré par des fonds publics français (Proparco) et émiratis.
Et de citer d’autres projets importants avec les grands acteurs français de l’énergie comme TotalEnergies et Engie dans le secteur de l’hydrogène, ceux liés au dessalement de l’eau de mer ou au traitement des déchets avec Suez et Veolia, ainsi que l’implantation de nouveaux hôtels avec Accor.
"Si le groupe Eiffage a raté l’appel d’offres du port de Dakhla, l’armateur français de porte-conteneurs CMA-CGM devrait postuler pour assurer le transport maritime, la manutention portuaire et la logistique terrestre une fois qu’il sera achevé", conclut notre source. Cette dernière souligne qu’il faudra d’abord désenclaver les provinces du Sud pour être en mesure d'attirer un nombre important d’investissements français ou étrangers dans la région.
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