Blé : la suspension de l'accord de la mer Noire pourrait impacter le coût des achats marocains
La suspension de l’accord céréalier en mer Noire par la Russie n’aura certes aucun impact direct sur l’approvisionnement marocain en blé tendre, mais pourrait engendrer une hausse des prix à l’international, dans un contexte où le Maroc cherche à sécuriser 25 millions de quintaux d'ici septembre prochain.
Les cours de blé ont enregistré une accalmie entre 2022 et 2023, passant d'un pic de 576 dollars/t en juin 2022 à moins de 350 dollars en juin 2023. Une baisse des prix à l'international qui s'explique par "l'amélioration des récoltes, la baisse des prix de l'énergie et le maintien de l'accord entre la Russie et l'Ukraine pour lever l'embargo sur les ports en mer Noire", comme l'expliquait le ministère des Finances vendredi dernier, dans sa présentation au Parlement. Mais voici que la Russie vient d'annoncer la suspension de l'initiative céréalière de la mer Noire.
"Qu’il soit reconduit ou suspendu, l’accord céréalier en mer Noire n’aura aucun impact direct sur l’approvisionnement marocain en blé tendre", explique Moulay Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie (FNM) joint par Médias24.
"Le Maroc n’est plus exclusivement importateur de ces pays depuis février 2021", ajoute notre interlocuteur. "Nous avons diversifié nos importations en nous dirigeant vers des marchés européens et américains."
Et notre source de préciser : "Le seul risque est relatif à la hausse des prix à l’international. Cette décision pourrait réduire l’offre mondiale. Par conséquent, les pays qui s’approvisionnaient depuis l’Ukraine se dirigeront vers les marchés sur lesquels opère le Maroc, ce qui pourraient impacter les prix à la hausse."
La Russie a annoncé ce lundi 17 juillet qu’elle ne renouvellerait pas l’initiative céréalière de la mer Noire, un ensemble de deux accords parrainés par les Nations unies et la Turquie, et conclus séparément avec Kiev et Moscou en juillet 2022. Cette décision intervient en pleine campagne d’approvisionnement du Maroc en blé tendre.
Le Maroc envisage d’importer 25 millions de quintaux entre le 1er juillet 2023 et le 30 septembre 2023. Une quantité pour laquelle une prime forfaitaire sera versée aux importateurs, dans le cas où le prix de revient sorti port serait supérieur à 270 DH le quintal.
Le montant de cette prime est calculé chaque mois sur la base des cours mondiaux. Au 23 juin, elle s’élevait à 24,24 DH/q pour les marchés français, allemand et américain notamment. Cette prime risque de subir des augmentations en fonction de la réaction des marchés à la décision russe.
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