RAM : Addou donne des précisions sur la nouvelle stratégie de développement
Au lendemain de l’annonce de la signature d’un contrat-programme entre le chef du gouvernement et le président-directeur général de la compagnie nationale, Hamid Addou est revenu, lors d’une conférence de presse ce mercredi 12 juillet, sur les ambitions de la RAM entre 2023 et 2037 en révélant les nouvelles lignes, la future flotte, le chiffre d’affaires, le recrutement…
Après des années marquées par plusieurs crises qui l’ont empêché de se projeter dans le cadre d’une feuille de route, le président de la compagnie aérienne publique a (enfin) signé, le mardi 11 juillet, un contrat-programme avec le chef du gouvernement qui permettra d’avoir une visibilité sur les quinze prochaines années (2023-2037).
"Une nouvelle dimension à venir"
Visiblement satisfait de son contenu, Hamid Addou a en effet évoqué un véritable moment historique qui va insuffler un nouveau départ à la RAM, soixante-cinq ans après sa création en 1957.
"Il aura fallu un long chemin avant d’arriver à la signature de cette vision stratégique qui va donner une nouvelle dimension à la compagnie, aussi bien qualitative que quantitative", s’est félicité le PDG avant de rendre publics plusieurs chiffres permettant de mesurer les ambitions du transporteur aérien.
La RAM va en effet s’appuyer sur un nouveau business model qui la fera passer d’un statut de compagnie traditionnelle dotée d’un hub régional moyen-courrier Nord-Sud, à celui de transporteur global avec un rythme de croissance annuel plus élevé, en exploitant un hub transcontinental Nord-Sud et Est-Ouest, une nouvelle approche "point à point" et enfin un réseau national transversal.
Ce qui est prévu à court terme
Une ambition qui passera par un développement conséquent de sa flotte actuelle (50 avions) et par un redéploiement de sa stratégie d’exploitation avec un agenda à court et moyen terme.
Dès 2023, la feuille de route prévoit de renforcer l’offre sur le réseau actuel et de commencer à développer les réseaux moyen-courriers et long-courriers dans le cadre d’une croissance maîtrisée, d’ouvrir de nouvelles lignes long-courriers, de lancer du point à point touristique et ethnique avec une phase de confirmation de la stratégie adoptée.
D’ici 2027, plusieurs nouveaux vols seront inaugurés vers l’Europe (Manchester, Munich, Zurich, Naples), l’Afrique (Tripoli, Ndjamena, Abuja, Nairobi, Johannesburg, île de Sal), le Moyen-Orient (Beyrouth, Amman), les Amériques (Los Angeles, Sao Paulo, Rio de Janeiro) et l’Asie (Beijin, Guangzhou).
Les nouvelles lignes d’ici 2037
À moyen terme, l’ambition sera de transformer la compagnie en transporteur global avec une dimension élargie, un doublement de la flotte et de nombreuses ouvertures de lignes moyen-courriers et long-courriers sur les quatre continents.
Dans une deuxième phase, la RAM s’ouvrira, d’ici 2037, à de nouvelles destinations continentales : l’Europe du Nord (Varsovie, Budapest, Dublin, Lille, Copenhague, Berlin, Düsseldorf, Oslo, Hambourg, Stuttgart, Prague, Vienne, Stockholm, Birmingham, Bucarest), l’Europe du Sud (Athènes, Catane, Florence, Faro, Alicante, Bilbao, Palma de Majorque), l’Afrique (Oran, Khartoum, Kigali, Dar Essalam, Addis Abeba), le Moyen-Orient (Koweit, Mascate), les Amériques (vols directs Rabat-New York et Marrakech-New York, Dallas, San Francisco, Chicago, Boston, Toronto, Mexico, Buenos Aires, Lima) et l’Asie (New Delhi, Séoul, Kuala Lumpur, Shangaï, Tokyo).
Le futur réseau domestique
Concernant le réseau national, la compagnie va adopter une nouvelle approche transversale qui permettra de mieux connecter entre elles les villes du Royaume, de désenclaver les régions reculées et in fine de promouvoir le tourisme intérieur ; l’idée étant de voyager au Maroc sans passer obligatoirement par Casablanca, afin de gagner du temps, grâce à 46 nouvelles lignes intérieures au départ des grandes villes vers les petites.
Au-delà du réseau radial sur le hub de Casablanca, un réseau intérieur transversal sera développé pour les douze régions du Royaume avec de nouvelles dessertes au départ de Casablanca, Rabat, Agadir, de nouvelles lignes transversales connectant Fès, Nador, Oujda, Guelmim, Laâyoune et Dakhla, avec 46 lignes desservies et à raison de 173 fréquences via des modules court et moyen-courriers adaptés.
Quid du réseau moyen-courrier point à point ?
Concernant le point à point, la RAM va renforcer son rôle de transporteur au service du tourisme et des Marocains du monde, avec une montée en puissance progressive de la connectivité des principales destinations nationales comme Rabat, Tanger, Nador, Oujda, Fès, Agadir, Marrakech, Ouarzazate, Errachidia, et enfin Dakhla.
Ces villes marocaines seront connectées aux bassins émetteurs européens que sont Paris, Marseille, Lyon, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Madrid, Barcelone, Valence, Rome, Milan, Bologne, Genève, Bruxelles, Amsterdam, Londres, Manchester, Berlin, Francfort, Düsseldorf, Zurich, Vienne et Istanbul.
Quelle flotte pour demain ?
Connectée en 2019 à 46 pays et 99 destinations, avec ses 60 avions qui transportaient 7,5 millions de passagers pour un chiffre d’affaires de 16,5 milliards de DH, elle compte passer en 2037 à une flotte de 200 aéronefs, qui lui permettront de desservir 143 destinations et de transporter 31,5 millions de passagers pour un chiffre d’affaires prévisionnel de 94 MMDH.
S’il n’a pas souhaité rendre public le montant de la participation publique dans l’augmentation du capital promise par la feuille de route, le président a déclaré qu’elle se fera progressivement en fonction des besoins et des commandes d’avions qui seront réalisées chaque année jusqu’à l’horizon 2037.
"Dix avions ont d’ores et déjà été commandés, dont 7 Boeing 737 Max pour des destinations moyen-courriers ont été sécurisés au niveau financier et 3 Boeing 787-8 Dreamliner long-courriers sont en cours de négociation", a révélé Addou, ajoutant qu’un premier 737 venait d’être livré et que les prochains le seraient à partir de mars 2024.
En dehors des Boeing, ATR ou Embraer constituant la flotte actuelle de la RAM, un grand appel d’offres, pour plus d’une centaine d’avions, sera bientôt lancé et permettra d’acquérir des Airbus qui nécessitent cependant de former de nouveaux pilotes pour ces engins différents des Boeing.
"Pas de bénéfices avant 2027 ou 2028 au plus tard"
À une question de Médias24 sur le résultat prévu pour l’exercice en cours qui court du 1er novembre 2022 au 30 octobre 2023, il a affirmé que le trafic annuel de passagers aurait permis un quasi-équilibre financier si la compagnie n’avait pas dû s’endetter pour commander de nouveaux avions.
Sachant qu'elle va multiplier les commandes d’aéronefs qui seront financés par l’Etat et par le recours à des crédits bancaires, notre interlocuteur précise qu’il faudra attendre 2027, ou au plus tard 2028, pour que la compagnie puisse dégager ses premiers bénéfices comme en 2019 (200 MDH).
D’ici là, le président a déclaré que tous les avions commandés seront acquis en mode leasing avant de disposer de suffisamment de bénéfices pour les acheter directement en cash ou à crédit.
"L’effectif du personnel passera de 3.500 à 11.000 employés"
Selon lui, le quadruplement de la flotte nécessitera de tripler le nombre d’employés de la compagnie, dont l’effectif devra passer de 3.500 à plus de 11.000 salariés directs.
"Ce besoin de personnel s’explique par le fait que chaque avion requiert 55 personnes (pilotes, personnel de bord, mécaniciens…).
"Partant de ce constat, il faudra par conséquent un total de 11.000 employés pour une flotte de 200 aéronefs, dont 10 avions cargos pour le transport du fret, qui sont programmés pour 2027", a conclu le président. La RAM compte puiser dans le vivier de l’académie aérienne de Marrakech et de l’OFPPT, entre autres.
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