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ECONOMIE

Le HCP prévoit une croissance de 3,2% en 2024

Le haut-commissariat au Plan a publié son traditionnel budget économique prévisionnel pour l'année 2024. Il prévoit une croissance de 3,2%, un déficit budgétaire de 4,5% et un taux d'endettement global de 85,2%. Voici ses explications.

Le HCP prévoit une croissance de 3,2% en 2024
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Le 10 janvier 2024 à 15h41 | Modifié 10 janvier 2024 à 17h00

Entre le budget exploratoire publié en juillet 2023 et le budget prévisionnel publié ce mercredi 10 janvier, le haut-commissariat au Plan (HCP) a revu à la baisse sa prévision de croissance pour l'année 2024, de 3,6% à 3,2%.

Les prévisions économiques de l’année 2024 sont établies en prenant en considération les éléments suivants :

  • les dispositions annoncées dans la loi de finances 2024 ;
  • la mise en œuvre d’une panoplie de mesures en vue d’atténuer les effets liés aux conséquences socioéconomiques de l'inflation, de la sécheresse et du séisme d’Al Haouz (programmes de reconstruction et de mise à niveau des zones sinistrées, des aides sociales directes et d’aide au logement) ;
  • l’hypothèse d’une reprise de la demande étrangère, dans un contexte d’atténuation progressive des tensions inflationnistes au niveau international ;
  • la réalisation supposée d’une production céréalière au-dessous de la moyenne durant la campagne 2023-2024, compte tenu du niveau des précipitations et de leur répartition spatio-temporelle à fin décembre 2023.

Malgré la légère révision à la baisse de sa prévision, le HCP estime que 2024 "devrait connaître un raffermissement de l’activité économique, bénéficiant du dynamisme de la demande étrangère, du recul prévu du rythme de l’inflation et de l’appui de l’investissement public".

Il avance que "l’opérationnalisation des programmes sociaux définis par la stratégie Royale, notamment les mesures d’aide sociale directe, devrait contribuer à l’atténuation de l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages ciblés, dans un contexte marqué par une décompensation prévue du gaz butane". Et d'ajouter, "de même, la poursuite du chantier de l’Etat social et la mise en œuvre du programme de reconstruction et de mise à niveau générale des régions sinistrées par le séisme devraient profiter à la dynamique économique".

Faible contribution des activités agricole à la croissance

Les activités agricoles devraient enregistrer une hausse de 2,5% en 2024. Ainsi, l'agriculture contribuera très faiblement à la croissance du PIB en 2024 soit 0,3 point, avance le HCP. En tenant compte d’une amélioration des activités de la pêche maritime, le secteur primaire devrait dégager une valeur ajoutée en amélioration de 2,7%, au lieu d’une hausse de 6,7% estimée pour 2023.

Les activités non agricoles devraient enregistrer un taux de croissance de près de 3,2% en 2024, après 2,7% en 2023, porté par la poursuite de la bonne tenue du secteur tertiaire et par la reprise du secteur secondaire.

Les activités industrielles devraient afficher un accroissement de 2,7% en 2024, au lieu de 0,6% en 2023, tiré principalement par la reprise prévue des industries chimiques et par la poursuite de la performance de l’industrie automobile. Le secteur minier devrait connaître une hausse de 3,9% en 2024, au lieu d’une baisse de 4,2% en 2023 et de 9,4% en 2022. Il devrait profiter de la demande extérieure, notamment en provenance des Etats-Unis et de l’Europe, dans le contexte d’une baisse prévue des cours du phosphate et ses dérivés au niveau international.

Par ailleurs, le secteur du BTP devrait connaître une reprise de son activité en 2024. La valeur ajoutée du secteur devrait s’accroître de 2,8%, au lieu de deux fléchissements de 1,3% en 2023 et 3,6% en 2022, bénéficiant à la fois de la hausse des investissements publics en matière d’infrastructure, et du lancement du programme d’aide au logement. Ce dernier vise le renouvellement de l’approche d’aide à l’accès à la propriété immobilière et le soutien du pouvoir d’achat des ménages par le biais d’une aide financière directe accordée à l’acquéreur. Le secteur devrait bénéficier également du programme de reconstruction et de réhabilitation des régions sinistrées par le séisme d'Al Haouz, avec une enveloppe budgétaire estimée à 120 milliards de dirhams sur la période 2024-2028.

Les activités tertiaires, tirées principalement par la reprise de la demande intérieure stimulée par les programmes de soutien public, devraient continuer de soutenir la croissance économique globale, affichant une progression de 3,4% en 2024, après 4% une année plus tôt. Cette évolution devrait tirer profit de la bonne performance de l’activité touristique et du transport, ainsi que de l’amélioration des activités financières et immobilières.

Dans ces conditions, et compte tenu d’une évolution prévue des impôts et taxes sur produits nets de subventions de 3,2%, le produit intérieur brut devrait s’accroître de 3,2% en 2024, au lieu de 2,9% estimé pour 2023.

Demande intérieure soutenue par l’effort d’investissement public

La demande intérieure devrait profiter de l’effort d’investissement public, ainsi que du lancement du programme des aides sociales directes aux ménages précaires, dans le cadre de l’opérationnalisation des programmes sociaux définis par la stratégie Royale.

Elle devrait afficher une progression de l’ordre de 3,5%, contribuant à hauteur de 3,8 points à la croissance économique au lieu de 1,8 point en 2023.

La consommation des ménages devrait connaître une légère hausse de 1,1% sur fond d’amélioration des revenus perçus et d’une inflation encore rigide à la baisse. Le revenu disponible des ménages qui devrait enregistrer une croissance de 3,8% ferait face à une inflation de même niveau.

Ainsi, le pouvoir d'achat des ménages continuerait de subir les effets négatifs de l’inflation et devrait enregistrer une régression pour la troisième année consécutive de 0,01%, après celle de 0,5% en 2023 et 4% en 2022.

Pour sa part, la consommation des administrations publiques devrait afficher un rythme d’évolution consolidé aux alentours de 5,1%, contribuant de 1 point à la croissance du PIB.

Tenant compte de ces évolutions, la consommation finale nationale devrait afficher un rythme de croissance de 2,1%, donnant lieu à une contribution de 1,7 point au PIB.

Par ailleurs, la consolidation de l’orientation favorable de la politique budgétaire en matière d’investissement, conjuguée aux plans de relance du secteur immobilier, devrait contribuer au raffermissement de la formation brute de capital fixe de 4,7%.

Le volume de l’investissement brut devrait ainsi s’accroître de 7,8%, générant une contribution positive de 2,1 points à la croissance du PIB en 2024, au lieu d’une contribution de seulement 0,7 point prévue pour 2023.

Redressement des échanges extérieurs

L’amélioration des perspectives économiques chez les principaux partenaires commerciaux devrait stimuler la demande extérieure, après son net ralentissement en 2023, favorisant ainsi le renforcement de l'offre exportable de l'économie nationale.

Les exportations de biens et services devraient afficher un rythme de croissance consolidé de 7,6%, attribuable à la poursuite de la performance des exportations des métiers mondiaux du textile et du phosphate et de ses produits dérivés, à la suite notamment de la baisse des droits d’importation appliqués sur les engrais chimiques par les Etats-Unis.

L’amélioration de la croissance nationale devrait contribuer à une augmentation des importations, notamment celles des biens intermédiaires et d’équipement. De surcroît, la situation peu favorable de la production agricole devrait favoriser le recours à l’importation pour combler le besoin en matière de produits alimentaires et animaux vivants. D’autre part, la reprise prévue des exportations de produits de phosphate devrait alimenter les importations en produits intermédiaires. Ainsi, le volume des importations de biens et services devrait s’inscrire en hausse de 7,8%, au lieu de 6,5% estimé pour 2023.

Atténuation des pressions inflationnistes

La tendance baissière des cours des matières premières, notamment énergétiques et alimentaires, ainsi que l’amélioration des conditions d’approvisionnement à l’échelle mondiale, devraient contribuer à l’atténuation des pressions inflationnistes en 2024.

Dans ces conditions, la valeur des exportations nationales de biens et services devrait enregistrer une progression de 7,6%, tandis que celle des importations devrait afficher une hausse de 7,3%, portant le déficit en ressources à 10,6% du PIB en 2024.

Tenant compte de l’évolution des transferts MRE, le compte courant devrait afficher un déficit aux alentours de 0,4% du PIB, au lieu d’un excédent de près de 0,1% du PIB, estimé en 2023.

Ce besoin de financement reflète l’écart entre l’investissement, qui devrait représenter 28,2% du PIB, et l’épargne nationale, qui devrait s’établir à 27,8% du PIB en 2024, et ce, compte tenu des revenus extérieurs qui devraient avoisiner 7,2% du PIB.

De son côté, l’épargne intérieure devrait atteindre 20,6% du PIB, au lieu de 19,7% du PIB en 2023, suite à une croissance nominale du PIB de 6% conjuguée à une évolution de la consommation nationale de 4,9%.

Légère baisse du déficit budgétaire

Le déficit budgétaire devrait poursuivre son allégement en 2024, profitant notamment de l’amélioration prévue de l’activité économique et de l’atténuation de la charge de compensation, suite à la décision d’une décompensation progressive et plafonnée du gaz butane, qui constitue près de 60% en moyenne de la charge de compensation globale entre 2014 et 2022.

Les dépenses ordinaires devraient se situer aux alentours de 20% du PIB en 2024, au lieu de 20,5% du PIB estimé pour 2023. Cela s’expliquerait principalement par la baisse prévue de la charge de compensation qui devrait atteindre près de 1,2% du PIB en 2024, après une moyenne de près de 2% du PIB entre 2014 et 2022.

Les dépenses d’investissement devraient atteindre près de 6,6% du PIB, au lieu de 6,4% en 2023. Les recettes ordinaires devraient enregistrer une progression pour atteindre 21,8% du PIB, suite à l’accroissement prévu des recettes fiscales et non fiscales. Dans ces conditions, le déficit budgétaire devrait s’inscrire en allègement en 2024 atteignant près de 4,5% du PIB au lieu de 4,7%.

La dette publique globale devrait atteindre 85,2% du PIB en 2024

Le financement des besoins de l’Etat, en liaison avec le vaste programme d’aide sociale et les investissements en infrastructure, devrait nécessiter une mobilisation importante des ressources financières interne et externe, au moment où l’augmentation de l’encours de la dette et de son coût devrait conduire à une tendance haussière des dépenses liées aux services de la dette.

En effet, les charges en intérêts devraient avoisiner 38,8 MMDH en 2024, en hausse de plus de 12 MMDH par rapport à la moyenne de la période 2014-2022, et de 8 MMDH par rapport à l’année 2023.

Dans ces conditions, la dette globale du Trésor devrait atteindre 72,4% du PIB en 2024, soit 54,5% du PIB pour la composante intérieure et 17,9% du PIB pour celle extérieure. Tenant compte du ratio de la dette extérieure garantie à 12,8% du PIB, la dette publique globale devrait atteindre 85,2% du PIB en 2024 (1.300 milliards de DH) au lieu de 85,6% en 2023. Aussi le renversement de cette tendance à la hausse de la dette devrait nécessiter un intérêt crucial pour stabiliser la situation financière du pays et se prémunir contre les fluctuations du système financier international, évitant la dépendance excessive aux bailleurs de fonds extérieurs.

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