Séisme : les maisons d'hôtes de Marrakech préservées mais des gîtes de montagne sinistrés
Quinze jours avant la tenue des Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, qui permettra aux hôteliers d’afficher complet, les 1.200 maisons d’hôtes de la vieille médina commencent à renouer avec un niveau de réservations de saison après de nombreuses annulations. A contrario, il n’y aura pas de reprise rapide de l’activité d’hébergement dans les gîtes de montagne.
"S’il est vrai que les gérants de maisons d’hôtes ont été confrontés à beaucoup d’annulations entre le 9 et le 15 septembre, la profession a noté une reprise croissante des réservations depuis quelques jours", nous révèle Guillaume Vallade, propriétaire de plusieurs riads dans la vieille médina et du restaurant Mandar situé en face de la Koutoubia.
"20% d’annulations durant les 10 jours qui ont suivi le séisme"
Tout en reconnaissant un taux d’annulation de 20% "qui n’a rien de catastrophique", notre interlocuteur a qualifié les répercussions du séisme de "petite crise qui sera bientôt surmontée".
En effet, durant la dizaine de jours où les annulations se sont multipliées, notre interlocuteur révèle avoir envoyé à ses clients qui avaient réservé un séjour après le séisme des mails rassurants sur un retour à la vie normale, qui ont convaincu la majorité de maintenir ou de reporter leur voyage, sans l'annuler.
Un retournement qui ferait dire, selon lui, à ses confrères que la situation s’est beaucoup améliorée et que le dernier trimestre se présente sous les meilleurs auspices en termes de fréquentation.
"Un taux d’occupation prévisionnel de 80% en octobre et novembre"
Optimiste pour les mois d’octobre et novembre qui constituent la haute saison pour son activité, l’homme d’affaires affirme que le remplacement des annulations par des reports de séjour a permis à son carnet de réservations, à l'instar de ses confrères de la médina, d’atteindre un taux d’occupation minimal de 80% pour cette période.
Une reprise qui s’expliquerait par de nombreux facteurs tels les messages d’artistes et d’opérateurs étrangers, ainsi que le maintien de la tenue des Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale qui n’a pas manqué de rassurer les clients des hôtels et des maisons d’hôtes.
À l'origine également, la célérité avec laquelle les autorités locales ont fait disparaître l’ensemble des gravats des maisons effondrées dans la vieille médina et ont entrepris des travaux de rénovation.
"La majorité des maisons d’hôtes de montagne ont fermé"
Selon un autre gérant de maisons d’hôtes et de gîtes situés dans la périphérie rurale de la ville ocre, la reprise n’aura pas lieu avant plusieurs mois du fait des graves dégâts occasionnés par le séisme.
"Si le retour à la normale va se confirmer à partir d’octobre dans les maisons d’hôtes de Marrakech, celles de la ruralité mettront plusieurs mois à se remettre, car nombre d’entre elles ont fermé après l'effondrement de leur structure et les éboulis qui ont bloqué les routes d’accès", estime notre interlocuteur en citant Terres d’Amanar, dont les chambres et le restaurant ont été endommagés.
De nombreuses maisons d’hôtes localisées dans la vallée d’Imlil ou la région de Ouirgane, connues pour accueillir des randonneurs locaux et étrangers, ont en effet fermé leurs portes en attendant la visite des experts mandatés par l'Etat ou les assurances pour évaluer les travaux de rénovation à effectuer.
Une baisse d’activité et de nuitées qui devrait toutefois selon lui être largement comblée par l’arrivée des 14.000 participants aux Assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale qui auront lieu du 9 au 15 octobre.
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