Économie marocaine : l'OCDE table sur un rebond de la croissance en 2023 et une consolidation en 2024

Les prévisions économiques de l'OCDE, publié ce mercredi 29 novembre, concernant le Maroc portent sur les années 2023, 2024 et 2025. Les experts de l'organisation internationale analysent, entre autres, la trajectoire de l'inflation, l'orientation de la politique monétaire, les finances publiques, tout en identifiant les principaux moteurs de la croissance économique.

Économie marocaine : l'OCDE table sur un rebond de la croissance en 2023 et une consolidation en 2024

Le 29 novembre 2023 à 15h25

Modifié 30 novembre 2023 à 9h17

Les prévisions économiques de l'OCDE, publié ce mercredi 29 novembre, concernant le Maroc portent sur les années 2023, 2024 et 2025. Les experts de l'organisation internationale analysent, entre autres, la trajectoire de l'inflation, l'orientation de la politique monétaire, les finances publiques, tout en identifiant les principaux moteurs de la croissance économique.

Selon l'organisation internationale, "la croissance devrait rebondir à 3,3% en 2023 [*], et se renforcer encore à 3,6% en 2024 et 3,8% en 2025". Il est indiqué qu'un rebond de la production agricole et du secteur des services, en particulier le tourisme, soutiendra l'activité économique globale du Royaume.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) rappelle que le séisme de Marrakech-Safi a eu un coût humain élevé. En revanche, celui-ci n’a pas perturbé les principales activités productives.

Au registre des bonnes nouvelles économiques, il est mentionné que l’inflation devrait diminuer progressivement au cours des deux prochaines années, grâce à la baisse des prix des matières premières et au resserrement de la politique monétaire.

Cela dit, de l'avis des experts de l'organisation internationale, les principaux risques qui pèsent sur l'activité économique ont trait à une prolongation de la sécheresse, un ralentissement de la demande européenne et des chocs sur les prix des matières premières.

"La Banque centrale devrait continuer de veiller à ce que l’inflation ralentisse et maintenir les taux d’intérêt à leur niveau actuel aussi longtemps que nécessaire", prédit-on.

Notons que les auteurs des prévisions économiques suggèrent qu'un assainissement budgétaire progressif est nécessaire pour garantir la viabilité budgétaire, grâce à l’élargissement de la base de revenus et à un soutien plus ciblé aux ménages vulnérables.

Au chapitre des priorités figurent, selon les experts, les réformes structurelles visant à stimuler la croissance. Il s'agit de la stimulation de l'investissement privé, l'amélioration de la participation des femmes au marché du travail et l'accélération des mesures d'adaptation au changement climatique.

À l'origine du rebond

"La croissance s'est améliorée cette année grâce à la hausse de la consommation intérieure, à la reprise de la production agricole et aux solides performances des services et des exportations", explique t-on.

En clair, les transferts vers les entreprises publiques et les dépenses diverses ont stimulé la consommation publique. Autre très bon point relevé :  le tourisme a repris, et le nombre d'arrivées a dépassé son niveau d'avant-pandémie.

Le renforcement de la confiance des entreprises, l'augmentation de l'utilisation des capacités et l'accroissement des exportations industrielles ont également été profitables à l'activité économique de l'année. Il en est de même pour le repli de l’inflation annuelle globale et sous-jacente depuis mars (sous la barre des 4,5% en octobre).

L'autre situation bénéfique à l'économie nationale est la modération des prix internationaux des matières premières ayant contribué à la réduction des factures énergétiques et alimentaires, même si les exportations de phosphates ont été impactées.

Dans le même ordre d'idées, les experts de l'OCDE évoquent les bonnes performances des exportations des secteurs de l'automobile, de l'électronique et du textile, ajoutant que "la ligne de crédit modulable (LCM) de 5 milliards de dollars, ouverte par le FMI, a été approuvée en avril pour offrir au pays une marge de sécurité en cas de choc grave affectant la balance des paiements".

Vers une baisse du taux d'endettement des administrations publiques

D'après les experts de l'OCDE, avec une baisse de l’inflation, la Banque centrale devrait maintenir, puis abaisser progressivement son taux directeur. Pour rappel, Bank-Al-Maghrib a relevé son taux directeur de 1,5%, en septembre 2022, à 3% en mars 2023, pour contrer les fortes poussées inflationnistes.

Au chapitre des finances publiques, il est précisé que "le déficit budgétaire des administrations publiques est bien supérieur au niveau d’avant la pandémie, mais il se réduira lentement à mesure que l’économie se redressera, et que la baisse des prix internationaux réduira le coût des subventions au gaz, au blé et au sucre. Dans ces conditions, le taux d’endettement des administrations publiques diminuera progressivement à moyen terme".

Retour de la croissance?

Comme indiqué précédemment, la croissance réelle devrait selon l'OCDE atteindre 3,3% en 2023, et 3,6% en 2024, stimulée par l’agriculture, la demande intérieure, le tourisme et les exportations des industries manufacturières clés, telles que l’automobile et l’électronique.

"La reconstruction et les nouvelles incitations politiques renforceront l’investissement. Ces évolutions soutiendront les revenus et la consommation, la reprise de la production agricole stimulant l’emploi rural. La baisse de l’inflation, l’augmentation du salaire minimum et la résilience des envois de fonds, ainsi que la mise en place d’un système de transferts monétaires pour les ménages à faible revenu, stimuleront les dépenses privées", avancent les experts de l'OCDE. Ils tablent sur un repli de l'inflation à 2,5% en 2024. Et ce, en raison de la baisse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, et de l’effet de la hausse des taux d’intérêt.

Au final, les auteurs des prévisions économiques assurent qu'en vue de stimuler la productivité, des réformes sont nécessaires pour accroître le rendement des investissements publics et privés et renforcer les compétences. "La poursuite des efforts actuels visant à accroître la formalité devrait contribuer à augmenter la productivité et la qualité de l’emploi", prédit-on.

Les experts de l'OCDE sont formels : le Maroc doit accélérer ses efforts pour atteindre les objectifs climatiques, notamment en augmentant la capacité d’énergie renouvelable et en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles, tout en planifiant l’adaptation au climat et en améliorant la gestion de l’eau.

[*] Médias24 émet des réserves sur cette prévision. Dans le meilleur des cas, si les exportations et les productions agricoles du dernier trimestre 2023 sont élevées, le taux de croissance de cette année se situera entre 2,8 et 3%. Sinon, il sera plutôt entre 2,6 et 2,8%.

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